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Ces profs qui n’en ont rien à foutre

Un rien de vulgarité dans le titre pour pousser un bon coup de gueule : marre des donneurs de leçons qui feraient bien d’utiliser un miroir !
CC Flickr - Proctor Archives

Il existe toute une frange du corps enseignant qui exerce son métier comme on ferait du secrétariat : sans motivation, sans ambition, sans remise en cause, et surtout sans se poser de questions. Leur seul but est de justifier leur paye, en faisant le minimum, pour repartir le plus vite possible, chez eux ou dans leur labo de recherches, pour ceux d’entre eux qui sont aussi chercheurs.

Jusque là, je ne vous apprends rien. Chacun de mes lecteurs est forcément tombé, au cours de sa scolarité ou de ses études, sur un mauvais sujet répondant à cette description. Mais j’ai récemment vu des choses qui dépassent les bornes. Comment peut-on continuer à financer de tels fonctionnaires ? Les profs du supérieur sont-ils évalués un jour ou l’autre, ou bien on estime que leur carrière est faite une fois leur doctorat en poche ?

Foutons-nous de nos étudiants, leur avenir ne nous appartient pas !

Les pires profs sont ceux qui font de l’enseignement parce que ça fait partie du package « recherche », et qu’ils n’ont pas vraiment le choix. On les reconnaît facilement grâce à ces signes distinctifs :

  • leurs cours sont chiants, longs, mal structurés, beaucoup trop théoriques,
  • il arrivent en retard à leurs propres cours, et repartent souvent en avance,
  • il règne dans leurs cours un brouhaha incessant, qui ne les dérange pas outre mesure,
  • leurs travaux dirigés (séances d’exercices) sont en fait des séance de recopiage de corrigés,
  • leurs examens sont presque toujours des hécatombes, à moins d’un trafic de notes à grands coup d’Excel,
  • ils ne font pas d’examens de contrôle continu quand c’est obligatoire (pas moyen, donc, de limiter la casse éventuelle lors de l’examen final),
  • ils ne s’impliquent jamais dans la vie de leur établissement (par exemple, on ne les voit pas lors des représentations de la troupe de théâtre ou lors des petites manifestations informelles qui rythment la vie de l’établissement et participent à la bonne ambiance générale, …).

… et comment ça se traduit en pratique

Les conséquences de tout ça sont diverses. La première est que des promotions entières restent dubitatives devant leurs cours, sans vraiment les comprendre. La seconde est que tout le monde se plante et que personne ne trouve ça bizarre.

J’ai vu une promo d’IUT de 70 personnes, composée de gens ayant tous leur bac, certains avec mention, dont 1/8 d’anciens élèves de classes préparatoires (dont moi), se planter lamentablement à un partiel d’optique : moyenne à 5-6/20, 1 seule note au dessus de 10/20. Personne n’a tiqué, dans l’équipe enseignante, et certains profs sont même venus demander aux élèves ce qui s’était passé.

Mon explication est la suivante : si 50% d’une promo se plante, dans une filière sélective, on peut à la rigueur se dire que ce sont des branleurs qui n’ont pas révisé. Mais quand l’hécatombe touche 99% d’une promo, soit on a admis 99% de crétins diplômés, soit le problème vient de l’enseignant. Parce qu’à mon humble avis, 99% de cons et/ou de feignants sur 70 personnes, ça mérite une citation dans le livre des records.

Je suis révolté que personne ne bronche, révolté que tout le monde trouve ça normal, et plus encore, révolté que ce prof n’ait pas fait d’examen de rattrapage. Le sujet de cet examen était à peu de choses près du même niveau que ce que je faisais en prépa, mais avec une préparation qui a été celle d’un IUT. De plus, renseignements pris, ce professeur obtient à peu près les mêmes résultats tous les ans, et PERSONNE ne s’étonne !!! Et on vient encore demander aux étudiants ce qui s’est passé, sans réaliser que 69 personnes ne peuvent pas toutes se planter sur le même sujet, s’il est dans le cadre de ce pour quoi on a été préparé.

