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Élites: Marianne aura vos têtes

Malhonnêteté intellectuelle et mauvaise foi permettent ce mois-ci à Marianne une poignante enquête de trois pages « plongeant » au cœur du formatage de l’encéphale médiocre et rétrécis de nos élites. 

Bertrand Rothé signe en date du 9 juin dernier un article intitulé « Plongée dans la fabrique des élites« . La rédaction de Marianne n’a pas du bien comprendre ce qui y était écrit puisqu’elle le fait apparaître en une comme une réponse à l’interrogation – ô combien préoccupante : « HEC, ENA, nos élites sont-elles incultes ?« . J’aurais parié sur une mention acide de La Princesse de Clèves, assortie d’une mauvaise parodie d’un Alain-Gérard Slama vendant du papier pour crier à la « délittérarisation de la vie politique » (sic). Las ! Elle n’est pas venue: ce n’est absolument pas ce dont il y est question. La rédaction le classe finalement sous la rubrique: « Enquête, Idées« , alors qu’il ne contient ni l’une ni l’autre.

L’angle d’attaque

L’article a toutefois ceci de particulier que:
– Premièrement ce n’est pas la rédaction du Monde.fr qui l’a pondu au mois de février, ce qui pourtant ne manque jamais d’arriver lorsque, comme ici, la prépa va être abordée;
– Deuxièmement, l’auteur essaye de mettre en évidence une uniformité des approches de la science économique, discipline qu’il enseigne à l’université de Cergy-Pontoise, en se penchant sur les sujets de dissertations proposés aux concours d’écoles comme Polytechnique, les ENS, HEC, l’ENA, l’ESSEC. En bref, il veut dénoncer une approche épistémologique de l’économie reposant exclusivement sur un credo libéral borné.

Définissons les élites

Pourquoi faire ? Très à la mode, on invoque cette caste obscure mais puissante, et à l’acception floue avec une ferveur qui ferait pâlir les numéros « Spécial Franc-Maçons » du Point et de L’Express. Mais après tout pourquoi s’encombrer de définitions puisqu’il est évident que tout le monde sait quelle réalité le terme recouvre vu qu’il est sur toutes les lèvres ?

Je ne vais pas faire d’un bout à l’autre semblant d’être con, il semble bien qu’il y ait en France une classe politique et économique dont les réseaux et la sociabilité se tissent de manière assez étroite en fonction de leur parcours au sein du système français des Grandes Écoles. Les trajets Polytechnique/Science Po/ENA existent, les notices Wikipédia permettent au hasard de la recherche Google de telle ou telle personnalité publique de s’en rendre compte. Mais jusqu’à quel point les profils sociologiques et les parcours dans les « Grandes Écoles » permettent-ils de décrire une « classe » particulière, ces fameuses élites ?

The Economist voyait, dans un flou qualitatif assez remarquable, une tare du système français dans cette porosité entre dirigeants du CAC 40, ministres, artistes même tous formés « à même école », dans le fameux numéro « La France, une bombe à retardement au cœur de l’Europe« . Le Financial Times essayait d’analyser la faillite des élites en France, en ne citant pour l’exemple que deux chiffres: la promo annuelle des 400 polytechniciens et celle des 80 énarques. On ne demande pas une prosopographie de tous ceux auxquels échoient des responsabilités en France, mais là on en reste quand même assez loin.

Copyright Flickr - University of Hull
Copyright Flickr – University of Hull

La prépa, cet ensemble monolithique

Ce n’est pas cela qui va faire peur à Bertrand Rothé, rassurez-vous. L’équation est en effet simple, un élève de prépa (quel qu’il soit d’ailleurs, l’auteur se fiche bien de nommer une association de professeurs de prépas scientifiques pour illustrer un propos spécifique aux écoles de commerce), est un futur élève des Grandes Écoles, donc un futur ministre-patron. Jugez plutôt la probité intellectuelle d’un raccourcis qui ne prend même pas la peine d’être syllogistique:

Souvent costumés comme pour un mariage, ils se rendent qui dans les ENS ou à Polytechnique, qui à HEC, à l’Essec ou à Sciences-Po. […]
Mais sur quels sujets de culture générale sont donc choisis les futurs ministres et{{1}}[[1]] C’est moi qui souligne[[1]] patrons du privé ?

Je ne cite qu’une seule occurrence de cette fulgurante pensée synthétique mais les tournures périphrastiques grinçantes du type « les futurs Moscovici et Attali » pour les élèves de l’ENA nous rappelle que le raccourci et l’approximation sont les maîtres-mots de cet article.

Sans doute est-ce parce qu’il nous rappelle que mai et juin sont la période des concours, que l’auteur en profite pour mettre dans le même sac toutes les prépas et toutes les écoles. À ce propos, je vous donne 30 secondes pour me donner un point commun entre un docteur ès lettres spécialiste du traitement du sujet dans la philosophie nietzschéenne ayant fait l’ENS de Lyon et une polytechnicienne, ingénieur du corps de contrôle des assurances et un directeur marketing du groupe LVMH ayant un master « stratégie du luxe » à HEC.

Je précise que je fais partie des 40 000 étudiants à avoir sué « sang et encre » pour reprendre les termes de l’article, c’est à dire que j’ai eu l’insigne et immense plaisir de disserter pendant un mois entier sur des sujets proposés à la fois par les ENS, et les écoles de commerce de la  Banque Commune d’Épreuve{{2}}[[2]] HEC, ESSEC, ESCP pour ne citer que les têtes de gondoles[[2]]. Je vous laisse ci-après un blanc typographique et une minute trente pour toutes les attaques ad personem que vous souhaiterez adresser à un monstre à la solde du grand Capital.

De la dissertation

Et c’est là où toute la malhonnêteté de l’article se laisse pleinement savourer. Celui-ci est en effet écrit par quelqu’un qui a présenté et été admis au concours de l’agrégation et qui de ce fait a dû se frotter à cet exercice éminemment rhétorique, figé et souvent un peu vain qu’est la dissertation. Cela ne l’empêche pas de prétendre pouvoir prendre les sujets qu’ils énumère comme étant des affirmations définitives et encore moins, comme il le fait constamment de les lire au premier degré.

Ainsi le sujet :« La vie est-elle autre chose que le théâtre de la cruauté ? »  devrait-être vu comme la preuve du plus affreux cynisme dont est capable HEC. Comme si l’affirmative était la seule réponse qu’appelait un tel sujet. La phrase de Montherland: « Les révolutions font perdre beaucoup de temps » devrait-être elle aussi prise comme une affirmation, preuve indéniable du caractère réactionnaire et totalitaire des élites.

Je suis loin d’aller jusqu’à me faire brûler pour défendre la légitimité ou même l’utilité d’une forme de rédaction qui consiste essentiellement en un morceau de bravoure et de rhétorique, en une épreuve durant entre quatre et six heures obligeant délayer une phrase ou un mot autant qu’il est possible de le faire et qui permet de mettre en scène un raisonnement. C’est un exercice grevé d’autant de carcans formels que, par exemple, une conférence ou qu’un article de journal, mais qui constitue une spécificité franco-française au sujet de laquelle il serait effectivement bon de s’interroger.

Cependant, la forme canonique de la dissertation: thèse-anthitèse-synthèse que l’on doit, pour le dire vite et méchamment, à une compréhension boiteuse de la dialectique hégélienne par un type qui avait la mauvaise idée d’être philosophe et ministre de l’Instruction Publique: Victor Cousin, a ceci d’intéressant qu’elle contient le mot antithèse. Malheureusement pour Bertrand Rothé, un sujet est toujours critiquable, plus il est dogmatique, péremptoire et assertif, plus il convient d’ailleurs de le remettre en question afin d’aboutir à un jugement nuancé et critique.

