Valentina Lisitsa, pianiste du jour

Un nouveau genre d’article pour une belle découverte : Valentina Lisitsa, pianiste hors pair. Vous êtes sur la Gazette…

Au fil de ce blog, j’ai découvert qu’il y a dans mes lecteurs une proportion non négligeable de gens avides de découvrir la musique classique, d’enrichir leur culture et de plonger dans cet univers prétendument élitiste. Mais il n’est pas toujours évident d’aborder 5 siècles de mouvements musicaux seul(e), surtout quand on ne sait pas par où commencer.

Il y a un an, j’avais fait découvrir l’opéra à l’honorable Plume Sèche qui n’a de cesse, depuis, que d’y retourner. C’est là que je me suis rendu compte à quel point l’endroit peut être intimidant quand on n’a pas l’habitude. Donc il faut quelqu’un pour vous prendre par la main, et pousser pour vous les portes d’un monde pourtant ouvert à tous.

C’est pourquoi j’ai décidé d’écrire de temps à autres des articles où je partage mes découvertes musicales, accompagnées de notes et d’explications, parce que tant qu’à avoir fait le conservatoire, autant que ça serve.

Aujourd’hui, nous commençons par Valentina Lisitsa, grâce à Béryl qui m’en a donné l’idée.

Biographie

(source : Wikipédia)

Valentina Lisitsa est une pianiste ukrainienne née à Kiev le 11 décembre 1973, réputée notamment pour sa grande virtuosité. Elle a donné son premier récital à l’âge de 4 ans et a remporté en 1991, avec Alexei Kuznetsoff (qui deviendra son mari), le prestigieux concours pour deux pianos de la Fondation Murray Dranoff, qui a marqué le véritable début de sa renommée et de sa carrière de concertiste.

Encore peu connue des mélomanes français, elle jouit en revanche d’une notoriété importante dans de nombreux pays anglo-saxons et en Asie. Depuis le début des années 1990, elle vit aux États-Unis.

Valentina Lisitsa fait partie des pianistes Bösendorfer, marque prestigieuse de pianos, réputée pour leur timbre à la fois puissant et chaleureux.

Orgasmes musicaux

Je n’avais jamais entendu parler de cette pianiste jusqu’à une date récente, où je l’ai découverte dans les hasards des vidéos relatives de Youtube. Et là… Voilà. Je vous laisse avec la première pièce, le presto de la sonate Clair de Lune de Beethoven, dont je vous avais présenté la version de Wilhelm Kempff :

Le jeu est précis, nuancé, souple, ample, profond : la technique est ahurissante, aucune note n’est mise à côté, l’interprétation est fougueuse quand il le faut, chantée et délicate quand il le faut également… Ça frise la perfection, et c’est tout simplement magnifique. Autant dire que je l’écoute en boucle depuis à peu près 3 semaines.

Autre interprétation magnifique, dans un genre très différent, la deuxième Rhapsodie hongroise de Liszt, pianiste et compositeur du XIXe siècle, réputé pour sa technique étourdissante et ses compositions injouables. On raconte que les femmes s’évanouissaient lorsqu’elles l’entendaient jouer dans les salons.

Du même compositeur, la transcription de l’étude pour violon La Campanella, de Paganini (immense virtuose du violon de la même époque). Cette étude, dans sa version pour piano ou pour violon, est proprement injouable, sauf par les meilleurs :

Ici, il y a tout de même quelques notes mises à côté. Dommage mais si peu étonnant… Et puisqu’on y est, découvrons la version pour violon et orchestre, par Tedi Papavrami (qui la jouait déjà à l’âge de 9 ans, pour la télévision albanaise) :

Le premier qui me dit « c’est la musique de la pub X », je le tue. Ok ?

Et pour finir, un prélude issu des Études Tableaux, de Rachmaninoff, grand compositeur russe post-romantique (1873-1943) :

C’était un petit dimanche en musique. Ça vous a plu ?

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22 réflexions sur “ Valentina Lisitsa, pianiste du jour ”

  1. J’ai fait la même découverte que vous mais il y a plus longtemps. Pour moi, cette interprète dépoussière complètement la musique classique non seulement par son jeu, la fraicheur et l’enthousiasme de ses interprétations mais aussi par la façon qu’elle a prise de publier elle-même tant de vidéos dans youtube, ce qui met enfin la musique classique à la portée de tout le monde. Enfin un souffle nouveau dans le monde de la musique. Je sais par expérience que ce genre d’approche va faire bondir nombre de critiques engoncés dans la musique classique comme dans une secte. Heureusement beaucoup d’amateurs seront heureux de voir LA MUSIQUE dans toute sa simplicité et sa beauté avec les traits de cette grande interprète.