Les boulets qu’on traîne

Le discours officiel est donc à l’étonnement, mais en privé, certains profs laissent tomber le masque. J’en ai entendu certains dire de leurs collègues (ceux jugés mauvais d’après mes critères : bizarrement, on tombe d’accord) qu’ils ne restaient en place que parce qu’il fallait leur donner des heures d’enseignement pour remplir leurs quota.

J’ai vu un prof corriger un examen de mécanique (70 copies) en 28 heures. On m’explique comment c’est possible, autrement qu’à coup de dés ?

J’en ai même vu faire des cours de remise à niveau pour remédier à l’incompétence de leurs collègues. Il s’agit en particulier d’un prof d’informatique (programmation) qui a pris en cours les étudiants d’un autre prof, avant l’examen, pour limiter la casse.

Ces boulets, leurs étudiants savent qu’ils sont nuls, et leurs pairs les jugent comme tels, mais ils conservent leur poste jusqu’à la retraite sans que jamais personne ne leur demande de comptes. Parce que évidemment, ils ne se remettront jamais en cause. Voilà, c’est ça l’Université, et c’est ça la France.

Vous allez me demander pourquoi je ne l’ai pas ouverte auprès de l’administration. Et vous aurez raison. Alors ma réponse est la suivante : on n’en est plus à dire que certains points sont obscurs, ou que certaines choses ne sont pas comprises dans un cours donné. Là, la réalité, c’est que le cours est bon à jeter aux orties et que le prof doit tout simplement apprendre son métier.

Mais quelle est votre légitimité, du haut de votre deuxième bac+1, pour juger du travail d’un docteur d’État ? Et pourtant, après avoir été au lycée puis en prépa, côtoyé les meilleurs comme les pires enseignants, je sais quand même faire la différence entre un cours clair, compréhensible, cohérent, logique et intéressant, et un autre abscons, abstrait, et torché. Mais aller voir le prof concerné pour lui dire qu’il est nul et qu’il ne sait pas faire un cours, comment dire ?…

Conclusion

Alors on fait comment, quand on n’est pas écouté, quand ces bougres de cons n’auront même pas la présence d’esprit de se demander pourquoi, tous les ans, leurs examens sont des boucheries, en allant plus loin dans l’analyse que les traditionnels « le niveau baisse » ?

Le niveau baisse peut-être, d’année en année, mais ça m’étonnerait beaucoup que ce soit parce que les étudiants sont de plus en plus cons. Auquel cas on se bouge le cul, quand on a les diplômes et le crédit nécessaire, pour faire avancer les choses.

La morale de l’histoire, c’est que les notes seront trafiquées pour remonter la moyenne à 10/20, et qu’on obtiendra tous des diplômes de semi-complaisance. Voilà.

Sur ce, mes chers compatriotes, vive la République, et vive la France ! vive la République bananière, et vive la Principauté de Sarkozy !

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Les vicissitudes de la notation à l’école

La notation à l’école fait partie des « débats » qui reviennent régulièrement, alimentés par les mandarins de l’éducation et par les révolutionnaires de la condition écolière. Je vais vous prouver que les notes sont indispensables.

Historique

Tout d’abord, il faut savoir que les notes telles que nous les connaissons aujourd’hui découlent d’une tradition de classement des élèves, et non pas l’inverse. En effet, les Jésuites,  précepteurs des classes aisées depuis plus de 4 siècles, avaient instauré dans leurs établissements scolaires des systèmes de classement très pointus, selon le modèle des légions romaines :

  • chaque niveau est appelé cohorte,
  • chaque cohorte est séparée en deux camps qui s’affrontent,
  • chaque camp est composé de décuries formées par niveau.