Tout cela pour dire qu’énumérer des sujets sans même poser les problématiques qu’ils soulèvent, en les prenant au pied de la lettre dans un procès aveugle et à charge ne permet absolument pas de prouver quoi que ce soit.

Prendre parti

On est de plus amené à prendre parti dans une dissertation qu’au regard des théories multiples et parfois contradictoire qui s’affrontent au sein d’une même discipline et qu’on ne peut, alors que l’on cherche à montrer la qualité de son raisonnement, les rejeter sans les avoir réfuter.

Certains thèmes quand à eux focalisent l’attention des chercheurs. C’est le cas de la crise en économie qui est un moment privilégié pour interroger les modèles et les théories utilisés. Pas de quoi conclure à l’optimisme pathologique en voyant qu’une question comme: « La crise est-elle finie ? » est posée.

De même, le fait que l’on s’interroge sur la manière dont sont menées les guerres, après les deux guerres mondiales, et la Guerre Froide, ne peut être pris comme l’évidence absolue d’une ardeur guerrière ou d’un ethos combattant chez le futur financier. En revanche l’existence d’une École de Guerre Économique (que l’auteur ne mentionne pas), peut soulever deux ou trois interrogations de cet ordre.

Mais l’histoire n’est visiblement pas le fort de notre auteur. Car non, les méfaits du capitalisme n’expliquent pas de manière linéaire et téléologique la Première guerre mondiale, ni, quand bien même ils en seraient intégralement et uniquement le déclencheur, le fait que plusieurs millions de combattants sont restés dans les tranchés à se battre pendant quatre ans. Comment garder calme et sérénité lorsqu’on lit ce genre d’analyse d’une l’insondable profondeur :

Pourtant, un sujet d’oral d’HEC 2012 aurait dû les titiller : « Les rivalités économiques entre grands pays avant 1914 ». Trente ans de concurrence internationale sauvage avaient en effet conduit à l’exacerbation nationaliste puis à la Première Guerre mondiale. Neuf millions de morts.

Quelles orientations épistémologiques pour quelles écoles ?

En regardant quelles sont les orientations des thèses dirigées par les écoles doctorales des différentes écoles visées, en donnant la composition des membres du jury, les prises de positions visibles dans les publications des concepteurs des sujets, peut-être pourrait-on commencer à dégager des similitudes de pensée entre les différentes écoles citées, à condition de s’en tenir aux seules dispensant une formation économique puisque c’est visiblement d’économie dont B. Rothé veut le plus nous parler. Je ne suis franchement pas sûr que l’on puisse dégager une doxa particulière, prouvant comme le voudrait l’auteur l’omniprésence malsaine d’un libéralisme immoral, mais la méthode m’apparaît infiniment préférable à l’énumération creuse de sujets.

Pour ce qui est des recherches historiques, ceux qui s’y intéressent savent que les Écoles Normales Supérieures ont un peu plus de mal avec l’histoire politique (et ce n’est pas Jacques Julliard, éditorialiste de Marianne qui me contredira !) que Science Po’ ou Paris X par exemple qui se rangent plus volontiers (pour le dire de manière bien sûr schématique) sous la figure tutélaire de René Rémond. Relever les divergences au sein des écoles de commerce, et non pêle-mêle de toutes les grandes écoles françaises, serait sans nul doute intéressant. Mais ça laisse malheureusement moins de place à la vindicte.

René Raymond
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Mais d’où tire-t-il ses infos?

Je serais extrêmement contrarié que mes copies de concours soient jetées en pâture au premier plumitif venu. Heureusement, et pour avoir relu avec attention les règlements des concours que j’ai présenté cette année, je sais que c’est impossible, ou alors que ça donne le droit à un recours en justice. Seuls les jurys ont accès aux copies. Alors comment diable Bertrand Rothé sait-il que :

– Si les candidats, qui rêvent tous de hautes fonctions dans les entreprises, ont défendu comme un seul homme les revenus des patrons «créateurs de richesse et d’emplois», certains des lauréats ont même pensé à remettre en cause le Smic […]
– En bons étudiants, leur chanson n’a qu’un couplet : les privatisations. […]
– S’il est sage, l’animal à concours énumère les « nécessaires réformes »: allongement des durées de cotisation, augmentation du ticket modérateur. […]
– […] L’étourdi qui a envisagé cette terrible vérité n’a eu que 2/20.

Siègerait-il à tous les jurys de ce qui sont autant de parangons de la Pensée Unique ? Ou aurait-il l’extrapolation facile ? Là, et jusqu’à preuve du contraire, je crie, au pire à l’affabulation et au mensonge caractérisés, au mieux au colportage de bruits de couloirs.

Des scientifiques très littéraires

Le nom de cet encart et son contenu concluent à merveille sur la méconnaissance absolue dont fait montre l’auteur sur le sujet qu’il prétend traiter. Sous prétexte que les étudiants de classe préparatoire scientifiques sont invités à l’onanisme intellectuel quatre heures durant sur une citation d’un type connu et anobli par la postérité on devrait, d’après l’auteur, s’extasier devant leurs extraordinaires capacités littéraires. Bien sûr cela se tient du moment que les classes de lettres supérieures et de première supérieure, prépas littéraires appelées plus couramment hypokhâgne et khâgne, n’existent pas.

Que l’on critique le côté superficiel d’une épreuve de « Culture Générale » et la préparation qui est dispensée aux élèves des prépas commerce, soit. Ce ne serait pas très difficile. Mais que l’on ne refrène pas son orgasme parce que l’on voit que les Raisins de la Colère de Steinbeck sont dans un corpus pour les scientifiques, c’est autre chose.

En effet les scientifiques ont un corpus de trois œuvres, qu’ils doivent citer, de manière exclusive, dans leurs dissertations. Et, outre le fait que quiconque connaît un tant soit peu la prépa scientifique, et ce n’est visiblement pas la mention jargonnante du « taupin » qui dissimulera la complète, ignorance de l’auteur en la matière,  que rares sont ceux qui les ont lu et que les deux heures hebdomadaires de « français » servent bien plus à faire les DM de maths qu’à s’intéresser aux descriptions de méchants tracteurs et au traitement littéraire des ravages de la crise économique de 1929, c’est la nature même de l’épreuve qui est contestable. Qu’un thème comme La parole, celui de cette année, ne soit abordé sur deux ans qu’avec Phèdre de Platon, les Fausses Confidences de Marivaux et Romances sans Parole relève du non-sens.

Ça tombe bien, Bertrand Rothé semble aimer à y nager.

 

L’enfer de la prépa et le Monde de la Vérité

C’est séquestré dans l’internat du lycée Henri IV, gavé de Lexomil, de Prosac, de Séroplex et de Macrogol[1] que je me réjouis de la dénonciation de mon horrible condition d’étudiant en classe préparatoire littéraire et des ignobles sévices corporels et psychiques qui me sont infligés, par le grand quotidien d’information français : le Monde.

CC Flickr - Ralph and Jenny

Depuis une semaine fleurissent en effet, malgré le froid glacial qui lui-même occupe l’autre partie des marronniers de la pépinière journalistique, des articles sur la prépa aussi bien sur le site du Monde que sur les blogs qui en dépendent. 

Celui par qui le scandale arrive est un article, ou plutôt, des mots du médiateur du Monde, “une enquête” sur la prépa, modestement intitulée : “L’enfer des classes prépas”, ou “Prépas, l’excellence au prix fort” selon qu’elle se trouve dans l’édition papier ou numérique, et signé par Marie Desplechin.

