Monter votre home studio en partant de rien et à peu de frais

Vous êtes musicien et vous souhaitez enregistrer vos performances ? Vous n’avez pas de connaissances particulières en ingéniérie du son ? Voici de quoi débuter en partant de zéro.

[toc=’3′ title=’Sommaire’]

Objectif

Ce tutoriel a pour ambition de vous expliquer comment construire un système complet d’enregistrement audio, en proposant un exemple détaillé de configuration fonctionnelle. Cette configuration pourra être réutilisée telle quelle ou fournir une base de travail pour créer et configurer votre propre home-studio.

L’exemple abordé ici concerne l’enregistrement d’un piano droit (acoustique) dans un salon.

Repères

  • Public visé : amateurs avertis
  • Difficulté : assez difficile
  • Temps estimé : 20-30H
  • Coût : moins de 400 €
  • But de la manoeuvre : un home-studio amateur mais de bonne qualité

Attention : si vous n’êtes pas motivé et que vous n’avez pas d’affinités avec l’outil informatique, ne perdez pas votre temps, renoncez.

Cahier des charges

Nous cherchons à enregistrer un instrument acoustique, dans de la musique classique. Le son capté devra donc être précis et fidèle à l’original. Nous voulons un son stéréo (donc plusieurs points de capture du son). L’instrument est un piano droit situé dans une pièce qui possède une mauvaise acoustique, on devra donc capter le son au plus près de l’instrument pour éviter de capter l’acoustique de la salle.

Pré-requis

Nous allons travailler sous Linux, un système d’exploitation alternatif et libre, et plus particulièrement avec Ubuntu Studio 10.04 avec un noyau temps réel.

[box t= »Temps de latence » id= »grisr »]

Temps que met le son pour passer du micro aux enceintes en direct. Les professionnels exigent moins de 20 millisecondes. Avec Windows, on est bien au dessus.

[/box]

En effet, nous allons avoir besoin d’un système d’exploitation léger et capable de traiter des informations en temps réel. Windows ou Mac ne possèdent pas cette faculté nativement et présentent des temps de latence trop élevés.

De plus, dans un système d’exploitation classique, lorsque qu’une application demande du calcul, un pourcentage du processeur lui est alloué de même qu’une portion de mémoire vive, ce qui peut entraîner la mise en pause des autres applications en cours d’exécution. Lors d’un enregistrement, c’est le traitement du son qui peut être interrompu momentanément, or les micros envoient du son en permanence à l’ordinateur. On obtient alors une désynchronisation (« XRUN ») entre la source et l’enregistrement qui se traduit par une micro-coupure dans votre bande son. Ceci engendre un craquement ou un « pop » disgracieux et caractéristique.

Pour éviter cela, on utilise un système qui donne la priorité aux applications sonores. Ubuntu Studio est une distribution Linux optimisée pour la production multimédia, et en particulier la gestion temps réel du son. Il vous faudra l’installer sur votre ordinateur.

Si vous n’avez jamais installé de système d’exploitation Linux, l’opération peut être déconcertante, mais sachez que le bénéfice que vous en tirerez en terme de qualité sonore compense largement ce plongeon dans l’inconnu. Vous pouvez tout à fait garder votre Windows et installer Ubuntu Studio à côté (vous choisissez à chaque démarrage de l’ordinateur sur quel système vous voulez travailler).

Liens utiles :

Matériel

L’ordinateur

Un ordinateur de bureau, fixe ou portable, suffira amplement. Dans mon cas, un MSI Notebook de 2008 avec :

  • 4 Go de RAM,
  • Processeur Pentium Dual Core 2 Ghz,
  • Carte graphique GeForce 8200M G.

Tout ceci pour montrer qu’on peut faire quelque chose de bien sans avoir un ordinateur super puissant.

Les Micros

Note : Le Samson Gtrack n’est clairement pas le micro le plus adapté à ce que nous allons faire et devrait être remplacé, dans la plupart des cas, par un micro sur prise XLR comme le C03 (75€), qui pourra être branché sur la même carte son que les T.bones.

En effet, le Gtrack possède une interface audio (carte son) intégrée branchée sur USB, ce qui oblige à enregistrer à partir de 2 cartes sons différentes. Il y a plus simple, mais la manip est faisable. En ce qui me concerne, j’ai de bonnes raisons de l’utiliser.

Les interfaces audio

Les accessoires

Protocole

Je zappe la théorie. Nous allons utiliser le noyau temps réel de Linux, donc, mais aussi le serveur de son temps réel Jack et l’enregistreur multipiste Ardour.