En clair, ce système vicieux pousse chaque élève à la compétition contre le camp adverse, mais également dans son propre camp, afin d’accéder à la plus élevée des décuries. Le niveau des élèves est donc donné par leur rang, c’est à dire par rapport au niveau de leurs condisciples, et effectué dans chaque matière. L’objectif étant, bien entendu, de pousser chacun à donner le meilleur de soi en encourageant la compétition, mais aussi de distinguer l’élite (intellectuelle) des élites (bourgeoises).

L’école de la République, celle du bon Jules Ferry, a remplacé ce classement par des notes plus absolues. Celles-ci évaluent un niveau ou un travail, et non plus un rang. Cependant, des classements étaient tout de même réalisés à partir de ces notes. De plus, les « supernotes » que représentent les moyennes ont peu à peu cessé d’être représentatives : si en 1910, une moyenne, à l’école primaire, était constituée de 130 notes, aujourd’hui elle n’englobe plus que 15 notes{{1}} [[1]]Didier, Philippe; Tozzini, Denise (1997). « Juliette grogne » ou le carnet de l’école primaire, à Genève (1910-1997). Université de Genève (Mémoire de licence).[[1]].

Le point de vue des sociologues

La plupart des professionnels de l’éducation et des sociologues s’accordent à dire que la note est plus souvent une sanction et une source de découragement qu’une méthode fiable d’évaluation. Car dès lors qu’on distingue les meilleurs, on distingue fatalement, en réaction, les moins bons. En conséquence de quoi il vaudrait mieux établir un système d’évaluation qui permette d’indiquer quelles compétences sont acquises, et lesquelles ne le sont pas.

C’est d’autant plus intelligent que des études (dont je n’ai pas retrouvé la référence) ont montré que la réussite est meilleure lorsque les élèves d’une classe fonctionnent en coopération plutôt qu’en compétition. Ainsi, lorsque les meilleurs expliquent les points sombres aux plus faibles, on est dans un rapport gagnant/gagnant : le meilleur affine sa compréhension par la reformulation, le moins bon bénéficie d’une explication différente et souvent plus proche de lui que celle de l’enseignant. Mais la notation chiffrée n’encourage pas vraiment la coopération.

D’autre part, un constat pragmatique s’impose : les habitudes et les pratiques de notation diffèrent grandement d’un établissement et d’un prof à l’autre. Un prof de philo note sec parce que la philo, c’est difficile et qu’afficher une trop bonne moyenne, ça décrédibilise l’enseignant. En prépa, on note sec aussi parce qu’on est en prépa, et en tant qu’élève, on passe de 14-15/20 à 7-8/20 de moyenne. Dans les bons lycées, on note sec, toujours, parce qu’on n’est pas en ZEP ! Difficile alors d’estimer son niveau de façon fiable, car on est bien trop soumis aux choix stratégiques des équipes enseignantes.

Pour finir, une note en elle-même ne sert à rien si elle n’est pas accompagnée d’un commentaire qui récapitule les points forts et les points faibles de l’élève. Savoir qu’on a rendu un « bon travail » n’avance à rien.

Critiques et réflexions personnelles

Je rejoins les sociologues, en ce qui concerne l’école primaire : introduire des notations à ce niveau me paraît injustifié, à un âge où le rapport des élèves au savoir est intimement lié au rapport à l’enseignant : si la maîtresse est gentille, on augmente d’autant la bonne volonté, si c’est une salope tyrannique et sadique (j’en connais), on passe au mode cancre, juste pour l’emmerder. À mon avis l’attitude la plus intelligente consiste plutôt, dans ce cas, à se faire aimer qu’à se faire craindre, pour paraphraser Montaigne.

Mais les choses changent avec l’âge, et peut-être aussi parce que l’école déforme de jeunes esprits curieux et créatifs en consommateurs de savoir intéressés par rien et qui subissent des cours de qualité variable parce qu’ils n’ont pas le choix. À partir du collège, un travail non noté est un travail bâclé, comme j’en ai encore eu la preuve cet après-midi dans mon cher IUT. Combien de fois ai-je entendu « Madame, c’est noté ?  » et le cas échant « Ça compte dans la moyenne ? « .