Insee, mon amour

[multicol n= »2″]Enquête, dans mon monde à moi de petit bourgeois conformiste allaité aux antidépresseurs, ça veut dire chiffres, explications, sources, rigueur, ou ce genre de choses que l’on doit apprendre en préparant un master de journalisme. Par exemple, il eut été intéressant de comparer, en fonctions des disciplines, les postes et les salaires à l’embauche et après dix ans de travail, de ceux qui sortent de prépa ou d’autres filières, avec en parallèle des comparaisons des taux de suicide, ou tout ce qui est chiffrable dans le domaine de la psychiatrie ; de consulter le corps médical sur la question du rythme imposé, et de faire des statistiques, toujours comparées, où l’on interrogerait différents types d’étudiants ou d’anciens étudiants, dont ceux de CPGE, sur leur ressenti et leur bien-être, avec un vrai questionnaire et un vrai protocole. Et ainsi on aurait pu se demander si vraiment ça vaut la peine d’aller en prépa.

Rien de tout cela dans “l’enquête ” de Mme Desplechin. Seulement de la mise bout à bout de témoignages anonymes d’étudiants de prépa, dont on ne sait pas dans quelle mesure ils sont représentatifs de ce qui s’y passe : le seul chiffre présenté étant celui qui, non sourcé et précédé d’un “Sans mentir”, nous indique que plus de la moitié d’une classe de khâgne du Nord de la France est sous antidépresseurs.

Ma défonce quotidienne aux neuroleptiques et à la lecture de Nietzsche m’empêche sans doute d’apprécier l’incroyable précision dont fait preuve la journaliste, ou ses comparaisons avec Full Metal Jacket. Heureusement, le médiateur sus-cité est là pour éclairer ma lanterne, moi qui n’utilise plus le briquet que pour assouvir mes pulsions toxicomanes. Il rassure les craintes de mon esprit étiqué, me disant qu’il faut prendre cette “enquête de fond” au sérieux et croire en la puissance révélatrice de la “plume” de Marie Desplechin, que son quotidien louait déjà en 1995 lorsqu’elle publiait son premier livre pour adulte, elle qui d’habitude n’est éditée que par l‘École des Loisirs.[/multicol]

Non, je ne me moque pas,

[multicol n= »2″]J’ai beaucoup de respect pour un mec qui parle de lui à la troisième personne, se fout de la gueule des lecteurs qui lui écrivent, tronque des courriers intéressants et nuancés pour se donner raison, s’étonne du nombre de réactions à propos d’un article dont l’auteur appelle les anciens élèves de prépa à témoigner pour son livre putatif, et qui juste après montre à quel point son journal sauvera l’humanité (sans mauvais jeu de mot) en recourant à l’argument N°242 du complotiste : “Si ça fait réagir c’est parce qu’on dit une vérité qui dérange” (en somme) le tout sur le blog “Monde des lecteurs“. Je sais que nous sommes dans un pays où une candidate au poste de chanoine de l’achibasilique de Saint Jean de Latran déclare à qui veut l’entendre qu’elle “gène le système”, mais enfin, même dans ces temps troublés de course à l’Élysée, les élites, qu’il semble de bon ton de mépriser, n’ont pas encore déclaré anticonstitutionnelle l’honnêteté intellectuelle.[/multicol]

Polémique en interne

[multicol n= »2″]Cette histoire ressemble tout de même à une polémique auxquels sont sensibles seulement les prépas, les profs qui y enseignent et les journalistes, chacun blessant l’autre dans son orgueil. 

Seulement, les réformes du système éducatif, les changements d’acronymes et autres joyeusetés ministérielles se produisant à peu près tous les trois ans font que, en ce qui concerne l’enseignement supérieur, à moins d’être étudiant ou d’avoir des enfants qui le soient, les possibilités d’être au courant du fonctionnement de telle ou telle filière sont relativement limitées en dehors du Capital ou du Zone Interdite annuel sur le sujet, des classements de l’Express ou du Point ou du genre d’article qui nous réunit. L’exception de ce début d’année était un reportage du JT de France 2 sur les CPES[2] d’Henri IV, tout aussi tronqué et orienté que les articles du Monde, mais cette fois dans l’autre sens. À s’en tenir au reportage on avait en effet l’impression que tous les étudiants y étaient issus des cités, noirs, boursiers sur critères sociaux et que l’inénarrable “ascenseur social” fonctionnait vachement bien. Je caricature, mais à peine.[/multicol]

Paradis vs Enfer

[multicol n= »2″]Aussi quand vient le jour des portes ouvertes du dit lycée, auxquelles j’ai participé il y a moins d’un mois, on rencontre certains parents qui vous confient, après que vous les ayez renseignés entre autre sur les relations entre condisciples (qui sont loin d’être celles décrites par les préjugé qui circulent), que vous avez, dixit : “l’air normal”, comme si il y avait là un miracle. D’autres n’ont vraiment pas l’air de comprendre ce que vous leur dites lorsque vous leur expliquez que la prépa n’est pas l’aboutissement de toute vie sur terre, qu’existent d’autres voies qu’il n’est en aucun cas dégradant de suivre, et que de toute façon les méthodes de travail qui y sont employées ne sont pas adaptées à chaque individu.

Pour ma part, comme pour une bonne partie des gens que je fréquente, je suis arrivé en hypokhâgne il y a six mois avec des a priori sur ce qu’allait être l’ambiance général et le comportement de nos chers agrégés, tous deux réputés ignobles, qui se sont révélés faux, et d’autres sur l’épanouissement intellectuel, que j’espérais grand et qui eux aussi se sont effondrés face à la réalité.

N’en déplaise au prophète Mani, qui recevait l’illumination[3] à l’âge où d’autres se voient forcés de lire Marie Desplechin, la prépa n’est ni l’enfer, ni le paradis. Le tout étant de savoir si l’enseignement qu’on y délivre nous est ou non adapté.[/multicol]

Néanmoins, de vrais problèmes :

[multicol n= »2″]Je vois bien cette histoire tourner en une lutte entre partisans et détracteurs des classes préparatoires aux grandes écoles sans que rien de constructif n’en sorte. Pourtant personne ne semble s’émouvoir du fait que nous vivions dans un pays où les “bons” élèves des lycées de centre ville sont “orientés” vers la prépa ou vers médecine. Orientés si l’on peut dire dans un pays où on laisse les élèves se démerder avec leur avenir, ne les écoutant, un grand sourire crispé aux lèvres, que lors de salons annuels de l’orientation qui servent surtout aux établissement d’enseignement pour faire du rabattage : les études sont aussi un business.

De même les élèves de quartiers plus défavorisés seront plutôt poussés vers les filières techniques et technologiques, sans qu’on se soit trop intéressé à leur motivation, leurs compétences, ni qu’on leur ait dit qu’il existait quelque chose d’autre. 

L’article de Mme Desplechin aborde brièvement un problème plus systémique de l’enseignement en France, mais en l’emballant beaucoup trop dans du misérabilisme bon marché et sous un titre accrocheur suintant trop le besoin de se nourrir pour que l’attention s’arrête vraiment dessus. 

On peut pointer du doigt l’absence quasi totale d’orientation des étudiants qui est aussi vraie en prépa qu’elle ne l’est au lycée, on peut critiquer le fait qu’elle n’entraîne pas au travail en équipe et se demander si il est pertinent qu’elle ne montre ni n’initie à aucunes des réalités ou de l’entreprise ou de la recherche. [/multicol]

Va chercher le morceau de papier ! Va !

