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Quand YouTube décide de m’emmerder

Je suis pianiste. Si vous ne le saviez pas, il est encore temps d’aller écouter La Gazette Radio ou de regarder La Gazette TV.

Et comme de nombreux musiciens, j’enregistre certaines de mes interprétations que je poste sur YouTube. Pour ce faire, j’utilise un appareil photo pour la vidéo en HD 720 et un home studio complet (3 micros + carte son externe) pour le son stéréo, ce qui fait un total d’environ 800 € de matériel.

Avant même de songer à monétiser mes vidéos, elles ont été plusieurs fois identifiées à tort comme contenu sous droits d’auteur : le robot de Youtube m’a ainsi pris pour Horowitz ou encore pour Barenboïm. J’ai contesté à chaque fois ces identifications abusives (bien que flatteuses), et obtenu gain de cause. En effet, des oeuvres tombées dans le domaine public n’appartiennent qu’à leur interprète, ici c’est moi.

Pour ceux qui ne sont pas au courant, si une de vos vidéos YouTube contient du contenu soumis au droit d’auteur, les ayant-droit sont en capacité de demander la monétisation de votre vidéo pour leur compte (ie de la publicité dans votre vidéo dont les royalties ne terminent pas dans votre poche). Ce qui est normal, en soi. Mais hors de question pour moi qu’une major se remplisse les fouilles avec mon travail, puisque je suis le seul ayant-droit.

Là où ça se corse, c’est depuis l’activation de la monétisation des vidéos de Youtube sans passer par la plateforme Google Adsense. Là, les identifications abusives se sont multipliées, et j’ai du faire opposition entre 2 et 4 fois sur toutes les vidéos. Aujourd’hui, j’ai même dû déposer mon premier appel contre une société Allemande qui m’a pris pour Rudolf Serkin et qui ne veut pas en démordre.

Captures d’écran choisies : (cliquez sur les miniatures pour agrandir l’image)

Vous noterez quand même la sonate de Mozart, identifiée à une sonate contenant un numéro « BWV 1001 », c’est à dire identifiée comme une partita pour violon de Bach (BWV = Bach-Werke-Verzeichnis = catalogue des oeuvres de Bach).

Alors pourquoi je pète mon câble aujourd’hui ?

1. Je suis auteur-éditeur de contenu multimédia

Et on m’empêche de travailler. Je dois régulièrement perdre du temps à défendre mon pré carré simplement pour avoir le droit de publier. Et je dois faire valoir mes droits à chaque fois qu’une major m’attaque, même sans raison.

2. Les systèmes d’identification automatiques sont foireux

Et pourrissent la vie de gens comme moi. Parce que j’ai beau avoir investi dans du matériel, mon son n’a rien d’un son CD made in studio, je fais quelques fausses notes, et… pas besoin d’être mélomane pour entendre que je ne suis ni Horowitz, ni Serkin…

3. YouTube/Google abuse de sa position dominante

Le jeu est clairement inégal : il suffit qu’une société de gestion des droits d’auteurs récrimine pour que ce soit moi qui aie des comptes à rendre sur mon travail, car ce n’est pas la société en question qui est contrainte d’apporter la preuve que mon contenu est bien sous sa coupe, avant de poser sa réclamation chez YouTube. Je n’ai aucun moyen de me protéger durablement de ces abus, et YouTube mange dans la main des majors en prenant les petits en otages.

Car en attendant que ces emmerdeurs daignent examiner mes oppositions et appels, mes vidéos sont suspendues du programme de monétisation. Mes 8 vidéos publiées pèsent, mises bout à bout, près de 3000 vues. Ce n’est pas extra-ordinaire, mais en terme de bénéfice potentiel, ça paierait la Gazette pour 6 mois…

De plus, Google n’est pas contactable directement, et l’on doit s’adresser à des formulaires.

4. YouTube et moi avons besoin l’un de l’autre

Youtube fournit un service gratuit d’hébergement de vidéos. En soi, c’est donc de la prestation de service gratuit. Elle permet à de petits créateurs de partager leurs créations.

Sauf que, autour des vidéos publiées, il y a pas mal de pub, dont les bénéfices vont dans la poche de Google. Vous allez me dire : « normal, ils paient ta bande passante et ton espace de stockage ». Oui, mais YouTube, comme tous les services Google, est devenu une grosse machine à cash… que les créateurs alimentent en contenu. Du coup, qui fournit le service à qui ? Celui qui alimente la plateforme en contenu monétisable ou celui qui permet aux créateurs de diffuser ?

