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Élites: Marianne aura vos têtes

Malhonnêteté intellectuelle et mauvaise foi permettent ce mois-ci à Marianne une poignante enquête de trois pages « plongeant » au cœur du formatage de l’encéphale médiocre et rétrécis de nos élites. 

Bertrand Rothé signe en date du 9 juin dernier un article intitulé « Plongée dans la fabrique des élites« . La rédaction de Marianne n’a pas du bien comprendre ce qui y était écrit puisqu’elle le fait apparaître en une comme une réponse à l’interrogation – ô combien préoccupante : « HEC, ENA, nos élites sont-elles incultes ?« . J’aurais parié sur une mention acide de La Princesse de Clèves, assortie d’une mauvaise parodie d’un Alain-Gérard Slama vendant du papier pour crier à la « délittérarisation de la vie politique » (sic). Las ! Elle n’est pas venue: ce n’est absolument pas ce dont il y est question. La rédaction le classe finalement sous la rubrique: « Enquête, Idées« , alors qu’il ne contient ni l’une ni l’autre.

L’angle d’attaque

L’article a toutefois ceci de particulier que:
– Premièrement ce n’est pas la rédaction du Monde.fr qui l’a pondu au mois de février, ce qui pourtant ne manque jamais d’arriver lorsque, comme ici, la prépa va être abordée;
– Deuxièmement, l’auteur essaye de mettre en évidence une uniformité des approches de la science économique, discipline qu’il enseigne à l’université de Cergy-Pontoise, en se penchant sur les sujets de dissertations proposés aux concours d’écoles comme Polytechnique, les ENS, HEC, l’ENA, l’ESSEC. En bref, il veut dénoncer une approche épistémologique de l’économie reposant exclusivement sur un credo libéral borné.

Définissons les élites

Pourquoi faire ? Très à la mode, on invoque cette caste obscure mais puissante, et à l’acception floue avec une ferveur qui ferait pâlir les numéros « Spécial Franc-Maçons » du Point et de L’Express. Mais après tout pourquoi s’encombrer de définitions puisqu’il est évident que tout le monde sait quelle réalité le terme recouvre vu qu’il est sur toutes les lèvres ?

Je ne vais pas faire d’un bout à l’autre semblant d’être con, il semble bien qu’il y ait en France une classe politique et économique dont les réseaux et la sociabilité se tissent de manière assez étroite en fonction de leur parcours au sein du système français des Grandes Écoles. Les trajets Polytechnique/Science Po/ENA existent, les notices Wikipédia permettent au hasard de la recherche Google de telle ou telle personnalité publique de s’en rendre compte. Mais jusqu’à quel point les profils sociologiques et les parcours dans les « Grandes Écoles » permettent-ils de décrire une « classe » particulière, ces fameuses élites ?

The Economist voyait, dans un flou qualitatif assez remarquable, une tare du système français dans cette porosité entre dirigeants du CAC 40, ministres, artistes même tous formés « à même école », dans le fameux numéro « La France, une bombe à retardement au cœur de l’Europe« . Le Financial Times essayait d’analyser la faillite des élites en France, en ne citant pour l’exemple que deux chiffres: la promo annuelle des 400 polytechniciens et celle des 80 énarques. On ne demande pas une prosopographie de tous ceux auxquels échoient des responsabilités en France, mais là on en reste quand même assez loin.

Copyright Flickr - University of Hull
Copyright Flickr – University of Hull

La prépa, cet ensemble monolithique

Ce n’est pas cela qui va faire peur à Bertrand Rothé, rassurez-vous. L’équation est en effet simple, un élève de prépa (quel qu’il soit d’ailleurs, l’auteur se fiche bien de nommer une association de professeurs de prépas scientifiques pour illustrer un propos spécifique aux écoles de commerce), est un futur élève des Grandes Écoles, donc un futur ministre-patron. Jugez plutôt la probité intellectuelle d’un raccourcis qui ne prend même pas la peine d’être syllogistique:

Souvent costumés comme pour un mariage, ils se rendent qui dans les ENS ou à Polytechnique, qui à HEC, à l’Essec ou à Sciences-Po. […]
Mais sur quels sujets de culture générale sont donc choisis les futurs ministres et{{1}}[[1]] C’est moi qui souligne[[1]] patrons du privé ?

Je ne cite qu’une seule occurrence de cette fulgurante pensée synthétique mais les tournures périphrastiques grinçantes du type « les futurs Moscovici et Attali » pour les élèves de l’ENA nous rappelle que le raccourci et l’approximation sont les maîtres-mots de cet article.

Sans doute est-ce parce qu’il nous rappelle que mai et juin sont la période des concours, que l’auteur en profite pour mettre dans le même sac toutes les prépas et toutes les écoles. À ce propos, je vous donne 30 secondes pour me donner un point commun entre un docteur ès lettres spécialiste du traitement du sujet dans la philosophie nietzschéenne ayant fait l’ENS de Lyon et une polytechnicienne, ingénieur du corps de contrôle des assurances et un directeur marketing du groupe LVMH ayant un master « stratégie du luxe » à HEC.