[multicol n= »2″]Et puis aussi parler de la courses aux diplômes du système français, et qui commence dès après le bac, sans possibilité (contrairement à de nombreux autres pays) de prendre une année sabbatique. Car c’est bien gentil de parler de la prépa, mais elle n’est ni une fin en soi ni n’existe que par elle même. Éh quoi ? Ça ne choque personne un système où il faille obtenir des diplômes, non pas pour attester de votre compétence ou pour certifier du fait que vous ayez suivi un enseignement un tant soi peu utile dans le monde réel, mais juste pour qu’on vous foute la paix ?

Sans rire, on passe notre temps à “bachoter” en France, que ce soit pour le brevet, le bac, les partiels, les concours d’entrée aux écoles ou ceux de recrutement. En plus il faut bachoter bien et avec peu de personnel pour nous encadrer, parce les ministères de l’Enseignement Supérieur ou de l’Éducation Nationale sont entièrement réductibles à des tableurs Excel qui doivent faire apparaître les plus petits budgets possibles mais en même temps, il ne faudrait pas que l’on perde des places dans les classements européens ou mondiaux : on risquerait de se remettre en question. 

Alors que plumitifs s’éclatent tant qu’ils le veulent à refaire la Divine Comédie avec l’Enfer, le Purgatoire, le Tartare, le Helheim, ou n’importe quelle autre connerie qui leur permettra d’allonger de la métaphore bon marché dans les trois paragraphes qui les nourriront le lendemain, je ne suis pas vraiment sûr qu’ils éveilleront l’opinion publique. Pourtant, en période d’élection, il paraît que ce genre de chose peut se faire : ça donne aux gens l’impression qu’ils ont un pouvoir décisionnel réel.

Mais bon, puisqu’on va me reprocher de souffrir d’un syndrome de Stockholm, d’être dans le déni ou simplement de ne plus regarder TF1, je crois que je ferais mieux de me taire.[/multicol]

Notes (↵ returns to text)

  1. L’un des quatre est un laxatif, sauras-tu le repérer ?
  2. Classes préparatoires aux études supérieures; en somme des classes prépa à la prépa réservées aux étudiants boursiers
  3. Mani est le fondateur du … manichéisme

Mes Collocs

Aujourd’hui, c’est un invité, ancien élève de prépa Maths-Physique, qui écrit sur la Gazette, pour relater sa recherche de logement et une version post-prépa de C’est du propre.
CC Flickr – Mimi_K

Ah, la prépa ! Cet univers mystérieux et terrifiant, pour ses membres comme pour les non-initiés. Mais bon, comme Capital et Zone interdite se sont déjà chargés de vous plonger dans cet univers glauque, tout a déjà été dis et redit, si bien que je vous épargnerai le récit de cette période de ma vie, qui, d’après des profs qui ne peuvent pas se tromper puisqu’ils sont agrégés, aurait été formatrice.

A dire vrai, ce dont il est question dans les quelques lignes qui suivent, c’est ce qui se situe immédiatement après ces deux années de bonheur : l’intégration, ainsi que cet épisode qui touche à peu près tout élève sortant de prépa : la recherche d’un logement.

Les choses sérieuse (ou sérieusement étranges) commencent après le joyeux épluchage de petites annonces. Sur les deux appartements que j’avais retenu, le premier était une colocation située tout près de mon école, assez proche des commerces et qui s’est avéré… vaguement potable. L’idée étant de partager un appartement composé de 6 chambres, une (petite) salle de bain, des toilettes et une cuisine (ridicule) à laquelle on a accolé un coin douche (« la grotte » me souffle-t-on). Dans un roman de Terry Pratchett, j’aurais inévitablement pensé à Bougre-De-Sagouin Jeanson, mais malheureusement la vérité était moins rigolote.

Le Garage

En route pour le deuxième appartement, 16m², un peu plus éloigné du centre ville. Je marche donc trois bons quarts d’heure, aidé de mon fidèle compagnon et de son indispensable application GPS, pour me rendre à l’adresse indiquée… qui étrangement n’est pas visible. Un peu comme la Chambre des Secrets en fait : quand je cherche le 16 de la rue, je ne trouve que le 12, le 14 et le 18. Dommage !

Passé un certain temps à tourner en rond comme un abruti, je me décide à passer un coup de fil au propriétaire. Et il faut encore un temps certain avant que le brave homme ne vienne m’indiquer la porte d’entrée de ce qui s’avère être son garage. Sans rire, prenez un garage de 16m², collez-y une vague cloison au milieu, le lit à gauche, le coin salle de bain à droite, flanquez une armoire mourante pour « séparer » le coin chambre du reste, un minitel (que dis-je ? une sainte relique ! ) dans un coin et vous voilà avec un palace susceptible de vous rapporter gros à la location, surtout en région parisienne.

Pour ce qui est de l’état général, imaginez l’humidité attaquant les murs avec la même ferveur que les hélicoptères du lieutenant-colonel Kilgore un village Viet-cong{{1}} [[1]]dans Apocalypse Now[[1]], un plancher vermoulu et usé, des infiltrations d’eau au niveau des fenêtres et vous aurez une vision assez juste de l’ensemble.

À côté de ça, le bonhomme m’assure que tout l’appartement sera refait à neuf d’ici la rentrée (soit trois semaines). Il m’annonce ensuite le montant du loyer (déjà au dessus de la moyenne), les charges (non comprises) et le prix de la connexion internet (WTF?!?!?). Dans sa grande mansuétude, il me permet même d’embaucher à mon tour sa femme de ménage pour une dizaine d’euro l’heure de ménage. Sympa…

Ô temps, suspends ton vol !

Je ne sais pas trop ce qui m’a pris, mais j’ai imaginé l’endroit à neuf et ça m’a semblé pas mal. Profitant de cet instant de faiblesse, le bonhomme s’empresse de m’emmener à l’arrière de sa maison, pour me faire signer les papiers.

Des signes évidents auraient dû m’alarmer lorsqu’il m’y conduisit : les rosiers depuis longtemps desséchés (voire fossilisés), la haie au contraire pleine d’une vigueur jamais réprimée par la cisaille, le bitume un peu défoncé… Mais bon, le type rentrait de vacances ! En plus il s’excuse par avance pour l’état dans lequel j’allai trouver son jardin, qu’il n’avait pu entretenir comme il aurait voulu le faire, pour je ne sais quelle obscure raison.

Et, tout à coup, s’offre à moi un terrain très grand pour une maison en ville et dont la fascinante diversité botanique laissait supposer qu’il était laissé à l’abandon depuis des années. Un bassin défoncé trônait en son milieu avec, juste à côté, une petite fontaine en forme de poisson, peinte en bleue fluo. LA Classe façon 70’s quoi.

Je vais réfléchir…

L’homme me fait asseoir à une table de jardin agonisante et me propose gentiment un café. J’accepte, et profite du fait qu’il rentre dans sa maison pour en détailler l’intérieur en piteux état. Il revient finalement avec un verre d’eau à la propreté douteuse, s’excusant de n’avoir plus que ça à me servir car son fils était passé chez lui et, chose que je médite encore, « a bu tout ce qu’il était possible de boire sans réapprovisionner ».

Il me présente également un informe tas de papiers désordonnés. S’étant rendu compte qu’il lui en manquait, il le complète par une série d’allers-retours, me laissant le temps de réaliser l’énormité de son offre. L’assurance que la chambre serait remise à neuf en trois semaines perdait toute crédibilité au vu de sa « propre » maison où le temps s’était arrêté une bonne trentaine d’années auparavant. J’esquive donc la signature en lui demandant un temps de réflexion, il comprend tout à fait, et m’invite très aimablement à l’appeler dans la soirée pour lui faire part de ma réponse.