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  2. Lisitsa… Usurpatrice dans l’air du temps. Le piano, ce n’est pas jouer un nombre de note le plus vite possible, loin de là. Le sens, l’inspiration musicale n’y est pas. Le touché non plus. Elle est bien gentille, démocratise le piano et se fait idolâtrer par un publique pré pubère, mais ses performances ne tiennent pas la route. Une Campanella monocorde, des études de chopin où la moitié des notes sont mangées dans l’affolement quasi hystérique qui caractérise sont jeu… Je ne parle pas du beethoven insipide qu’elle propose…

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    1. Et bien voilà un commentaire qui me laisse sans voix !

      Je ne partage absolument pas votre avis. En tant que pianiste, je trouve justement ses performances tout à fait remarquables, de même que sa musicalité et son interprétation.

      Quant aux notes « mangées », je ne vois absolument pas à quels morceaux vous faites référence. De même, je ne sais pas d’où vous tirez que sa Campanella est monocorde.

      Question de sensibilité, j’imagine…

      Je serais ravi que vous me proposiez des versions qui vous agréent de tous ces morceaux, pour mieux cerner votre propos.

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      1. Il y a un certain nombre de personnes pour lesquelles la musique est quelque chose de confidentiel. L’une des grandes qualités de Valentina Lisitsa, en plus de son immense talent, est de mettre la musique à la portée de tous. preuve en est le nombre incalculable de connexions qui montre l’intérêt du plus grand nombre. Malheureusement, démocratiser la musique semble être un défaut pour quelques élitistes. Tant pis pour eux mais tant mieux pour la musique. Plus nombreux seront ceux qui s’intéressent à la musique, mieux ce sera

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      2. Sa campanella, bien qu’étant d’une précision remarquable est jouée de bout en bout avec la même intention, elle frappe le piano de la même façon, dans une espèce d’hystérie et, désolé, mais sans touché… Écoutez la version de rubinstein sur YouTube et vous verrez… Pour le Chopin, je vous recommande du Pogorelich et du Zimmerman. J’espère qu’après quelques écoutes, vous comprendrez mon commentaire. Lisitsa c’est peut être bien pour emmener les gens au piano, mais s’en limiter et crier au génie c’est bête. Le piano ne se limite pas à abattre des notes, il y a le touché, l’approche etc… et là, Lisitsa est assez limitée. Et pour le Beethoven écoutez seulement la Waldstein par Gilels, l’importance de l’approche y est déterminante, puis comparez avec des versions anoblies par les consciences populaires type Serkin ou Kempff et vous verrez que Lisitsa n’a rien inventé ni amélioré, bien au contraire

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  3. L’argument de la confidentialité et de l’élitisme est assez facile. Tolérer l’approximatif et vulgariser la technique sur l’hôtel de la démocratisation est le premier pas vers la médiocrité. Excusez moi d’avoir une autre attente lorsqu’on me parle d’un « immense talent », ce n’est pas une question de snobisme ni même de goût mais une simple histoire de culture. Apres si elle fait découvrir le piano, c’est tant mieux. Mais s’en formaliser, c’est bête et dangereux pour le patrimoine pianistique qui se voit menacé par l’ombre du génie factice de l’agitateur qu’est lisitsa.

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    1. Je serais très heureux, faisant partie des pré pubères qui considèrent Valentina Lisitsa comme une grande pianiste, (mais je suis aussi peu doué que possible au piano), d’écouter ceux qui la jugent aussi sévèrement, jouer les morceaux qu’elle interprètent. La critique, surtout en matière musicale est totalement subjective, pour cela il suffit de se rappeler les sévères jugements de Brahms sur Liszt, entre autre, j’en passe et des meilleurs. De tout façon, en la matière chacun reste sur ses positions, peu importe. Personnellement, je prends plaisir à écouter successivement le même morceau joué par des pianistes différents tels pour Beethoven par exemple, que Gould, Horowitz, Brendel, Kempff Wilhelm et son presque homonyme Freddy, sans oublier Gulda, la liste est longue, mais aussi bien d’autres moins connus et non moins talentueux. Même si les interprétations peuvent prêter à divers commentaires, je me garderai bien d’employer le mot de médiocrité qui n’a pas sa place dans la moindre critique constructive. Alors longue vie et succès à Valentina Lisitsa et à tous ceux qui servent la musique en la faisant connaître.