Je précise que je fais partie des 40 000 étudiants à avoir sué « sang et encre » pour reprendre les termes de l’article, c’est à dire que j’ai eu l’insigne et immense plaisir de disserter pendant un mois entier sur des sujets proposés à la fois par les ENS, et les écoles de commerce de la  Banque Commune d’Épreuve{{2}}[[2]] HEC, ESSEC, ESCP pour ne citer que les têtes de gondoles[[2]]. Je vous laisse ci-après un blanc typographique et une minute trente pour toutes les attaques ad personem que vous souhaiterez adresser à un monstre à la solde du grand Capital.

De la dissertation

Et c’est là où toute la malhonnêteté de l’article se laisse pleinement savourer. Celui-ci est en effet écrit par quelqu’un qui a présenté et été admis au concours de l’agrégation et qui de ce fait a dû se frotter à cet exercice éminemment rhétorique, figé et souvent un peu vain qu’est la dissertation. Cela ne l’empêche pas de prétendre pouvoir prendre les sujets qu’ils énumère comme étant des affirmations définitives et encore moins, comme il le fait constamment de les lire au premier degré.

Ainsi le sujet :« La vie est-elle autre chose que le théâtre de la cruauté ? »  devrait-être vu comme la preuve du plus affreux cynisme dont est capable HEC. Comme si l’affirmative était la seule réponse qu’appelait un tel sujet. La phrase de Montherland: « Les révolutions font perdre beaucoup de temps » devrait-être elle aussi prise comme une affirmation, preuve indéniable du caractère réactionnaire et totalitaire des élites.

Je suis loin d’aller jusqu’à me faire brûler pour défendre la légitimité ou même l’utilité d’une forme de rédaction qui consiste essentiellement en un morceau de bravoure et de rhétorique, en une épreuve durant entre quatre et six heures obligeant délayer une phrase ou un mot autant qu’il est possible de le faire et qui permet de mettre en scène un raisonnement. C’est un exercice grevé d’autant de carcans formels que, par exemple, une conférence ou qu’un article de journal, mais qui constitue une spécificité franco-française au sujet de laquelle il serait effectivement bon de s’interroger.

Cependant, la forme canonique de la dissertation: thèse-anthitèse-synthèse que l’on doit, pour le dire vite et méchamment, à une compréhension boiteuse de la dialectique hégélienne par un type qui avait la mauvaise idée d’être philosophe et ministre de l’Instruction Publique: Victor Cousin, a ceci d’intéressant qu’elle contient le mot antithèse. Malheureusement pour Bertrand Rothé, un sujet est toujours critiquable, plus il est dogmatique, péremptoire et assertif, plus il convient d’ailleurs de le remettre en question afin d’aboutir à un jugement nuancé et critique.

Tout cela pour dire qu’énumérer des sujets sans même poser les problématiques qu’ils soulèvent, en les prenant au pied de la lettre dans un procès aveugle et à charge ne permet absolument pas de prouver quoi que ce soit.

Prendre parti

On est de plus amené à prendre parti dans une dissertation qu’au regard des théories multiples et parfois contradictoire qui s’affrontent au sein d’une même discipline et qu’on ne peut, alors que l’on cherche à montrer la qualité de son raisonnement, les rejeter sans les avoir réfuter.

Certains thèmes quand à eux focalisent l’attention des chercheurs. C’est le cas de la crise en économie qui est un moment privilégié pour interroger les modèles et les théories utilisés. Pas de quoi conclure à l’optimisme pathologique en voyant qu’une question comme: « La crise est-elle finie ? » est posée.

De même, le fait que l’on s’interroge sur la manière dont sont menées les guerres, après les deux guerres mondiales, et la Guerre Froide, ne peut être pris comme l’évidence absolue d’une ardeur guerrière ou d’un ethos combattant chez le futur financier. En revanche l’existence d’une École de Guerre Économique (que l’auteur ne mentionne pas), peut soulever deux ou trois interrogations de cet ordre.

Mais l’histoire n’est visiblement pas le fort de notre auteur. Car non, les méfaits du capitalisme n’expliquent pas de manière linéaire et téléologique la Première guerre mondiale, ni, quand bien même ils en seraient intégralement et uniquement le déclencheur, le fait que plusieurs millions de combattants sont restés dans les tranchés à se battre pendant quatre ans. Comment garder calme et sérénité lorsqu’on lit ce genre d’analyse d’une l’insondable profondeur :

Pourtant, un sujet d’oral d’HEC 2012 aurait dû les titiller : « Les rivalités économiques entre grands pays avant 1914 ». Trente ans de concurrence internationale sauvage avaient en effet conduit à l’exacerbation nationaliste puis à la Première Guerre mondiale. Neuf millions de morts.