Sur le chemin du retour, je me décide pour finalement appeler les propriétaires du premier appartement pour qu’une chambre m’y soit réservée, la question du logement étant alors pour ainsi dire réglée.

L’installation

Le temps étant enfin venu pour moi de m’installer, je me rend avec armes et bagages à l’appartement, où je suis très bien accueilli par la seule fille de la colocation (qui fréquente le même établissement que moi et habite ici depuis un an), et salué au passage par une forte odeur d’urine s’échappant de la salle de bains/toilettes et les effluves de graillou peu appétissante en provenance de la cuisine. Yeurk…

Je me rend alors compte de l’état déplorable de l’appartement. Les propriétaires m’avaient avoué que le ménage laissait peut-être à désirer, mais « cela est proprement dû à un certain laisser-aller du fait qu’ils sont peu à vivre maintenant dans l’appartement ». Ce que je peux parfaitement comprendre, n’étant pas non plus un maniaque de la propreté. Mai en fait de laisser-aller, on atteint les sommets du cradingue, de la plus immonde dégueulasserie, bref, je suis dans la Roll’s de la Crasse :De l’évier jusqu’au placards, la cuisine suinte de graisse, est décorée de résidus alimentaires en tout genre et encombrée de vaisselle sale. Du côté de la salle de bains, le thermostat de la cabine de douche, crasseuse, est mort (autrement dit, c’est douche glacée ou bouillante, choisis ton camp camarade!), vingt centimètres d’eau croupie stagnent dans les toilettes qui puent la pisse, et la machine à laver est, chose étrange, tapissée de bouts de PQ déchirés. Flippant n’est-ce pas?

Cif vs Dirt

Le lendemain matin, la rentrée. Je dors mal et mets à profit mon insomnie matinale pour nettoyer la cuisine… Toudoudoudouuuuuum ! {{2}} [[2]] pour ceux qui ne l’aurait pas reconnu, c’est l’ouverture de La 5ème symphonie de Beethoven (dite du Destin)[[2]] Je commence par du gros-œuvre en déblayant l’évier et ses alentours avant de l’asperger copieusement de gel javel. Pendant que je fais ça, ma colocataire passe derrière moi et me tient grosso modo ce discours « T’es motivé pour nettoyer, c’est cool! Mais tu sais, j’avais déjà nettoyé en arrivant et t’auras rien de mieux, c’est l’appartement qui est naturellement sale ». Ne souhaitant pas être acerbe, je me contente d’un sourire en guise de réponse.

En rentrant de cours, je passe aux placards, et fait encore quelques découvertes. Comme les propriétés chimiques de la substance qui les recouvrent intégralement : une espèce de confit de poulpe mixé avec de la poussière et fortement résistant au Cif que je vaporise à tout-va. Ou encore des casseroles tellement corrodées que le fond reste collé à l’étagère quand on essaye de les retirer.

S’en suivit une bataille terrible, où la couleur du meuble changeait à chaque coup d’éponge, où les jurons et les cris de désespoirs fusaient. Ce fut… épique. Profitant du spectacle de mon combat acharné, mes colocataires passaient régulièrement derrière moi, mi-amusés, mi-inquiets, me prenant probablement pour un PUTAIN DE PSYCOPATHE mais ne me proposant aucune aide. Je n’aurais pas été surpris de les voir prendre des notes où des photos. Ma colocataire toujours derrière moi, m’encourageant avec bienveillance au moment où je lavais l’intégralité de la vaisselle commune : « Lol! Maniaque! Oh pis, même ta chambre elle est toute rangée! » Quoiqu’il en soit la crasse « naturelle » de la cuisine s’estompait alors que mes forces diminuaient.

L’électroménager de la Mort…

En revanche, l’état du four me laisse toujours songeur… Outre les traces de daube sur les boutons, l’intérieur m’a foutrement choqué, autant que ma colocataire, ce qui n’est pas peu dire. Choquée à tel point qu’elle m’aida tant bien que mal à décontaminer cette atrocité. Enfin à essayer de le faire, car je crois que quelqu’un a dû cuire une créature du Mythe de Cthulhu dans ce four (une couille de Profond peut-être), ou alors a tenté d’y faire disparaître le corps d’un de mes prédécesseurs. Avant de profiter d’un appel téléphonique pour battre en retraite, elle m’invite à laisser tomber, tout est trop incrusté, impossible à ravoir, ajoutant qu’elle irait acheter un produit de tueur pour virer toute la daube (soude à 15 mol.L⁻¹ ? Acide fluorhydrique ?). Je la crois volontiers et abandonne, me jurant intérieurement que jamais je ne l’utiliserai. Je me tourne vers le micro-onde, le seul truc de tout l’appart’ censé être propre. Je l’ouvre et c’est exactement à ce moment là que je me suis dis qu’il était nécessaire d’écrire mon histoire : pour poser cette question…

Avez-vous déjà possédé un micro-onde qui sent la mort? Si oui, y vomissiez-vous? Sinon, l’utilisiez-vous pour assouvir vos pulsions sadiques à l’égard des petits animaux ? Avez-vous de quelconques antécédents psychiatriques ?

Quand je dis que ça pue, imaginez un castor qu’on aurait forcé à ingurgiter un fennec mort, qu’on aurait ensuite éventré, placé dans le micro-onde, laissé pourir une semaine, AVANT de mettre l’appareil infernal en route. Me retenant de vomir tripe et boyaux, je saisis mon arme fétiche, le Cif désinfectant (que j’ai baptisé Doris entre temps) et en arrose l’intérieur pour ensuite le refermer et laisser le produit agir une bonne heure, au bout de laquelle je revins vers l’arme bactériologique. L’odeur du désinfectant masquait à grand peine son innommable l’odeur, je nettoyai cette… chose, et me réfugiai dans ma chambre pour raconter mes misères à ma dulcinée (non, pas Doris) et à n’importe quelle oreille compatissante par ailleurs.

A l’heure où j’écris ces lignes, les vrais cours ont commencé et j’envisage de nettoyer la salle de bain…

Si t’as pas compris, toi lecteur influençable, je bande-annonce la suite de mon histoire : prochainement, la salle de bain avec des PHOTOS en 3D sur les écrans équipés !

A.Z. (alias M. Propre)

En direct des concours : X-ENS

J’attaque donc la dernière rétrospective (pour cette année du moins) des écrits. Normalement ça va envoyer du lourd malgré les incertitudes liées à la fusion des concours Polytechnique et Écoles Normales Supérieures, et on espère dans tous les cas que cette année, les sujets soient faisables (voir sujet de Topo l’année dernière aux ENS).