On est dans le paradoxe « je travaille pour payer ma voiture mais j’ai besoin de ma voiture pour pouvoir travailler »… C’est une interdépendance, dans le principe. Parce que YouTube sans utilisateurs, ça devient MySpace et ça ne sert plus à rien. Mais dans les faits, c’est un gros rapport de force en faveur de Google.

Ça ne serait pas bien grave s’ils se la jouaient comme Apple, façon capitaliste assumé et décomplexé. Mai quand on joue les cavaliers blancs, avec des slogans comme « don’t be evil », faut pas déconner…

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Urgence : Décentralisez votre vie numérique !

Le web n’est décidément plus ce qu’il était. Quand Big Brother rencontre le Nasdaq, sur fond d’arbitraire… l’internaute devient juste un objet de plus.

Le problème de la centralisation

Cet article édifiant, Google m’a tuer, publié sur le Framablog, est en quelque sorte la goutte d’eau qui fait déborder le vase. On y apprend qu’un utilisateur de quasiment tous les services Google (Gmail, Picasa, Google Docs, Calendar, Reader, Blogger, etc.) a perdu 7 ans de données enregistrées suite à la suppression sans préavis de son compte Google pour  « violation » des Conditions Génerales d’Utilisation. Violation qui ne semble exister que pour la firme, qui n’a pas souhaité développer.

Il en va de même pour la monétisation. N’utiliser qu’Adsense, ou que n’importe quelle autre régie publicitaire pour monétiser un site, c’est-à-dire mettre tous ses oeufs dans le même panier, est un pari risqué. Je l’ai appris à mes dépends, lorsque j’ai été radié d’Adsense pour « Clics incorrects », alors que des amis avaient un peu trop cliqué sur mes annonces pour me rendre service. Ils ne pouvaient pas deviner… Mais ici, Adsense vous bannit purement et simplement quand les autres régies se contentent de nettoyer vos statistiques en vous rémunérant sur la base des clics corrects.

Faire la peau aux pseudonymes

On a également en tête les comptes Google Plus supprimés pour usage de pseudonyme, alors que Google a changé les règles de son réseau social en cours de route, car rien ne l’empêchait au départ.

Chacun de nous a un usage spécifique d’internet, voire plusieurs usages selon l’heure du jour. De même qu’on jongle au cours de la même journée entre la sphère publique, la sphère professionnelle, la sphère privée et la sphère intime, il paraît normal de jongler entre ses identités virtuelles, même si cela entraîne quelques dérives. Tout sytème a ses abus.

De plus, on peut vouloir partager du contenu sans forcément avoir envie d’accéder à la notoriété, comme l’ont fait nombre d’écrivains par le passé. Mais Google, comme Facebook, a déclaré la guerre aux identités « factices » et aux pseudonymes : ils veulent de vraies informations sur vous pour pouvoir les utiliser à des fins commerciales, connaître votre vraie vie pour vous vendre les produits qui vous correspondent le mieux. Du beau marketing.

G comme… Géant

Le gros problème, c’est qu’aujourd’hui, Google a un monopole sur quasiment tout ce qui fait internet :

  • la recherche avec son moteur,
  • le streaming avec Youtube,
  • la messagerie avec Gmail,
  • le partage de documents avec Google Docs,
  • la publicité avec Adsense,
  • l’analyse de trafic avec Analytics,
  • et à présent les réseaux sociaux avec le démarrage en trombe de Google Plus,
  • sans parler d’Android (système d’exploitation pour smartphones) et de Chrome (navigateur internet).

Aujourd’hui, en allumant votre ordinateur, vous pouvez parfaitement effectuer toutes vos tâches en ne quittant pas les services Google.

Sauf que vous vous mettez à la merci d’une entreprise dont l’arbitraire peut faire mal, et dont la politique de confidentialité est bien loin du cavalier blanc qu’elle voulait paraître il y a quelques années.

Bref, tout ceci s’inscrit dans un mouvement plus global qui me fait dire que Google est passé du côté obscur. Voir à cet effet l’article de Mademoizelle Geekette dont on attend impatiemment la seconde partie.

La menace des plateformes

En fait, il en va de même pour toutes les plateformes.

J’ai souscrit à une service nommé Alerti, qui surveille la réputation de mon blog sur le web. Il était entièrement gratuit et en béta lorsque je l’ai rejoint il y a un an. Mais il est passé cette année en version stable, avec une version payante complète et une version gratuite basique. Pour bénéficier des mêmes services, il faudrait désormais que je paye un abonnement… Vive la reconnaissance pour les béta-testeurs !

Ensuite, j’ai testé scoop.it, outil de curage du web lui-aussi en béta. Mais, par peur de vivre la même chose qu’avec Alerti, j’ai laissé tomber et centralisé ma veille ici-même.

Le principal problème des plateformes gratuites est que, étant donné que vous ne payez rien, vous n’êtes pas en droit d’exiger quoi que ce soit. Même si, dans le cas de Facebook, par exemple, vous pouvez leur rapporter gros.

Et stop !

Je deviens paranoïque avec mes informations personnelles, leur collecte à mon insu, leur usage, leur persistance, le fait que je ne les maîtrise pas, et avec le Patriot Act auquel sont soumis presque toutes les grandes entreprises, puisqu’elles sont toutes Américaines. D’autant plus que les informations que je leur cède deviennent leur propriété, et que le Droit Américain ne reconnaît pas le droit à l’image et à l’accès/rectification/suppression des données.

De plus, je déteste être dépendant de sociétés dont les enjeux et les politiques sont fluctuantes et mal définies. Que faire le jour où elle cesseront de fonctionner, lorsque vous ne serez plus assez bien pour elles ou lorsqu’elles auront besoin d’argent à tout prix ?

D’autre part, la multiplication des plateformes web fait perdre un temps fou en visites, mises à jour, contrôles, mails, spams. Additionnez Facebook, Google Plus, Scoop.it, Twitter, Analytics, Youtube, Webmasters Tools, Google Alert, les différentes régies publicitaires et toutes mes boîtes mails, c’est une heure et demi de travail quotidien, si je veux tout surveiller sérieusement. Et justement, ça, ce n’est pas sérieux. Je suis éditeur de contenu multimédia, pas esclave de la technologie.

Recentraliser pour maîtriser

La seule solution est de tout recentraliser sur un espace que vous contrôlez complètement, comme un site ou un blog hébergé par vos soins ou par un hébergeur payant.

Ainsi, en regroupant toutes vos activités et toutes vos publications sur un ou plusieurs blogs où vous êtes chez vous, vous pouvez :

  • maîtriser vos données personnelles et leur utilisation,
  • supprimer les données que vous ne souhaitez plus partager,
  • construire un outil sur mesure,
  • gérer votre identité comme bon vous semble,
  • garder la propriété exclusive de votre contenu.

Aujourd’hui, avec WordPress bien réglé, il est possible de regrouper un blog, une veille, un profil de type Facebook ou Linkedin, une galerie de photos, une web-tv, des micro-billets et plein d’autres choses, tout en notifiant automatiquement les réseaux sociaux habituels de vos contacts.

Vous configurez des outils de sauvegarde automatique, histoire d’être à l’abri d’un serveur qui brûle ou d’un hébergeur qui vous met dehors, et le tour est joué. Moyennant quelques compétences techniques qu’il est relativement facile d’acquérir, avec le nombre de tutoriaux présents sur la toile, vous restez maître de votre identité numérique, de vos données et de vos productions.

Exemples

Personnellement, tous mes flux entrants (Mails, RSS, notifications des réseaux sociaux, Twitter, etc.) sont centralisés sur Thunderbird et 90% des mes flux sortants sont centralisés sur ce blog (articles, vidéos, images, sons, veille).

Voici un schéma des flux d’informations autour de moi (représenté par les flèches bleues) :

Mes flux d'informations

Je reçois mes informations du web (comme tout internaute), et de Thunderbird qui se débrouille tout seul pour aller me chercher ce qui m’intéresse. Je diffuse mes contenus sur mon blog et sur ma chaîne Youtube. Tout le reste est fait automatiquement.

Avant de décider que je perdais trop de temps, je faisais comme à peu près tous les internautes :

Les flux d'information d'un internaute lambda

Je perdais d’avantage de temps à trouver les informations qui m’intéressaient, tout en interagissant avec moins de services puisque je faisais tout à la main. D’autres part, l’essentiel mes contenus étaient diffusés sur des services posant des problèmes de confidentialité. Pas top.

Conclusion

Je pense avoir rationalisé mes flux d’information, tout en me mettant à l’écart, donc à l’abri, de la plupart des plateformes, y compris Google. Si un jour, tout ça se casse la figure ou me jette dehors, je serai un peu enquiquiné avec mes adresses mails, mais ça s’arrêtera là.

Le stade ultime de la protection de données consiste à utiliser des logiciels libres (GNU/Linux etc.). En effet, le fait que les codes sources de ces logiciels soient publics implique que chacun peut certes les modifier, mais surtout les vérifier. C’est à peu près la seule façon de s’assurer que les logiciels que vous utilisez ne collectent pas d’informations à votre insu.