Quelles orientations épistémologiques pour quelles écoles ?

En regardant quelles sont les orientations des thèses dirigées par les écoles doctorales des différentes écoles visées, en donnant la composition des membres du jury, les prises de positions visibles dans les publications des concepteurs des sujets, peut-être pourrait-on commencer à dégager des similitudes de pensée entre les différentes écoles citées, à condition de s’en tenir aux seules dispensant une formation économique puisque c’est visiblement d’économie dont B. Rothé veut le plus nous parler. Je ne suis franchement pas sûr que l’on puisse dégager une doxa particulière, prouvant comme le voudrait l’auteur l’omniprésence malsaine d’un libéralisme immoral, mais la méthode m’apparaît infiniment préférable à l’énumération creuse de sujets.

Pour ce qui est des recherches historiques, ceux qui s’y intéressent savent que les Écoles Normales Supérieures ont un peu plus de mal avec l’histoire politique (et ce n’est pas Jacques Julliard, éditorialiste de Marianne qui me contredira !) que Science Po’ ou Paris X par exemple qui se rangent plus volontiers (pour le dire de manière bien sûr schématique) sous la figure tutélaire de René Rémond. Relever les divergences au sein des écoles de commerce, et non pêle-mêle de toutes les grandes écoles françaises, serait sans nul doute intéressant. Mais ça laisse malheureusement moins de place à la vindicte.

René Raymond
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Mais d’où tire-t-il ses infos?

Je serais extrêmement contrarié que mes copies de concours soient jetées en pâture au premier plumitif venu. Heureusement, et pour avoir relu avec attention les règlements des concours que j’ai présenté cette année, je sais que c’est impossible, ou alors que ça donne le droit à un recours en justice. Seuls les jurys ont accès aux copies. Alors comment diable Bertrand Rothé sait-il que :

– Si les candidats, qui rêvent tous de hautes fonctions dans les entreprises, ont défendu comme un seul homme les revenus des patrons «créateurs de richesse et d’emplois», certains des lauréats ont même pensé à remettre en cause le Smic […]
– En bons étudiants, leur chanson n’a qu’un couplet : les privatisations. […]
– S’il est sage, l’animal à concours énumère les « nécessaires réformes »: allongement des durées de cotisation, augmentation du ticket modérateur. […]
– […] L’étourdi qui a envisagé cette terrible vérité n’a eu que 2/20.

Siègerait-il à tous les jurys de ce qui sont autant de parangons de la Pensée Unique ? Ou aurait-il l’extrapolation facile ? Là, et jusqu’à preuve du contraire, je crie, au pire à l’affabulation et au mensonge caractérisés, au mieux au colportage de bruits de couloirs.

Des scientifiques très littéraires

Le nom de cet encart et son contenu concluent à merveille sur la méconnaissance absolue dont fait montre l’auteur sur le sujet qu’il prétend traiter. Sous prétexte que les étudiants de classe préparatoire scientifiques sont invités à l’onanisme intellectuel quatre heures durant sur une citation d’un type connu et anobli par la postérité on devrait, d’après l’auteur, s’extasier devant leurs extraordinaires capacités littéraires. Bien sûr cela se tient du moment que les classes de lettres supérieures et de première supérieure, prépas littéraires appelées plus couramment hypokhâgne et khâgne, n’existent pas.

Que l’on critique le côté superficiel d’une épreuve de « Culture Générale » et la préparation qui est dispensée aux élèves des prépas commerce, soit. Ce ne serait pas très difficile. Mais que l’on ne refrène pas son orgasme parce que l’on voit que les Raisins de la Colère de Steinbeck sont dans un corpus pour les scientifiques, c’est autre chose.

En effet les scientifiques ont un corpus de trois œuvres, qu’ils doivent citer, de manière exclusive, dans leurs dissertations. Et, outre le fait que quiconque connaît un tant soit peu la prépa scientifique, et ce n’est visiblement pas la mention jargonnante du « taupin » qui dissimulera la complète, ignorance de l’auteur en la matière,  que rares sont ceux qui les ont lu et que les deux heures hebdomadaires de « français » servent bien plus à faire les DM de maths qu’à s’intéresser aux descriptions de méchants tracteurs et au traitement littéraire des ravages de la crise économique de 1929, c’est la nature même de l’épreuve qui est contestable. Qu’un thème comme La parole, celui de cette année, ne soit abordé sur deux ans qu’avec Phèdre de Platon, les Fausses Confidences de Marivaux et Romances sans Parole relève du non-sens.

Ça tombe bien, Bertrand Rothé semble aimer à y nager.