Logo École PolytechniqueCommençons donc dès maintenant les commentaires sur les sujets :

  • Mathématiques : un petit peu d’analyse suivi d’une grosse partie d’algèbre. Honnêtement il y avait de très nombreuses choses de faisables, ce n’est pas facile mais ça n’exige pas non plus 18 astuces par question. Le fait que l’on ait fait 2 DM très proches des questions d’analyse a également aidé. Mais c’est un sujet accessible, si vous voulez réviser les matrices symétriques, qui vous permettra de revoir un certain nombre de propriétés.
  • Français : un sujet de dissertation en 4 h : « Le mal semble saisissable, mais c’est dans la mesure où le bien en est la clé. Si l’intensité lumineuse du Bien ne donnait sa noirceur à la nuit du Mal, le Mal n’aurait plus son attrait. Cette vérité est difficile. Quelque chose se cabre en celui qui l’entend. » de Georges BATAILLE dans La Littérature et le Mal. C’est probablement le sujet le plus intéressant des différents auxquels nous avons été confrontés, car il laisse sa place à de nombreux plans différents en fonction de l’importance que l’on accorde aux différentes parties de la citation.
  • Physique A : la première partie, même si elle n’est pas complétement évidente, est du cours de première année, ça peut donc être un support pour revoir l’électrostatique dans le cadre des dipôles mais l’aborder avant une deuxième année ne sera peut être pas très adapté. La deuxième partie traite de l’agrégation de particules qui adoptent un moment magnétique dans un champ magnétique fixe, cette partie est accessible (pas facile bien sûr, sa reste un sujet polytechnique) mais en prenant son temps on arrive à tous faire. La partie 3 n’est pas plus difficile tandis que je n’ai pas eu le temps de traiter la partie IV mais qui parait être plus compliquée car on se met à faire varier la champ magnétique, on rajoute un terme qui dépend du temps dans les équations.
  • Chimie : un sujet plutôt intéressant, il commence par des diagrammes binaires qui, pour une fois, ne sont pas trop difficiles (même si je me suis très bêtement trompé sur Van’t Hoff), suivis par une application à la distillation qui est alors beaucoup moins claire, car leurs notations sont parfois difficilement compréhensiblee (le numéro du plateau est parfois indiqué, d’autre non). La deuxième partie est de la cinétique un peu particulière mais accessible. Le début de la partie de la photocatalyse est faisable puis après je ne comprends plus ce qu’ils veulent, on a ensuite droit à une application de ce modèle sur des exemples, qui pour une fois sont issus visiblement de vraies mesure, et non d’une reconstruction de l’exercice. La chimie organique qui suit est raisonnablement accessible si votre professeur vous a fait de nombreuse réactions hors programme sinon vous ne pouvez pas vous en sortir.
  • Physique B : un sujet presque passionnant, il explique par différents modèles les rotations d’angle de polarisation, avec la décomposition d’une onde polarisé rectilignement en deux ondes polarisées circulairement à droite et à gauche (ici un petite subtilité, on a l’habitude, enfin chez nous, d’avoir une plane en wt-k.OM et ici elle est en K.OM-wt, ce qui inverse les signes usuels) cette partie n’est pas excessivement difficile car on est guidé. Ensuite on reprend le modèle de l’électron élastiquement lié, bon on échappe pas à quelque dérapage calculatoire comme tous les temps en électromagnétisme mais il passe plutôt bien. La partie IV est très compliquée et demande notamment plusieurs prises d’initiatives, spécialement à cause de l’absence de formulaire, je ne m’y suis pas trop attardé par manque de temps. Surtout que la partie V était de nouveau plus accessible puisqu’il s’agissait d’un petit peu d’optique géométrique (uniquement loi de Descartes) et qu’il fallait savoir compter des allés retours dans une cavité, facile si vous l’avez déjà vu une fois, mais prise de tête sinon.
  • Allemand, expression écrite : la question sur le texte n’est pas facile du tout, car il n’y a pas beaucoup d’éléments du texte qui permettent de répondre à la question. La question d’essai était elle beaucoup plus large : « A l’ère du numérique, d’Internet et des systèmes de communication de toutes sortes, les bibliothèques ont-elles encore un rôle à jouer ? », elle était donc, je trouve, assez intéressante mais mon piètre niveau ne m’a pas permis d’exprimer l’intégralité de mon avis sur la question.
  • Allemand, version : cette année, la version était pour une bonne partie faisable, il y a de nombreux mots que l’on ne connait pas évidemment mais on arrive malgré tout à comprendre la trame, ce que je n’avais pas réussi à faire sur le sujet de l’année dernière. Je m’attends tous de même à un beau désastre.
  • Physique-Chimie, ENS lyon : je n’ai pour ainsi dire presque pas traité la partie physique qui commençait par une partie de mécanique, comme je n’ai pas réussi la question I.B.4. la suite m’était inaccessible. La deuxième partie était sur de la thermodynamique, je ne l’ai pas attaquée du tout, mais les retours que j’ai eu sur cette parti n’étaient pas très bon, il semblerait qu’elle soit très dure. Je me suis donc essentiellement consacré à la partie de chimie qui commence par de la chimie organique où la quasi totalité des réactions sont hors programmes, on avance donc un peu à l’aveuglette et on finit par tartiner sa copie de blanc pour aboutir sur quelque chose de cohérent à la fin. Puis il y a un peu de thermochimie qui est plutôt faisable et on finit par une étude de l’entropie vibrationnelle, variation d’entropie par variation de l’entropie de vibration, si j’ai bien compris (je n’ai pas traité cette dernière partie).
  • Informatique : un sujet chiant, on travaille sur les permutations sans savoir comment on peut les utiliser en pratique. Codant depuis maintenant plus de 5 ans, il n’y aucune difficulté algorithmique dans ce sujet, mais des difficultés de compréhension du sujet. Difficulté qui culminent au moment de la question 9 qui dépend d’une définition qui est visiblement fausse puisque notre fonction ne peut que renvoyer Faux. Cependant de nombreuses questions sont classiques et peuvent être facilement traité, notamment pour coder un algorithmique qui calcule le pgcd et un autre le ppcm. J’ai tout de même le regret de ne pas avoir compris dans ce sujet, la porté des permutation, il aurait peut être été mieux d’avoir un sujet sur par exemple de la cryptographie ou d’autre sujet comme les motifs binaires dans le contrôle des permissions, qui sont des sujets pas trop compliqués si correctement guidés.
  • Anglais LV2 : un sujet d’ENS, la version est intéressante avec des passages accessibles et d’autres avec des mots très compliqué. Le sujet de l’essai porte sur l’utilité des voyages spatiaux pour l’humanité, un sujet pas particulièrement passionnant (surtout en anglais et avec mon niveau) mais bon on arrive quand même à dire quelques trucs.
  • Physique, ENS Paris (Ulm) : à venir.

Au vu de l’ensemble des épreuves il apparait donc très peu probable que j’intègre les ENS ou Polytechnique, mais je ne regrette en rien de m’être confronté à ce concours, qui nous pousse dans nos retranchements et qui, en cela, est très intéressant.

De la modestie en prépa ou kikalaplugrosse

Dessine moi un prépa. Allez petit lecteur dessine le, fais un effort. Voilà maintenant enlève lui ses boutons, c’est vexant. En fait ce qui m’intéresse, c’est la petite bulle qui tu lui as fait. Qu’as tu écrit à l’intérieur ? Comment ça « Pépère les maths, Polytechnique c’est plus ce que c’était … » ?
De la modestie en prépa ou kikalaplugrosse
CC Flickr - Ralph and Jenny

Plus sérieusement, il est de notoriété publique qu’un prépa « ça se la pète ». Et je dois dire que c’est vrai, enfin presque. Cela se sent assez bien lorsqu’on lit les articles commentant les épreuves des Mines et Centrale, dont je dénonce vivement l’honnêteté et la subjectivité en général. Pourquoi le prépa a-t-il besoin d’exhiber ses facilités au yeux du monde et de ses congénères ? Qu’est ce qui peut le pousser à vouloir se faire détester de ceux avec lesquels il communique ?

Je ne m’attarderai pas sur le mélodrame de la classe préparatoire, c’est à dire bosser tout le temps, ne pas sortir, se faire remettre à sa place à chaque prise de parole en classe (sur ce dernier point la situation est beaucoup plus soft, ne vous inquiétez pas) … Pour être franc le prépa en chie et veut une avance sur son hypothétique supériorité professionnelle future. Il veut juste être admiré, qu’on lui dise qu’on ne pourrait pas faire ce qu’il fait, qu’il est mieux que le reste du monde. Malheureusement le résultat est tout autre, il est rejeté d’un très classe « On s’en fout des maths mec ! » et avec une forte baisse de sa côte de popularité. De plus cette situation est généralisable à l’intra-prépa.