Il est possible que de telles réactions soient provoquées par l’habitude de la notation, et son corollaire : ce qui est noté est important, ce qui ne l’est pas est moins important. Un tel raisonnement est surtout révélateur de la déconnexion entre l’école et le milieu professionnel. Car en effet, on comprend bien l’intérêt de bosser pour la note, à l’approche du conseil de classe, mais on appréhende beaucoup moins bien l’intérêt de développer des compétences utiles à son entrée future dans le monde du travail, sorte de vaste entitée obscure et effrayante. D’ailleurs, sait-on vraiment, dans le corps enseignant, quelles compétences sont attendues dans le milieu professionnel ? Les profs ont souvent du monde professionnel extra-éducatif une vision romanesque, abstraite et faussée, comme en témoigne leur mépris des professions manuelles où ils n’expédient que leurs plus mauvais sujets{{2}}[[2]]Et quand on voit bien des plombiers mener le même train de vie que bien des chirurgiens (Porsche, maison d’architecte, etc.), on se demande si bac+10, ça en valait vraiment la peine…[[2]].

Mais quelles que soient les raisons qui poussent les élèves, puis les étudiants, à tirer au flanc pour en faire le moins possible, une réalité s’impose : noter, c’est motiver !

Conclusion

Le problème me paraît moins être celui de la notation que de ce qu’on évalue. L’école de la République forme aux disciplines académiques, théoriques, et souvent abstraites. Mais qu’est-ce qu’on peut bien en avoir à foutre, des intégrales, de la crise Crétacé-Tertiaire, de la vie et de l’oeuvre de Rabelais ? C’est de la culture générale, d’accord, je serai le dernier à dire que ça ne sert à rien et de toute façon j’en ai bien trop pour être crédible, mais ce n’est pas ce qui attend les élèves à leur sortie d’études.

Passer un entretien d’embauche, passer un oral de concours, ou prendre la parole en public, vaincre son appréhension, ce n’est pas inné et ça s’apprend. Est-ce que ce n’est pas plus utile et plus proche du quotidien des travailleurs, dans une économie ou le secteur tertiaire représente plus de 2/3 de l’activité, que les suites adjacentes et le paléolithique ?

La culture, l’histoire, la philosophie, les mathématiques, c’est fondamental pour le bagage intellectuel de chacun et pour l’exercice de la pensée, on est bien d’accord. Mais rester au niveau académique, ne pas savoir défendre son point de vue, le communiquer clairement, ne pas mettre en pratique ce que l’on sait, c’est une hérésie. La communication est la base de la vie professionnelle, car on ne travaille jamais seul. La capacité à s’adapter, à prendre des initiatives, à travailler en autonomie, à rebondir et à composer avec l’autre sont aussi des bases… qu’on n’enseigne pas à l’école ! Alors qu’on mette des notes ou des appréciations en maths, on s’en tape ! Ce qui est important c’est de développer les vraies compétences, celles qu’on apprend en général plus tard alors qu’elles sont communes à toutes les professions.

En fait, peut-être faudrait-il tout simplement enrichir l’école de la République avec ce qui se fait dans nos grandes écoles.

Les profs, espèce à éradiquer

J’adorerais être l’un d’entre eux. Pourtant, je les déteste. Explications …
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Le plus beau métier du monde

Oui, l’enseignement est probablement une des professions les plus belles et les plus gratifiantes qui soient : transmettre le savoir, former des élèves, les accompagner, les guider, se faire l’intermédiaire entre l’individu et la connaissance pour, in fine, éduquer et libérer … quoi de plus beau ? Car seul le savoir rend l’homme libre, seul l’exercice de la raison et de ses facultés intellectuelles transforme l’homme en citoyen éclairé. L’enseignement est donc le plus efficace moyen de lutte contre l’obscurantisme et l’asservissement.