Branchements

  • Mettre en place les suspensions de micro sur leur pied puis y fixer les micros (éventuellement, fixer les bonnettes).
  • Mettre en place les micros près de l’instrument :
    • les crayons dans l’ouverture du piano, à la verticale des charnières du pupitre, la tête à environ 2 cm de l’ouverture, à égale distance de la table d’harmonie et de la planche de pupitre (orientation verticale), l’un à gauche, l’autre à droite,
    • le Gtrack à 8-10 cm de l’ouverture du piano, au milieu de l’instrument, légèrement plus orienté vers les aigus (pour éviter l’effet de proximité des basses).
  • Réaliser les branchements des câbles en commençant par les micros puis en fixant les câbles aux pieds et enfin en réalisant les branchements à l’ordinateur et l’interface audio.

Note de sécurité : Veillez à ce qu’aucun câble ne soit en tension, et fixez les autant que possible afin d’éviter de vous prendre les pieds dedans. Les micros sont des appareils fragiles et sensibles aux chocs.

Logiciels

  • Lancer le démon jackd avec l’interface Qjackctl configurée avec ces paramètres :
    • temps réel : coché
    • Échantillons/période : 512
    • Échantillonnage : 48000 Hz
    • Nb de ports max : 1024
    • Période par tampon : 2
    • Résolution : 32 bits
    • décompte : 500 ms
    • retard du démarrage : 2s
    • interface : hw:0
    • audio : duplex
    • latence de 21 ms, DSP de 23 %
  • Créer les entrées audio, correspondant aux deux cartes sons utilisées, en lançant ces commandes dans un terminal :
    • alsa_in -j carte1 -d hw:1
    • alsa_in -j carte2 -d hw:2
  • Lancer Ardour :
    • créer 1 piste stéréo, 1 piste mono,
    • câbler dans Qjackctl les entrées des micros sur les pistes Ardour,
    • Ouvrir la console de mixage dans le menu Fenêtre.
  • Configuration Ardour : Dans la console de mixage, ajouter un effet « Gate » (par Steve Harris). Pour corriger le bruit, on filtre tous les sons d’amplitude inférieure à -50 dB et de fréquence en dehors de [50; 23520] Hz.
    • LF key filter : 50 Hz
    • HF key filter : maximum (23520 Hz) (au besoin, descendre à 20 000 Hz)
    • Threshold : – 50 dB
    • Attack : minimum (0,010 ms)
    • Hold : 20 ms
    • Decay : 800 ms
    • Range : -90 dB
    • Outpout : gate

À savoir : L’oreille humaine perçoit les sons entre 20 Hz (limite desinfrasons) et 20 000 Hz (limites des ultrasons).

Réglage des gains

  • Dans la console de mixage Ardour, mettre tous les gains à 0.
  • Régler tous les gains du matériel pour qu’un cluster pleine puissance au piano sorte à -3 dB sur la console de mixage. Ordres de grandeur :
    • Gtrack : gain entre 1/3 et 1/2 du gain max,
    • Alesis Multimix : gain à 1/3 du gain max (4e graduation), level peu au dessus de la 2e graduation, balance tout à gauche pour le micro gauche, tout à droite pour le droit.
    • L’utilisation des pads et coupe-bas micro inutile dans la plupart des cas (effectuée numériquement par le filtre gate).

Traitement de l’enregistrement

  • Monter numériquement les gains de chaque piste au maximum (à la limite de la saturation),
  • Équilibrer les pistes les unes par rapport aux autres via la barre (à l’oreille, suivant l’effet désiré),
  • Dans la console de mixage Ardour, ajuster les gain général pour ne jamais dépasser -0,3 dB de volume max sur l’enregistrement (gain autour de 2),
  • Éviter l’usage de la normalisation sur un instrument comme le piano car il favorise les basses au détriment de la brillance du son.

Principe généraux

  • Monter les gains matériels des entrées au maximum (sans saturer) pour augmenter le rapport signal/bruit.
  • Éventuellement, baisser les gains logiciels pour ne pas saturer les sorties.
  • Éloigner les micros de l’instrument augmente la précision sonore de l’enregistrement mais capte l’acoustique de la pièce.
  • Rapprocher les micros de l’instrument donne un son plus chaud mais moins précis.
  • L’espacement des micros crayons amplifie l’effet stéréo, il faut cependant équilibrer avec le micro large membrane pour égaliser l’amplitude des fréquences moyennes.
  • Les micros à petite membrane sont plus sensibles au bruit que ceux à large membrane (en tenir compte dans les enregistrements à faible volume).
  • Un déplacement même minime des micros (position ou orientation) peut faire varier notoirement la couleur du son.

Conclusion

Les paramètres donnés ci-dessus sont des bases de départ à adapter à votre configuration. La seule solution est de tester, encore et toujours. C’est l’expérience qui a le dernier mot.

Des questions ? Les commentaires sont là pour ça !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :