Skyfall

Skyfall, ou James Bond réinventé

Après 50 ans d’histoire de la franchise Bond, force est de constater que le dernier opus est une réussite, et que le genre a su brillament se réinventer.

Skyfall

Je suis depuis toujours un grand fan de James Bond, mais pas pour les raisons qu’on peut croire… D’abord, je fais partie des lecteurs de Ian Flemming, et j’essaye de convertir les pro comme les anti James Bond version cinéma à ses origines littéraires, beaucoup plus fines, plus psychologiques, et plus crédibles.

Ensuite, je regarde les épisodes antérieurs aux années 2000 en me bidonnant, tant les détails pas crédibles, l’excès de gadgets, la diabolisation outrancière du communiste, les supers méchants supers ridicules et les filles qui tombent trop facilement dans son lit donnent un résultat à la limite de la parodie.

Habitué donc aux Bond classiques, j’ai eu du mal avec le choix de Daniel Craig, dont les allures de brute épaisse évoquent plutôt les méchants du KGB que le Commander un rien aristocratique de la vieille Angleterre. Et pourtant…

Après 3 épisodes avec Daniel Craig, on a l’impression que ce nouveau James Bond a su trouver son rythme de croisière, dans un Bond beaucoup plus crédible, plus profond, plus complexe, plus sombre et… plus humain que ses prédecesseurs.

Il faut dire que le contexte a beaucoup changé : la Guerre froide est un lointain souvenir, qui n’évoque rien d’autre qu’un cours d’histoire pour tous ceux de ma génération. La lutte OTAN/URSS qui a fait les grandes heures de la franchise n’est donc plus au goût du jour. À ce titre, la reconversion dans l’anti-terrorisme de Bond est bien vue.

Les codes du genre ont donc été bien dépoussiérés, avec un abandon des gadgets à Q, qui étaient allés franchement trop loin auparavant, une révision de tous les aspects franchement misogynes de la série, où la femme passait quand même clairement pour une cruche sans volonté qui finirait dans le lit de James de toute façon. Avec un regret, toutefois, qui est que les derniers opus flirtent dangereusement avec le polar noir, privilégiant l’aspect « enquête » à l’aspect « infiltration/renseigement ».

Skyfall est donc une réussite, mais également un tournant. On y sent un tiraillement entre les anciennes et les nouvelles méthodes (qui est un élément clé de l’intrigue), un changement radical mais également un retour aux sources, et de nombreuses allusions (y compris sur le registre de l’auto-dérision) au passé de la série.

Les effets spéciaux du début du film sont proprement inédits et époustouflants. La bande originale d’Adele est de très bonne facture (ce qui n’a pas toujours été le cas, sur les épisodes des années 1980-90). Le film réinvestit donc les codes du genre (scènes de casino et smoking de rigueur), en usant régulièrement d’anti-clichés, mais en tombant tout de même dans quelques écueils de « comme par hasard », tout en mettant l’accent sur l’action. On notera l’absence quasi totale de scènes érotiques, se limitant à deux baisers langoureux dont on devine aisément la suite, dans des plans beaucoup plus courts et plus sobres que ce à quoi nous avait habitué 007. De plus, la musique caractéristique de tous les films se fait relativement discrète sur celui-ci, ce qui contribue peut-être à en changer l’ambiance.

Ceci dit, James Bond reste l’incarnation de l’élégance masculine à toute épreuve. De ce côté là, aucune raison de changer une recette qui fonctionne. Il conserve – mais avec d’avantage de sobriété – son côté ironique un rien fanfaron, mais l’on ne verra pas Daniel Craig, à l’image de Sean Connery, picorer quelques grains de raisin dans la coupe de fruits, avant de sortir de la chambre d’hôtel du méchant.

De nombreux changements de personnels sont à prévoir au MI6, avec l’entrée de jeunes blancs becs qui n’est pas sans provoquer des frictions avec les anciens jugés dépassés (mais encore efficaces) et surtout un retour aux sources pour 007 sur fond de plongée dans le passé gênant de M.

Bref, Skyfall est un excellent moment de cinéma que je vous recommande, et qui saura séduire un public beaucoup plus large que les épisodes antérieurs aux années 2000.

Extraits

Bande originale d’Adele, d’une rare élégance, dans la tradition des BO de James Bond, mais avec ce petit truc en plus.

Bandes annonces


Publicités

Une réflexion sur “ Skyfall, ou James Bond réinventé ”

  1. Pour l’avoir vu deux fois , je suis totalement d’accord que ce film n’est plus un cliché de l’agent secret , avec deux blondasses sous le bras et qui possède des gadgets ultra-farfelus.
    Mais , oui, cela tournerait presque au polar noir, un peu comme le dernier Batman .
    Est-ce une mode ?

    // Paragraphe supprimé par l’admin. Motif : dévoile un moment clé de l’intrigue — Désolé. //

    Enfin, je ne m’y connais pas beaucoup en James Bond, faut me pardonner mes erreurs , si je dis une bêtise , ha.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s