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      1. Non, je n’ai pas le niveau de lisitsa. Mais penser qu’il faille avoir un niveau au moins égale pour émettre une critique me laisse sans argument. Il ne nous reste plus qu’à adorer Beethoven, Matisse et Zidane puisque de toute façon la médiocrité de notre condition nous l’impose. C’est triste de penser ainsi.
        Bien sur, toute musique est appréciable. Mais il convient quand même de discerner les interprétions, toutes ne se valent pas. Le problème c’est que dans le monde très sélectif du piano, beaucoup de pianiste sont élevés au rang de légende à tord, les explications relèvent de la sociologie ( émergence de l’Asie, image vieillotte du classique etc… ) ainsi les yundi li, Lang Lang, Lisitsa ou Freddy Kempf, tous plus ou moins consacrés par des concours internationaux davantge publicitaires qu’artistiques, sont adulés par une population jusque là inculte et qui félicite ainsi la nouvelle profondeur de leur sens artistique. Quelle erreur. Et puis on mais ça sur le compte de la sensibilité, de la subjectivité, c’est tellement facile. Quelqu’un qui connait Kempff et apprécie malgré tout Kempf n’est peut être pas ( encore ) en mesure d’apprecier la maitrise de l’un et donc de se désoler de l’autre, simple phénomène forgé à coup de titres internationaux voulant entretenir le fantasme du nouveau Mozart…

        Pour une critique plus technique du phénomène qu’est lisitsa, je vous invite à lire ceci :
        http://lepetitconcertorialiste.blogspot.fr/2011/05/hilary-hahn-de-plus-en-plus-seule.html?m=1

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      2. Merci de votre véhémence, restons donc chacun sur nos positions, chacun a ses convictions, je ne chercherai surtout pas à vous faire changer d’avis, gardez votre point de vue, après tout puisque vous semblez persuadé avoir raison. Le monde est fait de contradictions et c’est bien ainsi.

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      3. Maintenant, pour conclure, je suis allé sur le site le « petitconcertiste » et j’ai compris.
        Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Je ne suis pas assez intelligent pour comprendre les textes de Monsieur Théo Belaud. Je suis rassuré car je suis convaincu que je ne suis pas le seul. Quant à ceux qui se prosternent devant ces « critiques » je leur souhaite bon courage. Je ne suis qu’un modeste mélomane et mon seul souci est d’apprécier ce que mon oreille me restitue et qui me donne du plaisir.
        Allez, salut, sans rancune, chacun a droit à son petit univers.

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      4. Inutile d’être hargneux. L’essentiel étant bien sur d’apprécier. Mais pourquoi se limiter au culte de quelques pianistes ultra médiatisés ? Pourquoi ne pas essayer d’aiguiser son sens afin d’apprécier pleinement les œuvres des génies de la composition plutôt que de s’arrêter sur un avis indémontable ? Ce n’est pas un crime d’aimer lisitsa et Kempf, bien au contraire c’est tout à fait louable. Cependant les citer au même nom qu’Horowitz ou Gilels c’est une preuve d’inculture sinon de mauvaise foi. Lisitsa est sans doute très méritante, il n’empêche que son talent n’est pas celui qui lui est prêté par une horde de fanatiques.

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      5. Merci pour le hargneux. Je suis désolé si mes propos vous semblent agressifs, quant à la limite du culte de quelques pianistes médiatisés, permettez-moi de sourire: Horowits et Gilels, s’il y a bien des pianistes médiatisés à une époque, ceux sont eux, ils le méritent, mais parler comme vous les faites de preuve d’inculture sinon de mauvaise foi, passons. En matière de musique surtout classique, je ne crois pas aux hordes de fanatiques ou bien je les laisse dans leur atmosphère, par contre lorsqu’on m’avance des propos, comme vous les faites de se limiter au culte de quelques pianistes ultra médiatisés, vous me faites doucement rire. Pour ma part, je suis toujours à la recherche de nouveaux talents, et heureusement il y a pléthore, ce qui est rassurant. Mais je me garde bien de salir l’un ou l’autre par des propos aussi excessifs comme celui auquel vous faites référence dans le renvoi d’un site. J’ai déjà lu des élucubrations de ce dernier, j’avoue qu’elles m’ont plus fait rire du moins pour ce que j’en ai compris, je n’ai certainement son intelligence, et ne m’ont pas fait changer d’avis dans mes choix musicaux et d’interprètes.

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  4. Ne comparons pas la puissance et l’accès des médias d’antan avec ceux d’aujourd’hui, un article dans un journal payant tiré à 3000 exemplaires et une tribune d’acces gratuit sur internet n’ont évidement pas la même répercussion. Je ne parle même pas de YouTube.
    Je comprend votre critique sur le site de mon commentaire precedent. L’auteur est sans doute virulent, mais dans le fond pour ma part je le rejoins tout à fait : Lisitsa n’est pas à la hauteur de la « reputation » qui la précède.
    Et il n’est pas question d’intelligence, simplement de culture.
    J’aime penser que l’exigence sera de rigueur dans le publique toujours plus large, et c’est tant mieux, qui s’intéresse au piano. Car dans le cas contraire, c’est toute une culture qui est en péril.

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    1. C’est très intéressant ce que vous écrivez, mais j’aimerais savoir ce que vous mettez dans le mot culture et où se trouve le péril? La musique n’a cessé d’évoluer pour toucher le maximum de monde, perdant même la notion mélodique au profit de rythme comme le rapp ou le slam, entre autre (qui sont des moyens d’expression à part entière d’ailleurs) mais le sens musical tel qu’on le décryptait, disons sans péjorativité autrefois n’a cessé de réduire son audience à la seule classe intellectuelle ou élitiste. A croire que l’inculture est synonyme de « plus grand nombre ». On trouve dans la littérature, des exemples de l’herméticité voulue par certains (prenez pour exemple l’ouvrage de Denis Laborde: de Jean-Sébastien Bach à Glenn Gould) qui illustre oh! combien, comment quelques initiés veulent littéralement confisquer la musique au profit du plus petit nombre alors que son but suprème et de rassembler au delà du langage. Lorsqu’on trouve des interprètes qui réussissent ce tour de force de communiquer par leur art, peu importe que leur interprétation ne soit pas parfaite, elle joue un rôle éducatif en sensibilisant des gens, peut-être incultes, qui autrement n’auraient pas fait la moindre approche de la musique, celle de tous les grands compositeurs. Il n’y a, fort heureusement pas que Valentina Lisitsa (pour ne parler que d’elle) dans ce sillage. Je ne veux pas ramener ma science en énumérant plus avant une liste de personnes favorisant la popularisation de la musique au lieu de la vulgariser.

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      1. Voilà précisément le problème. Qu’on attribue à Lisitsa la capacité à fédérer les gens ne me dérange pas le moins du monde. Qu’on considère cette démarche comme étant formidable et pleine de noblesse non plus, bien au contraire je partage cet avis. Mais le problème dont je parle n’est pas relatifs aux bonnes intentions de Lisitsa à l’égard du patrimoine qu’elle s’approprie assise devant son bosendorfer impérial. Il est simplement questions de la performance qu’elle propose, et non des retombées de cette performance.
        Quand j’écoute Lisitsa, je me dis que c’est une excellente « joueuse de piano », nous sommes d’accord. Quand je lis des commentaires dans lesquelles elle est élevée au rang de génie, là j’ai un problème. L’engouement qu’elle suscite, bien que bénéfique dans le sens ou elle peut être une bonne « rabatteuse » vers le piano, me semble tout à fait démesuré si on se limite à la simple et stricte performance musicale. Particulièrement dans le Beethoven qu’elle propose. Le presto agitato de la clair de lune est trop rapide. Mais ça, c’est tout à fait subjectif. Seulement, à la rapidité qui m’est personnellement difficilement appréciable s’ajoute un problème de touché. Quand le morceau se veut plus doux, moins explosifs, là où un Kempff exploite au possible la tonicité du piano avec un touché de chat, lisitsa ne fait que se « retenir », sans transition elle enchaine en refoulant son envie de marteler le piano. Le résultat est apre, adieu l’unité du mouvement il semblerait qu’elle joue un autre morceau. Sans parler de l’équilibre main droite – main gauche qui n’est pas le meilleur et prive le morceau de bien des notes passées sous silence, indiscernables. Même problème pour l’appassionata ou la redoutée hammerklavier : on apprécie la mélodie, mais ça s’arrête là chaque notes se perdent dans un foutoir très brouillon et seuls les gros traits de l’oeuvre nous sont restitués. J’aimerais l’entendre dans l’opus 111 où la finesse de l’écriture rendrait une telle interprétation inaudible. Pour ces raisons, il m’est pénible de l’écouter, surtout quand en un clic on peu déguster du Beethoven par Arrau, Kempff ou Gilels, et quand je vois les foules qu’elle soulève, je reste septique : si ces gens là « surf » sur la caisse de raisonance que bénéficie Lisitsa pour apres découvrir autre chose et s’affiner, c’est tant mieux. Mais si ses interprétations deviennent la « norme », j’ai peur : c’est tout un travail d’approche, un travail d’une finesse extraordinaire qui sublime les oeuvres les plus complexes qui se voit menacer par l’unanimité déraisonnable qui consacre le génie factice de lisitsa. Si pour reussir tout le monde se laisserait aller à la mode de jeu de Lisitsa, je n’ai plus qu’à conserver précieusement des enregistrements aussi riche qu’ils sont vieux.