 

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Ces profs qui n’en ont rien à foutre

Un rien de vulgarité dans le titre pour pousser un bon coup de gueule : marre des donneurs de leçons qui feraient bien d’utiliser un miroir !
CC Flickr - Proctor Archives

Il existe toute une frange du corps enseignant qui exerce son métier comme on ferait du secrétariat : sans motivation, sans ambition, sans remise en cause, et surtout sans se poser de questions. Leur seul but est de justifier leur paye, en faisant le minimum, pour repartir le plus vite possible, chez eux ou dans leur labo de recherches, pour ceux d’entre eux qui sont aussi chercheurs.

Jusque là, je ne vous apprends rien. Chacun de mes lecteurs est forcément tombé, au cours de sa scolarité ou de ses études, sur un mauvais sujet répondant à cette description. Mais j’ai récemment vu des choses qui dépassent les bornes. Comment peut-on continuer à financer de tels fonctionnaires ? Les profs du supérieur sont-ils évalués un jour ou l’autre, ou bien on estime que leur carrière est faite une fois leur doctorat en poche ?

Foutons-nous de nos étudiants, leur avenir ne nous appartient pas !

Les pires profs sont ceux qui font de l’enseignement parce que ça fait partie du package « recherche », et qu’ils n’ont pas vraiment le choix. On les reconnaît facilement grâce à ces signes distinctifs :

  • leurs cours sont chiants, longs, mal structurés, beaucoup trop théoriques,
  • il arrivent en retard à leurs propres cours, et repartent souvent en avance,
  • il règne dans leurs cours un brouhaha incessant, qui ne les dérange pas outre mesure,
  • leurs travaux dirigés (séances d’exercices) sont en fait des séance de recopiage de corrigés,
  • leurs examens sont presque toujours des hécatombes, à moins d’un trafic de notes à grands coup d’Excel,
  • ils ne font pas d’examens de contrôle continu quand c’est obligatoire (pas moyen, donc, de limiter la casse éventuelle lors de l’examen final),
  • ils ne s’impliquent jamais dans la vie de leur établissement (par exemple, on ne les voit pas lors des représentations de la troupe de théâtre ou lors des petites manifestations informelles qui rythment la vie de l’établissement et participent à la bonne ambiance générale, …).

… et comment ça se traduit en pratique

Les conséquences de tout ça sont diverses. La première est que des promotions entières restent dubitatives devant leurs cours, sans vraiment les comprendre. La seconde est que tout le monde se plante et que personne ne trouve ça bizarre.

J’ai vu une promo d’IUT de 70 personnes, composée de gens ayant tous leur bac, certains avec mention, dont 1/8 d’anciens élèves de classes préparatoires (dont moi), se planter lamentablement à un partiel d’optique : moyenne à 5-6/20, 1 seule note au dessus de 10/20. Personne n’a tiqué, dans l’équipe enseignante, et certains profs sont même venus demander aux élèves ce qui s’était passé.

Mon explication est la suivante : si 50% d’une promo se plante, dans une filière sélective, on peut à la rigueur se dire que ce sont des branleurs qui n’ont pas révisé. Mais quand l’hécatombe touche 99% d’une promo, soit on a admis 99% de crétins diplômés, soit le problème vient de l’enseignant. Parce qu’à mon humble avis, 99% de cons et/ou de feignants sur 70 personnes, ça mérite une citation dans le livre des records.

Je suis révolté que personne ne bronche, révolté que tout le monde trouve ça normal, et plus encore, révolté que ce prof n’ait pas fait d’examen de rattrapage. Le sujet de cet examen était à peu de choses près du même niveau que ce que je faisais en prépa, mais avec une préparation qui a été celle d’un IUT. De plus, renseignements pris, ce professeur obtient à peu près les mêmes résultats tous les ans, et PERSONNE ne s’étonne !!! Et on vient encore demander aux étudiants ce qui s’est passé, sans réaliser que 69 personnes ne peuvent pas toutes se planter sur le même sujet, s’il est dans le cadre de ce pour quoi on a été préparé.

Les boulets qu’on traîne

Le discours officiel est donc à l’étonnement, mais en privé, certains profs laissent tomber le masque. J’en ai entendu certains dire de leurs collègues (ceux jugés mauvais d’après mes critères : bizarrement, on tombe d’accord) qu’ils ne restaient en place que parce qu’il fallait leur donner des heures d’enseignement pour remplir leurs quota.

J’ai vu un prof corriger un examen de mécanique (70 copies) en 28 heures. On m’explique comment c’est possible, autrement qu’à coup de dés ?

J’en ai même vu faire des cours de remise à niveau pour remédier à l’incompétence de leurs collègues. Il s’agit en particulier d’un prof d’informatique (programmation) qui a pris en cours les étudiants d’un autre prof, avant l’examen, pour limiter la casse.

Ces boulets, leurs étudiants savent qu’ils sont nuls, et leurs pairs les jugent comme tels, mais ils conservent leur poste jusqu’à la retraite sans que jamais personne ne leur demande de comptes. Parce que évidemment, ils ne se remettront jamais en cause. Voilà, c’est ça l’Université, et c’est ça la France.