Évidemment, tout cela n’est pas à la portée de tout le monde car il faut des connaissances techniques. Mais se former à utiliser et à comprendre les outils technologiques à notre disposition me semble le meilleur investissement possible, surtout quand on voit la tournure totalement immorale et résolument tournée vers le fric que prennent les majors du web. À moins que vous ne préfériez vous asseoir sur vos Droits inaliénables…

Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

Article 12 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

Mise à jour du 27 octobre 2011 :

Dans ce monde de pourris, à qui faire confiance ? À ceux que vous payez ! Dès que vous êtes client d’une entreprise, celle-ci a des obligations envers vous. J’ai ainsi redirigé toutes mes adresses @gmail.com sur mes adresses @lagazette-blog.fr, que j’administre moi-même sur le serveur mutualisé de mon hébergeur (français et payant). Je suis en train de migrer progressivement tous mes comptes pour me passer des services de gmail dans un futur proche.

Comme le dis Stéphane de Mangetamain.fr : « si tu ne paies pas pour un produit, c’est que le produit c’est toi ». Lire à ce sujet son excellent article : Le web est un proxénète et nous sommes ses putes.

 

Réseaux sociaux + Google

La jungle des réseaux sociaux s’est encore enrichie avec l’apparition de Google+. Il est de bon ton, dans la blogosphère, que chaque blogueur l’essaie et donne son avis dessus. C’est mon tour.

C’est officiel : j’en ai assez ! Assez de tous ces médias qui me pourrissent la tête d’informations dont 75% sont inutiles et/ou inintéressantes. Assez d’être assailli par ces flux continus de données qu’il faut traiter, analyser, et ingurgiter, quand on est un blogueur sérieux et qu’on surveille un peu ce qui se passe dans le petit monde des blogs, dans celui de la politique ou des nouvelles technologies où tout devient si vite obsolète que partir deux semaines en vacances à 1000 miles de la 3G et du wifi vous donne l’impression d’être devenu un dinosaure. Cf coreight.

Avec Google+, j’ai retrouvé le charme du Facebook d’il y a 4 ans (déjà !) : un cénacle peu mais bien fréquenté, où l’on prend ses marques et où l’on s’efforce de partager du bon. Ça ressemble furieusement à Facebook, le « j’aime » devient +1, la confidentialité est un peu mieux gérée, Buzz est intégré, mais globalement, rien de bien différent, si ce n’est qu’il promet de pouvoir gérer séparément la famille, les collègues et les amis en garantissant que les photos de beuvries ne finiront pas sur l’écran du patron.

Pas vraiment une révolution, en somme.

J’ai décidé de laisser tomber tout ça.

J’ai un blog, c’est mon moyen d’expression privilégié : réglé au millimètre, construit sur mesure après des centaines d’heures de travail, j’y fais et j’y raconte ce que je veux comme je le veux. Pourquoi continuer à perdre du temps sur les réseaux sociaux ? Pour surveiller la vie de contacts qui ne me disent même pas bonjour dans la rue ? Pour ne pas manquer la dernière vidéo à la con ?

Un petit programme nommé LinksAlpha se charge pour moi de mettre à jour Facebook, Twitter, Linkedin et Google Buzz en y publiant mes derniers articles. Autant que je n’aurai plus à faire, tout en permettant à mes contacts qui utilisent ces réseaux de continuer à me suivre.

Quant à moi, Mozilla Thunderbird configuré avec les flux RSS adéquats sera mon seul outil de veille et ira me chercher tout seul les articles des blogs que je fréquente. Je centralise, je cesse de m’éparpiller et de gaspiller un temps précieux, que j’espère investir dans certaines activités que j’ai cessé de pratiquer : la lecture (de vrais livres) en particulier.

Je crois que les choses les plus intéressantes sont en dehors des flux de données et de l’agitation artificielle du web, de cette rage, cette frénésie, d’informer et de s’informer pour mieux tromper son angoisse du lendemain. On tombe dans la culture du « toujours plus vite » qui rend la société inhumaine parce que son rythme, celui qu’on lui impose, est inhumain. Le retour aux fondamentaux et à l’essentiel, ça ne fait pas de mal.

Je conserverai Twitter, tout de même parce que j’aime les échanges qu’il permet, même si les 160 caractères autorisés sont assez frustrants. Et pour les contacts, on n’a jamais rien fait de mieux que les mails ou le téléphone, avec ses vrais amis.

Comme disait Pangloss, allons cultiver notre jardin… Bienvenue dans ma vie 3.0.