Le pire corps de métier

Mais la réalité est loin de l’idéal. Qu’est-ce qu’un prof, aujourd’hui ? C’est individu qui, après être allé à l’école, puis au collège, puis au lycée, puis à la fac ou, dans le meilleur des cas, à Normale Sup, est retourné dans une salle de classe, mais du bon côté du bureau. Dans les faits, un enseignant de base est juste compétent dans la matière qu’il enseigne, et encore …

Le corollaire de tout ça, c’est qu’un enseignant « normal », « classique », « lambda » n’a aucune culture de l’entreprise et aucune connaissance du monde professionnel, le vrai. Car, quoiqu’ils en disent, l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur sont des milieux très privilégiés, où le volume horaire est plus que supportable, le stress modéré, et les obligations de rendement quasi inexistantes.

Se pose alors une question toute simple : l’école est sensée former des citoyens, certes, mais surtout des travailleurs. Comment donc ces enseignants peuvent-ils transmettre un savoir qu’il ne détiennent pas, à savoir sensibiliser et préparer les enfants aux enjeux qui les attendent ? En allant plus loin, comment peuvent-ils aiguiller les élèves sur leur choix professionnels sur la seule base de leurs compétences académiques ?

Prise de conscience

Il n’aura pas échappé aux lecteurs assidus de ce site que j’étais l’an dernier en prépa (maths sup, pour les intimes). En prépa, les enseignants sont tous agrégés, et quasiment tous normaliens. En clair, ce sont toujours des gens pointus et brillants dans leur domaine, même si leurs compétences pédagogiques sont assez variables.

Dans l’ensemble des enseignants que j’ai eu, il y en avait un qui sortait du lot : mon prof de sciences industrielles pour l’ingénieur. Bien que brillant, lui aussi, son parcours était un peu moins académique : après une prépa moyenne, il avait intégré une école d’ingénieurs réputée bas de gamme. Il avait quand même bossé. En 3e année, il avait passé le concours d’admission parallèle à L’ENS Cachan (Normale Sup) auquel il a été reçu dans les trois premiers. Par la suite, il a obtenu son agrégation. Mais avant d’enseigner, il a surtout pratiqué son métier d’ingénieur dans plusieurs entreprises, dont Legrand (équipements électriques) et EDF.

Cela se ressentait très clairement dans les conseils qu’il a pu me donner, après le constat que la prépa n’était pas faite pour moi : pragmatiques, efficaces et pratiques. Il savait de quoi il parlait.

Cela se ressentait encore bien d’avantage dans sa façon d’enseigner, toujours concrête et illustrée de nombreux exemples pratiques : il était le seul à pouvoir nous dire ce qu’on attendrait de nous à la sortie, les notions qui nous serviraient, celles qu’on pourrait oublier après les concours. Il était le seul de mes enseignants qui puisse nous donner des bases de culture de l’entreprise : quels sont les enjeux, quels sont les objectifs, les priorités, les moyens, les méthodes … Au final, il était juste avisé, lucide, réaliste et compétent.

Un enseignement purement théorique ne sert à rien, parce que, à part les chercheurs, plus personne ne fait de théorie au cours de sa carrière. Surtout pas les ingénieurs.

En conséquence de quoi, la plupart des professeurs sont juste nuls et inintéressants, puisqu’ils sont incapables de relier la réalité avec le contenu de leurs cours.