Car il ne faut pas croire, il y a de tout en prépa, en matière de résultat, la moyenne étant juste plus élevée que d’habitude. Et comment vous dire, le traditionnel « Non franchement il passait bien ce sujet de physique », à la sortie d’un DS, passe très mal. Ce qu’il faut savoir c’est que notre quotidien consiste à faire face à la constante déception envers notre niveau, et se faire rappeler par un « congénère » qu’effectivement, la consécration, c’est pas pour cette fois, est on ne peut plus énervant.

Et oui, être en prépa c’est côtoyer des gens plus fort que vous, d’autres moins forts, des gens modestes, des gens qui s’étalent… Il y en a qui vont se vanter l’année prochaine d’être rentrés à Centrale Paris en se « touchant violemment les couilles » chaque soir et d’autres qui ne pourront s’empêcher de lâcher un commentaire réducteur sur l’école que vous avez joyeusement intégrée. Et toute cette marmaille avec des standard de politesse et de vie en société plus ou moins stricts est amenée régulièrement à blesser son entourage. Je fais personnellement partie de ceux qui, la plupart du temps ( j’ai mes moments de faiblesse voyons la vérité en face ), se contentent de se taire et d’écouter et qui ont la capacité à exprimer leur opinion au moment opportun, quand ils sont sûrs de ne blesser personne. Et je suis loin d’être le seul, il ne faut pas toujours écouter la plus grande gueule.

Je m’adresserais alors à l’auteur des articles cités plus haut : Même si mon opinion des épreuves rejoint souvent tes commentaires, pourrais-tu s’il te plaît introduire dans ton expression l’once de recul et de modestie qui m’empêcherais de lâcher un très classe «  Mais quel connard » à la fin de tes articles ? Je t’en remercierais. Vous l’aurez compris je suis ce gros hypocrite qui ne dit que le dixième de ce qu’il pense vraiment. Mais au final, est-ce qu’on me demande vraiment plus que ça ?

En direct des concours : CCP

C’est avec un peu de retard que je continue sur ma lancée, je vais donc vous conter les différentes épreuves telles que je les vois. Pour éviter des frayeurs à certains, je préviens tout de suite, ce concours était infiniment facile pour moi et dans toutes les épreuves j’ai plutôt pas mal avancé dans les sujets, mais je ne suis peut être pas le public auquel s’adresse directement le concours, étant en PC étoile.

Logo concours communs polytechniquesComme je viens de le dire, cette année CCP est resté dans ses canons, des sujets relativement longs mais globalement très faciles, voire même souvent extrêmement monotones et ennuyeux. La méthode, en réalité, est simple, un bon calcul bourrin suffira souvent à se tirer d’une mauvaise passe. J’aurais également ici l’occasion de signaler des parties qui peuvent être traitées dès la fin de la sup. Mais je vais commencer maintenant, comme chaque fois dans l’ordre chronologique.

  • Français : une épreuve loin d’être évidente car particulièrement ennuyante : on a une fois encore l’impression de ressortir la même dissertation, dont le sujet est : « Le mal ne se déclare pas comme quelque chose qui est mais comme un « non » à ce qui est : il aurait fallu que les choses ne fussent pas ce qu’elles sont, il faudrait changer le monde » de Francis Wolff. C’est donc un sujet, dans lequel on a encore envie d’envoyer l’état de nature de Rousseau, pour dire que l’homme est naturellement bon et que donc ce n’est pas une malformation du monde mais l’homme qui, en société, est déformé, puis de reprendre la thèse avec Giono et Shakespeare. Mais bien sûr ce n’est pas possible donc on trouve comme d’habitude un plan bancal avec des arguments et des exemples à la limite de la manipulation du texte. Sinon le résumé en 100 mots est toujours très court, surtout qu’ici on a de nombreux exemples, ce qui fait que l’on ne retrouve pas très bien la cohérence de l’argumentation du texte dans le résumé. Enfin les questions d’explication de texte était plus accessibles que ce que notre professeur avait l’habitude de nous donner.
  • Mathématiques 1 : c’est un sujet d’algèbre auquel on a eu droit, il n’est globalement pas très dur mais devient très calculatoire dans la fin de la deuxième partie. J’y ai perdu pas mal de temps alors que dans la partie 3, il y avait de nombreuses questions très accessibles pour ne pas dire faciles que je n’ai pas eu le temps de traiter. De manière plus précise, la première partie est extrêmement facile et peut être traitée dès la première année. Le reste du sujet traite de produit scalaire avec pour but de minimiser une norme dans le cadre de projection. Si je ne m’étais pas stupidement acharné sur la partie II j’aurais probablement fait une bien plus grande part du sujet.
  • Physique 1 : alors ici, on a eu droit à un sujet ridiculement facile, que j’avais fini 30 minutes avant la fin et encore en ayant perdu 20 minutes sur un oubli d’un moins en changeant de page. La première partie peut presque être traitée en totalité en première année. Elle est constituée de deux sous parties qui sont de l’électrostatique où il suffit de savoir appliquer le théorème de Gauss pour les résoudre. Les deux sous parties, qui suivent, sont de la thermodynamique dont les formules sont donnée à une intégration près (la question I.4.5, F est vu en spé), enfin la dernière sous partie ne pose aucun problème si ce n’est qu’il faut être propre dans ces calculs. La deuxième partie est de l’électromagnétisme mais qui reste très accessible pour quelqu’un qui sait calculer correctement relativement rapidement, car il n’y a aucun vrai problème « physique » dans cette partie.
  • Allemand : une version qui contrairement à l’année dernière est faisable, certains mots posent problème mais on arrive quand même à relier les morceaux même sans avoir un niveau exceptionnel. Je n’ai pas beaucoup aimé la contraction croisée, je trouve que le texte en français est bien trop constitué d’exemple pour pouvoir le rendre correctement en Allemand. L’essai est : « Le consommateur a remplacé le citoyen », c’est un sujet sur lequel il a de nombreuse choses à dire mais comme d’habitude 2h pour faire le sujet, c’est jamais assez donc mon essai a malheureusement été compressé par le temps.
  • Anglais LV2 : un sujet globalement plus facile que les autres CCP que j’avais eu l’occasion de faire. Le texte d’anglais est plutôt intéressant.
  • Mathématiques 2 : un sujet qui ne porte que sur la spé, on commence avec des séries de fonctions donc les théorèmes qui vont avec puis un peu de série de Fourier et on finit par des intégrales impropres, avec encore ici les théorèmes qui vont bien. C’est un sujet qui est globalement très proche du cours mais qui a l’avantage de ne pas être très calculatoire ce qui le rend plutôt agréable. J’en ai fait l’essentiel et il ne manquait qu’une petite demi heure pour finir ce sujet.
  • Chimie 1 : un sujet sans question vraiment difficile, certaines questions demandent un peu plus de réflexion mais on arrive à traiter le sujet de manière linéaire sans perdre de temps. C’est un sujet qui porte sur les liquides ioniques, on arrive ici à balayer une grande partie du programme avec un diagramme binaire, un peu de cristallographie, de Huckel, de polymère, un titrage, de la chimie organique, bien sûr, mais encore de l’électrochimie, et un peu du modèle de Slater. Au final, un sujet qui n’est pas extrêmement intéressant mais qui peut avoir de l’intérêt si l’on veut vérifier ses connaissances sur le programme de sup.
  • Physique 2 : un sujet étonnamment difficile, la première partie est une partie excessivement classique, puisqu’elle traite du câble coaxial, mais on a l’avantage d’avoir un but original car on a pour but d’étudier les lignes à retards. Cette partie est très calculatoire et n’est pas du tout évidente, également sur un plan physique. La deuxième partie du sujet est une partie plus originale car l’on a ici le droit à plusieurs petits problèmes d’électronique (pas très évident si vous n’avez pas vraiment révisé cette partie du programme) et un problème d’optique géométrique que je n’ai pas traité car je n’aime pas ça. Sinon je pense qu’il y avait moyen de limiter la casse.
  • Chimie 2 : la partie thermochimie est accessible, la cinétique et la partie de chimie quantique également. La partie de chimie organique a été pour moi plus dure mais je pense que le fait que je n’ai qu’attaqué ça qu’à la fin et la fatigue du concours ont du participer à cette impression. C’est ici encore un sujet essentiellement de spé qui peut constituer une bonne révision complémentaire du cours.