Vous allez me demander pourquoi je ne l’ai pas ouverte auprès de l’administration. Et vous aurez raison. Alors ma réponse est la suivante : on n’en est plus à dire que certains points sont obscurs, ou que certaines choses ne sont pas comprises dans un cours donné. Là, la réalité, c’est que le cours est bon à jeter aux orties et que le prof doit tout simplement apprendre son métier.

Mais quelle est votre légitimité, du haut de votre deuxième bac+1, pour juger du travail d’un docteur d’État ? Et pourtant, après avoir été au lycée puis en prépa, côtoyé les meilleurs comme les pires enseignants, je sais quand même faire la différence entre un cours clair, compréhensible, cohérent, logique et intéressant, et un autre abscons, abstrait, et torché. Mais aller voir le prof concerné pour lui dire qu’il est nul et qu’il ne sait pas faire un cours, comment dire ?…

Conclusion

Alors on fait comment, quand on n’est pas écouté, quand ces bougres de cons n’auront même pas la présence d’esprit de se demander pourquoi, tous les ans, leurs examens sont des boucheries, en allant plus loin dans l’analyse que les traditionnels « le niveau baisse » ?

Le niveau baisse peut-être, d’année en année, mais ça m’étonnerait beaucoup que ce soit parce que les étudiants sont de plus en plus cons. Auquel cas on se bouge le cul, quand on a les diplômes et le crédit nécessaire, pour faire avancer les choses.

La morale de l’histoire, c’est que les notes seront trafiquées pour remonter la moyenne à 10/20, et qu’on obtiendra tous des diplômes de semi-complaisance. Voilà.

Sur ce, mes chers compatriotes, vive la République, et vive la France ! vive la République bananière, et vive la Principauté de Sarkozy !

De la modestie en prépa ou kikalaplugrosse

Dessine moi un prépa. Allez petit lecteur dessine le, fais un effort. Voilà maintenant enlève lui ses boutons, c’est vexant. En fait ce qui m’intéresse, c’est la petite bulle qui tu lui as fait. Qu’as tu écrit à l’intérieur ? Comment ça « Pépère les maths, Polytechnique c’est plus ce que c’était … » ?
De la modestie en prépa ou kikalaplugrosse
CC Flickr - Ralph and Jenny

Plus sérieusement, il est de notoriété publique qu’un prépa « ça se la pète ». Et je dois dire que c’est vrai, enfin presque. Cela se sent assez bien lorsqu’on lit les articles commentant les épreuves des Mines et Centrale, dont je dénonce vivement l’honnêteté et la subjectivité en général. Pourquoi le prépa a-t-il besoin d’exhiber ses facilités au yeux du monde et de ses congénères ? Qu’est ce qui peut le pousser à vouloir se faire détester de ceux avec lesquels il communique ?

Je ne m’attarderai pas sur le mélodrame de la classe préparatoire, c’est à dire bosser tout le temps, ne pas sortir, se faire remettre à sa place à chaque prise de parole en classe (sur ce dernier point la situation est beaucoup plus soft, ne vous inquiétez pas) … Pour être franc le prépa en chie et veut une avance sur son hypothétique supériorité professionnelle future. Il veut juste être admiré, qu’on lui dise qu’on ne pourrait pas faire ce qu’il fait, qu’il est mieux que le reste du monde. Malheureusement le résultat est tout autre, il est rejeté d’un très classe « On s’en fout des maths mec ! » et avec une forte baisse de sa côte de popularité. De plus cette situation est généralisable à l’intra-prépa.

Car il ne faut pas croire, il y a de tout en prépa, en matière de résultat, la moyenne étant juste plus élevée que d’habitude. Et comment vous dire, le traditionnel « Non franchement il passait bien ce sujet de physique », à la sortie d’un DS, passe très mal. Ce qu’il faut savoir c’est que notre quotidien consiste à faire face à la constante déception envers notre niveau, et se faire rappeler par un « congénère » qu’effectivement, la consécration, c’est pas pour cette fois, est on ne peut plus énervant.

Et oui, être en prépa c’est côtoyer des gens plus fort que vous, d’autres moins forts, des gens modestes, des gens qui s’étalent… Il y en a qui vont se vanter l’année prochaine d’être rentrés à Centrale Paris en se « touchant violemment les couilles » chaque soir et d’autres qui ne pourront s’empêcher de lâcher un commentaire réducteur sur l’école que vous avez joyeusement intégrée. Et toute cette marmaille avec des standard de politesse et de vie en société plus ou moins stricts est amenée régulièrement à blesser son entourage. Je fais personnellement partie de ceux qui, la plupart du temps ( j’ai mes moments de faiblesse voyons la vérité en face ), se contentent de se taire et d’écouter et qui ont la capacité à exprimer leur opinion au moment opportun, quand ils sont sûrs de ne blesser personne. Et je suis loin d’être le seul, il ne faut pas toujours écouter la plus grande gueule.

Je m’adresserais alors à l’auteur des articles cités plus haut : Même si mon opinion des épreuves rejoint souvent tes commentaires, pourrais-tu s’il te plaît introduire dans ton expression l’once de recul et de modestie qui m’empêcherais de lâcher un très classe «  Mais quel connard » à la fin de tes articles ? Je t’en remercierais. Vous l’aurez compris je suis ce gros hypocrite qui ne dit que le dixième de ce qu’il pense vraiment. Mais au final, est-ce qu’on me demande vraiment plus que ça ?

Les filles dans les filières techniques et scientifiques

Les filles boudent les études et les professions scientifiques. Pourquoi ? Dans quelle mesure ? Un article féministe écrit par un garçon …

[toc levels=3 title= »Sommaire »]

En effet, en tant qu’ancien de prépa et actuel étudiant en IUT, j’ai eu deux visions différentes de la place et du ressenti des filles dans ces deux filières scientifiques.

D’après les statistiques officielles, les filles représentent :

  • 57,8% des bacheliers généraux,
  • 52,6% des bacheliers techniques,
  • 39% des élèves de terminales Scientifiques et technologiques,
  • 30% des étudiants en sciences dans le supérieur,
  • 26% des diplômes d’ingénieurs délivrés.

En prépa scientifique

Dans ma classe de prépa Physique-Chimie-Sciences de l’Ingénieur (PCSI), sur 44 élèves, 12 étaient des filles (27,3%). Lors du choix entre l’option Chimie ou l’option Sciences de l’Ingénieur (SI), en décembre, il ne restait que 2 filles dans mon option (SI), qui comptait une quinzaine d’étudiants.

Je n’ai pas observé de différences entre les filles et les garçons, au niveau de la façon dont elles étaient traitées par les professeurs comme par leurs condisciples. Et je n’ai pas pas entendu de plaintes à ce niveau.

Je crois que ce milieu est formé de gens suffisamment intelligents pour traiter filles et garçons uniquement sur la base de leur niveau. Pas de leur sexe. Surtout dans la mesure où il n’y a pas de « discrimination positive » à l’égard des filles, en prépa.

En IUT Mesures Physiques

Dans ma promotion de 80 étudiants, on ne trouve que 12 filles (15%). Ici, l’équité entre sexes est un peu moins évidente, surtout parce que le public n’est pas le même, beaucoup plus diversifié (en terme de niveaux et d’origines sociales) qu’en prépa. La façon dont les filles sont traitées varie, évidemment, suivant leur tempérament, mais j’ai observé beaucoup plus de machisme de base.

En gros, un certain nombre d’entre elles ne sont tout simplement pas prises au sérieux. Et celles qui ont le malheur d’afficher des ambitions de poursuite d’étude et/ou de carrière se font rire au nez par leurs camarades. Elles évoluent donc dans un milieu pas toujours bienveillant à leur égard, ce qui n’est pas la garantie d’une scolarité sereine et épanouie. Ni d’une réussite au seul prix du travail : il faut, en plus, encaisser les quolibets. Pour celles qui sont jolies (ce qui est, heureusement, – ou malheureusement – assez rare dans ces filières), c’est encore pire.

Disons les choses sans détours : à la différence de la prépa, en IUT, les étudiants viennent en grande majorité de milieux moins éduqués{{1}}[[1]]Ce qui signifie souvent des milieux moins favorisés financièrement, mais pas toujours[[1]], où les femmes font, moins qu’ailleurs, des carrières professionnelles cohérentes et ambitieuses. Les étudiants issus de ces milieux ont du mal à envisager que leurs condisciples féminines fassent de vraies carrières, puisque ce n’est pas la norme à laquelle ils sont confrontés depuis l’enfance.

Les filles doivent, d’une certaine façon, faire leurs preuves vis à vis de leurs camarades mâles (pas vis à vis des professeurs). Prouver qu’elles sont capables et que leurs notes ne sont pas le résultat de leur sourire. Alors que les garçons n’ont rien à prouver, parce que ce sont des garçons …

Cependant, je suis sidéré par la capacité des filles à se tirer dans les pattes entre elles. Dans mon IUT où, de par leur petit nombre, on les imaginerait soudées … en fait elles se détestent toutes cordialement, par groupe de deux, et par derrière, en plus. Presque toujours pour des raisons futiles et irrationnelles, d’ailleurs{{2}}[[2]]En tant que confident et/ou ami d’une grande partie de ces demoiselles, j’ai pu acquérir une somme d’informations inaccessibles à la plupart des hommes[[2]]. Enfin bref, je ne cherche pas à comprendre, mais je trouve ça puérile et lamentable. Elle desservent leurs intérêts.

Observations

Les filières techniques attirent moins les filles que les garçons pour différentes raisons, la principale étant que ces disciplines n’intéressent que peu d’entre elles. Les études commerciales drainent l’essentiel des bachelières scientifiques car elles sont moins arides, plus axées sur la communication, le contact humain et l’organisation, qui sont des qualités associées au tempérament féminin, dans notre culture. D’autre part, à niveau d’études égal, les salaires n’ont rien à voir …

Et mêmes dans les filières scientifiques, les filles brillent d’avantage dans les matières les moins techniques et les plus conceptuelles, comme en mathématiques. Lorsqu’on leur parle de Sciences Industrielles, de résistance des matériaux, ou autres choses concrètes et pratiques, on leur parle dans une langue qui ne leur est pas familière. En attestent les deux filles de l’option SI de ma prépa, ou le peu d’entre elles présentes cette année aux cours de Matériaux.

De façon plus générale, on observe que les filles réussissent mieux dans les disciplines académiques, pourvues de règles formelles. A l’inverse, elles sont moins brillantes dans les matières concrètes, visuelles (géométrie dans l’espace) où les exercices demandent plus d’initiatives. Ceci tient essentiellement à leur éducation depuis la petite enfance, comme on va le voir plus bas.

Explications

Le désamour des filles à l’égard des sciences a fait l’objet de recherches à l’Université de Montpellier III au début des années 1990, par Yveline FUMAT. Il est intéressant de noter que 20 après cette étude, rien n’a changé.

L’éducation différenciée

Au XIXe siècle, l’idéal féminin apparaît, dans la littérature comme dans les usages, un idéal de douceur, de modestie, d’obéissance et de docilité. Ceci conditionne les occupations qu’on permet alors aux filles (couture, broderie, …), les jeux qu’on leur propose, les conseils de maintien qu’on leur dispense (se tenir droite, adopter des gestes mesurés, …) et également les histoires qu’on leur raconte, où il arrive toujours malheur aux jeunes filles trop exhaltées (cf la Comtesse de Ségur et ses Malheurs de Sophie).

Pour faire court, les jeunes filles sont maintenues assises immobiles, à l’intérieur. Et tout ce qui est jugé « masculin » dans leur comportement est réprimé : brutalité, gourmandise, témérité, curiosité même, …

L’idéal féminin de cette époque se traduit par l’éducation à la propreté et à l’ordre, sur soi et chez soi, et par des vêtements contraignants, entravant leurs mouvements, qui disparaîtront à partir de la première Guerre mondiale.

Même si l’on n’en est plus là aujourd’hui, un certain nombre de caractères sont ancrés dans notre culture. Les petites filles sales et remuantes sont plus sévèrement réprimandées que les petits garçons, ou subissent du moins une forme de réprobation de la part de leurs parents. Un petit garçon qui saute dans une flaque d’eau est à peine grondé, avec fatalisme puisque tous les garçons font cela. Pour une fille, la réprimande est plus vive et touche à la sexualité («les petites filles ne font pas cela»). En effet, les filles doivent être «sages».

D’autre part, une petite fille qui pleure sera consolée par ses parents, tandis qu’à un petit garçon on dira «allez ne pleure pas, tu es un grand garçon». A quoi l’enfant répondra bientôt «même pas mal» lorsqu’il tombera. Plus tard, au travail ou dans les études, un homme qui manifeste des signes de faiblesse, par des pleurs, par la colère ou par tout autre moyen, «traverse une période difficile» alors qu’une femme qui fait de même «est un peu fragile».

Les jeux proposés aux filles conditionnent aussi leur comportement : on leur donne des jeux d’intérieur, liés au ménage ou au rôle qu’on attendra d’elle plus tard{{3}}[[3]]Parce que, encore aujourd’hui, une femme accomplie ne peut être que mère[[3]]. Dans les faits, se sont des dinettes, des jeux de société, poupées, colliers de perles et sets de peintures divers. Aucun jeu sportif, jeu d’exploration et/ou futuriste …

Ces jeux statiques provoquent l’inhibition motrice des filles depuis le XIXe siècle. C’est cette inhibition qui est à l’origine de la réussite des filles dans les études primaires et secondaires, puisqu’elles sont capables de rester concentrées sur une chaise plus longtemps que les remuants garçons.

Cependant, les filles payent cette «sagesse», cette placidité, et ce conformisme scolaire dans les études supérieures où l’on attend d’avantage d’esprit d’initiative et une certaine indépendance. Et là, les filles ne sont pas aventurières. C’est une des nombreuses raisons qui font qu’elle réussissent moins bien au-delà du secondaire.

L’anticipation du rôle féminin

Les carrières scientifiques sont réputées exigeantes et prenantes et sont donc associées à un temps libre assez réduit. Or les filles sont culturellement conditionnées à leur futur rôle de mère et d’épouse{{4}}[[4]]Ou de compagne, mais le principe reste le même : la tenue du foyer leur incombe[[4]] : encore aujourd’hui, dans l’esprit de beaucoup de gens, le mariage et les enfants sont le passage obligé de la vie en couple et le témoin d’une vie épanouie (personnellement, ça me révulse).