Classement subjectif des professeurs par formation

Reflet de mon expérience académique …

  1. les agrégés : les meilleurs. Brillants, pointus, difficiles à faire douter, leurs cours sont la plupart du temps clairs, bien strucuturés et propres. Ce qui ne signifie pas qu’ils se rendent toujours accessibles à leurs élèves …
  2. les titulaires d’un master : les moyens. Être passé par la fac, c’est avoir choisi la voie de la médiocrité. Ne criez pas au scandale, je pourrai le développer plus tard. Ce sont des gens qui ont souvent choisi l’enseignement par défaut, ou en tout cas qui n’étaient pas suffisamment bons pour avoir Normale Sup. Bref, souvent pleins de bonne volonté, rarement propres dans leurs cours.
  3. les enseignants-chercheurs : les pires. La plupart font leurs cours par dessus la jambe, puisque cela fait partie du package « recherche ». Leurs cours sont souvent torchés, ils se moquent de perdre les étudiants dans des méditations sulfureuses, et même quand ils essayent de bien faire, ils sont tellement enfermés dans leur théorie qu’on a envie de les laisser se masturber le cerveau tout seuls.

De l’animation d’un cours

Au delà même des intentions pédagogiques et de la compétence effective dans la matière enseignée, je pense qu’un prof doit avant tout savoir animer son cours, le rendre intéressant et captivant. Il ne s’agit pas de faire du Arthur ou du Cauet au tableau, mais juste de savoir faire naître l’envie d’apprendre.

Combien de fois ai-je pu voir un enseignant, même consciencieux, perdre la classe simplement parce qu’il parlait d’un ton monocorde … Cette année, j’ai même un prof d’optique, enseignant-chercheur de son état, qui réussi le challenge incroyable de m’endormir pendant son cours alors que l’optique est une matière qui m’a toujours passionné.

Les meilleurs techniques pour rendre un cours chiant (dans les désordre) :

  • parachuter les notions sans expliquer d’où elles viennent ni leur lien avec le cours précédent,
  • balancer des notions sans expliquer à quoi elles vont servir, surtout quand elles sont compliquées : il n’y a rien de plus démotivant pour un élève que de se retrouver face à une difficulté dont il ne voit pas l’intérêt,
  • utiliser des notions qu’on a pas encore abordé pour expliquer celles qu’on est en train de voir : peut-être faut-il simplement revoir l’ordre du cours …
  • faire un cours-tableau, purement descriptif, sans explications, sans faire apparaître les liens qui existent (toujours) entre les différentes notions d’un même cours,
  • lire son power point sur-rédigé : l’élève aussi sait lire, et si l’orateur n’a rien de plus à apporter à la présentation que son texte, on est capable de se contenter du script … Un power point bien fait ne comporte que des schéma, des mots clés et un plan.
  • parler à mi voix,
  • utiliser la technologie si on ne la maîtrise pas : un cours à la craie sur tableau noir est infiniment plus intéressant que la petite prof stagiaire qui se débat avec son vidéo projecteur récalcitrant en croyant bien faire : le high-tech ne remplace pas le contenu,
  • entamer la correction d’un exercice sans avoir laissé aux élèves le temps de le chercher : recopier un corrigé est sans intérêt,
  • laisser le désordre et le brouhaha s’installer, mais, le cas échéant, c’est peut-être qu’au moins une des conditions ci-dessus a été satisfaite.

Pour en revenir à mon prof de sciences de l’ingénieurs, il présentait son cours comme il aurait présenté le télé-achat : avec conviction, dynamisme, d’une voix assurée et suffisamment forte. Les questions ne le déstabilisaient pas, quand il ne savait pas y répondre, il demandait un délai, il faisait quelques blague pour initiés … ses cours étaient tout simplement agréables.

Pistes et solutions

Un professeur devrait, selon moi, avoir un emploi annexe. L’idée n’est pas originale, cela se pratique déjà en Allemagne. Au minimum, les enseignants devraient avoir un stage ouvrier inclus dans leur formation, comme cela se pratique en école d’ingénieurs, pour avoir eu un contact avec le monde auquel ils sont censés préparer leurs élèves. C’est grave de voir un prof dire à un élève qui rend son travail en retard « Si tu fais ça à ton patron, il te mettras à la porte ».