On a donc eu droit à un concours attendu, des sujets qui sont plutôt accessible et globalement calculatoire, avec beaucoup de questions de cours. Pas de véritable surprise donc.

En direct des concours : Centrale-Supélec

Je continue donc dans ma lancée pour vous présenter rapidement les différentes épreuves que l’on a l’honneur de passer. J’essayerais également de préciser si certaine chose peuvent être abordé dès la sup.

Logo concours communs centraleCette semaine du mardi 26 avril au vendredi 29 avril, on s’occupe donc du concours Centrale, particulièrement reconnaissable à ses sujets interminables.

  • Mathématiques 1 : un sujet globalement très accessible (pour les parties que j’ai traitées) mais parfaitement interminable voire même d’une longueur qui confine à l’inutile surtout qu’il n’y a que très peu de questions vraiment bloquantes car les résultats sont pour la plupart donnés. Pour donner une idée, j’ai passé presque 3h40 sur 4h à rédiger ma copie et je n’ai traité que 23 questions sur près de 61 questions : autant dire que je n’ai traité que les 2 premières pages du sujet qui en contient 4. Sinon c’est un sujet où il n’y a que peu de subtilité et pas mal de calcul, avec notamment 3 récurrences assez faciles à repérer et à faire. En clair un sujet qui aurait pu être intéressant s’il n’avait pas été aussi monotone. Je pense donc que, sur ce sujet, la différence se fera sur la rapidité d’écriture et sur la lisibilité, ce sur quoi je risque de perdre des points.
  • Physique 1 : centrale ici encore ne déroge pas à sa tradition des sujets interminables, même si, ici, le sujet est peu être plus raisonnable que celui de mathématiques 1 et ne demandera que 6-7h pour une rédaction claire et précise de l’ensemble du sujet. C’est un sujet qui en tous cas a posé des problèmes à de nombreuses personnes, dont moi même, notamment pour une première partie de méca fluide qui n’est pas évidente du tout au niveau calculatoire (elle étudie le skimboard) la partie 2 est très déstabilisante, elle étudie les ricochets mais je suspecte fortement une erreur d’énoncé au niveau de l’équation différentielle car malgré tous mes essais je ne vois pas où mes signes sont faux, je ne me suis donc pas acharné sur cette partie. La partie 3 est probablement la plus facile du sujet malgré quelques hésitations de ma part sur certaines formules, j’ai notamment manqué de lucidité en m’acharnant un peu sur la partie 1. Cette partie traite de freinage par induction et finit par un peu de thermodynamique, elle est globalement plus intéressante que le reste du sujet mais reste très calculatoire. Ma copie dans tous les cas sera décevante notamment par manque de lucidité et des hésitations sur quelques formules fondamentales.
  • Français : la partie résumé n’est pas très compliquée, on fait s’en occupe de manière mécanique en 1h30 puis vient la dissertation et alors là c’est le choc, le sujet n’est pas très intéressant et surtout il ne s’inscrit que difficilement avec La profession de foi du Vicaire savoyard de Rousseau. Le sujet était : « Ce n’est pas la nature en l’homme qui est homicide ou barbare, c’est l’aspiration à y retourner », on a donc tous en ligne de mire l’état de nature mais le problème c’est qu’il n’apparait pas du tout dans le Vicaire savoyard et que l’on se retrouve alors avec bien peu de chose à dire. Mais bon comme il ne faut pas faire plus de 5 pages on arrive facilement à faire du remplissage avec des inepties ou alors Rousseau va passer à la trappe.
  • Chimie : un sujet qui contient une bonne partie sur les ions hydrogénosulfites dans le vin puis une méthode pour les doser avec l’aide de diagramme potentiel/pH. Rien de très compliqué normalement mais j’ai été excessivement lent sur cette partie, la deuxième sous partie de la partie thermo porte sur des diagrammes binaires mais je ne l’ai pas traitée. Puis vient la partie de chimie organique, elle est globalement assez classique et ne pose globalement pas de difficulté insurmontable, si on bloque à des questions, suffisamment d’indications sont présentes pour pouvoir reprendre le train en route. Le sujet en longueur était ici plus raisonnable même s’il parait difficile de le traiter entièrement en moins de 5h.
  • Physique 1 : enfin un sujet raisonnable, il est presque possible de le finir. C’est cette fois ci encore de la méca fluide mais ici beaucoup plus centrée sur les écoulements puisque l’on s’attaque ici à l’équation de Navier-Stockes (un problème du siècle) dans différent cas avec notamment des géométries particulières. Ce qui donne un sujet globalement très calculatoire avec au final assez peu de physique mais des expressions bien moches. Cependant ce sujet arrive à rester relativement intéressant grâce à des variations et des calculs qui ne se ressemblent pas trop. On a donc au final un sujet pas trop difficile (voire même un peu trop facile pour ce concours) et qui ferait crier n’importe quel mathématicien grâce à des calculs d’ordre de grandeur qui doivent être fait comme des barbares. Sinon à la question VIII.A quelqu’un pourrait-il me dire comment on fait disparaitre le x dans ma force de frottement visqueux parce que personnellement ça me parait un peu fumeux et j’aimerais bien voir le corrigé.
  • Allemand : la version n’est pas infaisable mais n’étant pas bon du tout en cette magnifique langue, je dois avoir fait de nombreux contresens. Par contre la contraction croisée était bien pensée (sur l’intelligence collective) et je pense avoir produit quelque chose de correct sans faute de grammaire en tous cas.
  • Mathématiques 2 : sujet particulièrement dur, des trous de mémoire particulièrement problématiques et la fatigue de fin semaine font que ce sujet a été une petite hécatombe, ce qui est cependant relativement rassurant est que c’est le cas pour tout le monde. Le sujet est un sujet d’algèbre qui traite de la minimisation d’une norme dans un cas particulier grâce notamment à des matrices orthogonales et/ou symétrique. Une petite question sur la fin sur des suites permet de grapiller des points facilement ainsi qu’une minuscule question sur une procédure Mapple. Sinon le sujet est bien trop long pour 4h et même en étant très efficace, il parait difficile de le finir en 6h.

Cette année encore Centrale ne nous a pas déçu avec des sujets particulièrement longs voire même carrément démesurément longs pour certain. De plus ces sujets sont globalement très calculatoires avec peu de questions bloquantes ou très liées à la matière (sauf mathématiques 2).

Je finis donc par un petit bilan personnel, un concours où je pense avoir globalement réussi en physique et chimie, il n’y a en fait que l’épreuve de mathématiques 2 qui a réellement été problématique.