A partir de l’adolescence, les filles s’adaptent à leur « futur probable », abandonnent leurs rêves et commencent à intégrer ces contraintes dans leur projet professionnel. Elle se tournent donc vers des professions stables et laissant suffisamment de temps libre qu’elles destinent à tout sauf aux loisirs. C’est la raison pour laquelle la Fonction publique territoriale est essentiellement constituée de femmes (près de 60%) et les métiers scientifiques, si peu (17% des ingénieurs).

D’autre part, les filles souffrent d’un mal propre à leur sexe : elles manquent, par principe, de confiance en elles. D’après elles, et surtout, d’après leurs parents, une fille réussit «grâce à son travail et à ses efforts». Alors qu’un garçon, d’après lui et et d’après ses parents, réussit «grâce à ses compétences». Sous-entendu : un mec réussit sans efforts parce qu’il est naturellement doué.

Ceci apparaît, comme je l’ai mentionné ci-dessus, dans mon IUT, où on attend implicitement des filles qu’elles fassent leurs preuves, alors qu’un garçon doit juste maintenir ses résultats. Tout ceci étant tacite mais réel.

Finalement, c’est aussi l’héritage culturel qui rend les femmes si peu sûres d’elles : on les veut effacées et dévouées, ou si elles souhaitent sortir des schémas victoriens, on leur demande bien plus qu’aux hommes pour les mêmes fonctions. On ne leur fait pas confiance, et on ne leur fait pas de cadeau. Bien qu’on se soit aperçu de leurs qualités et de leurs capacités lors de la première Guerre mondiale, quand, pendant l’absence des hommes, les fermes et les usines continuèrent à tourner …

Initiatives et solutions

Actuellement, la mode est à la « discrimination positive » : des bourses de 1000€ pour les filles qui s’orientent dans le scientifique après le bac fleurissent dans différentes académies (Ile-de-France, Moselle, …), des programmes comme Tu seras ingénieure, ma fille, des quotas féminins, officiels ou tacites, dans les grandes écoles …

Ce qu’il faut faire, c’est l’éducation des filles : les informer de ce qui existe, leur dire que c’est aussi fait pour elles et qu’elles peuvent y arriver. En fait, c’est surtout les enseignants et les parents qu’il faut éduquer, puisque ce sont eux les principaux vecteurs de cette pollution culturelle qui voudrait que les filles soient fragiles et faites pour des métiers pas trop difficiles.

Mais la discrimination positive, je n’y crois pas : elle ne fera que renforcer le malaise. Comment prendre au sérieux une condisciple qu’on sait rentrée grâce aux quotas ? Comment ne pas jalouser cette camarade entrée dans la même filière que soi, à niveau équivalent,  mais qui en plus a reçu 1000€ parce qu’elle est une fille ? Ce n’est pas en compensant un excès par un autre qu’on rétablira l’équilibre, pas plus qu’on aidera la cause des femmes en les montrant du doigt.

Les filles souffrent assez des soupçons permanents de favoritisme (« elle a couché avec le directeur », « elle a des bonnes notes parce le prof veut la sauter », …), ce n’est pas en remettant une couche qu’on arrangera les choses. C’est juste du tripatouillage statistique à court terme, histoire de gonfler artificiellement les effectifs pour faire croire que les choses changent.

Conclusion

Les choses tendent à changer, quoiqu’on soit plutôt dans une dynamique de retour en arrière, actuellement. Mais, même chez les gens dits « féministes », « ouverts » et « progressistes », les vieux schémas et les vieilles habitudes ont la vie dure. Même à moi, il m’arrive d’avoir de prime abord des réactions et/ou des raisonnements machistes, avant de me rendre compte combien j’ai été stupide et rétrograde, preuve que le problème est d’abord culturel.

Quand on cessera de donner aux filles une éducation de lavettes et de laveuses, de leur mettre entre les mains seulement des poupées et des dinettes, alors enfin on se donnera les moyens d’une véritable équité entre les sexes. Car l’égalité, je n’y crois pas. L’égalité n’existe pas, c’est une belle invention de la gauche. Ceux qui réclament l’égalité, s’ils voulaient être vraiment crédibles, devraient d’abord trouver le moyen pour une femme de pisser debout sans se pisser dessus.

Mais l’inégalité n’empêche pas l’équité, ça n’empêche pas qu’on traite tous les employés comme des employés, sans distinction entre l’employé et l’employée, et de même pour les étudiants, les citoyens, les dirigeants etc … juste le minimum vital pour ne pas briser les rêves des filles parce qu’elles ont eu le malheur de naître du « mauvais sexe ».