Dans 90% des cas, ledit patron préfèrera accorder un délai pour obtenir un travail fiable plutôt que recevoir un travail dans les temps, mais torché. Mais ça, le prof n’en sait rien.

D’autre part, le fait que les enseignants soient fonctionnaires en fait d’indétrônables parasites, et cela ne les encourage pas vraiment à se remettre en cause ni à faire évoluer leurs cours, surtout lorsqu’ils enseignent déjà depuis de nombreuses années.

Pour finir, on devrait apprendre aux enseignants à présenter leurs cours. La communication n’est pas une compétence innée, c’est la raison pour laquelle on l’apprend aussi, en école d’ingénieur notamment. Être à la fois clair et captivant sont deux qualités fondamentales d’un enseignant un peu impliqué dans son job. Je crois que les profs devraient assister à tour de rôle aux cours de leurs collègues pendant une semaine pour prendre conscience de l’hébétude que suscitent certains spécimens pendant qu’ils justifient leur salaire.

Ces zèbres qui se prétendent savants

Il y a deux types de professeurs : les bons et mes soufre-douleurs. Je rends hommage au bons, et je bichonne les autres à ma manière.

Les profs … Ces bobos gauchisants qui prétendent détenir le savoir, du haut de leur BAC+3 ou +5, retranchés dans leur sécurité de l’emploi. Mais jusqu’où va leur science ?

La bible du prof, et son état futur ...Ils sont doués dans leur matière ?

C’est bien la moindre des choses. Encore que certains soient notoirement nuls. Cette catégorie se retrouve notamment chez les enseignants de Français, de sport et de musique. Comment ceux-là ont obtenu leur sésame pour le mammouth, c’est pour moi un mystère. Mais le fait est qu’ils ponctionnent chaque mois le malheureux animal, tout en assommant leurs élèves de leurs inepties.

Ils sont pédagogues ?

Certains oui. Ceux qui anticipent les incompréhensions, expliquent clairement, voire même prennent sur leur temps libre pour aider les élèves en difficulté. Mais il y aussi ceux qui font des cours brouillons, ne délivrant que le minimum d’explications et puis … comprendra qui pourra ! Ceux-là sont la honte de l’enseignement, et ils sont nombreux ! Ça risque d’ailleurs de ne pas s’améliorer avec la réforme de leur formation.

Ils savent s’adapter ?

Il y a ceux qui refont, ou du moins qui revoient leurs cours chaque année, en fonction de leur classe, de l’actualité ou des difficulté de la classe précédente. Et puis ceux qui ressortent depuis 20, 30, 40 ans les mêmes papiers jaunis et cornés, comme de vieux magnétophones desséchés depuis leur sortie de la fac. Qui s’oppose aux cours à la maison, par internet ? Croyez-moi, dans bien des cas, ça ne changerais pas grand chose.

Ils connaissent le monde auquel ils sont sensés préparer leur élèves ?

La bonne blague ! Un prof est un individu qui est retourné à l’école, mais du bon côté du bureau, après avoir fait ses études … où ça déjà ? Quelle connaissance du monde et de la réalité concrète du travail peuvent-ils avoir en dehors des livres intellos (pas toujours compris) qui jonchent leur chevet et des discours idéologiques de leur leader socialiste préféré ? Soyons sérieux ! Autant demander à Sarkozy de faire un cours de maïeutique, ça commencerait par « Casse toi pôv’ con ! » … Et si on leur demandait d’exercer une activité professionnelle dans le privé avant de répandre leur inculture ?

Ils connaissent la fonction publique ?

Ça oui ! C’est ce beau système qui protège un grand nombre d’entre eux d’un juste licenciement pour incompétence notoire. Au grand damn des inspections académiques, qui doivent trouver pour leurs cancres des planques au archives (véridique !).

L’Éducation coûte cher ? Et si on commençait par éliminer les déchêts  qui la parasitent ? … À bon entendeur !