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      2. Je vous remercie de l’analyse très fine que vous faites à propos du jeu de Lisitsa. Je ne dirai pas comme vous avec autant de minutie tout ce que je ressens ou pas en l’écoutant jouer (mon oreille vieillissante ne me permet pas toujours de discerner toutes les subtilités d’un jeu, surtout sur internet, même avec un bon ordinateur et une bonne sono) Je suis d’accord avec vous sur le rythme trop rapide qu’elle donne non pas au prestato agitato, mais à l’adagio de la sonate au clair de lune, comme quoi les perceptions peuvent diverger. Maintenant, pour le reste, je n’irai surtout pas vous contredire, personnellement, je me régale en ce moment en écoutant tour à tour les différentes interprétations des sonates de Beethoven que nous a laissé Friedrich Gulda et un jeune pianiste français du nom de Georges Pludemacher. Mais, contrairement à vous j’aime beaucoup la version HD de l’appassionata de Valentina Lisitsa.
        Pour le reste, je vous trouve un peu sévère en parlant de son génie factice et très pessimiste lorsque vous craignez la « normalisation » possible aux yeux du public, je suppose, du style de Valentina Lisitsa. Personnellement, plus optimiste que vous je dirai que ce qui m’intéresse est l’éveil de la curiosité musicale que peut susciter un tel personnage, après pour le reste, tout n’est que littérature. Je constate tout de même une chose qui est bien franco française: cette interprète qui, jusqu’ici ne bénéficiait d’aucun promoteur patenté est connue sur les deux continents américains, en Allemagne, en Grande Bretagne, en Italie…et considérée avec beaucoup de sérieux. Mais chez nous, les milieux autorisés musicaux la regardent avec beaucoup de mépris (quand ils en parlent) comme si elle s’appelait André Rieu. Le peu dont on parle est pour l’esquinter et la traiter comme une serpillière. ( je lis régulièrement le Pianiste, Diapazon et Classica: ils n’en ont jamais parlé, elle n’existe pas) C’est une raison supplémentaire pour que je prenne sa défense alors que mon Compositeur préféré et le plus important à mes yeux est Jean-Sébastien Bach qui est pratiquement absent de son répertoire.

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  5. Messieurs, si je puis me permettre, en tant qu’hôte, je trouve que vous vous comparez la bite pour un résultat discutable.

    Il semble qu’il y ait consensus sur Kempf, Gulda, Gould, Horowitz et Rubinstein. Je partage vos avis.

    Mais, ainsi que je l’avais noté dans un article, la version de Wilhelm Kempf du presto de la Clair de Lune est pleine de fausses notes. Il est évident que celle de Lisitsa est beaucoup plus propre à cet égard.

    Okk, vous semblez persister dans le défaut de sensibilité (pour résumer l’aspect toucher/attaque) de Lisitsa.

    Après la lecture (en diagonale, je l’avoue) de l’article suggéré sur le Petit Concertorialiste, je commence à me demander si la vraie question n’est pas « peut-on aimer Lisitsa en étant mélomane ? ». Car, en effet, cet article est très formalisateur et rebutant, même pour l’ancien élève du conservatoire que je suis. Il n’est même pas technique, non, il est juste volontairement abscons et illisible.

    Bref, est-ce que le vrai problème ne viendrait pas du fait que Lisitsa sorte des cases dans lesquelles on aime bien ranger les gens ?

    Pour avoir beaucoup écouté, un peu moins joué, et avoir ma propre interprétation de certaines de ces pièces, je persiste à trouver les versions de Lisitsa tout à fait acceptables. Virtuoses, certes (et toujours irréprochables techniquement), même s’il est vrai que la musique ne se limite pas à la technique. Ceci étant, il faut garder à l’esprit qu’un presto agitato ne se jouera pas à 120 à la noire…

    Quant à vouloir effectuer une classification des pianistes au mérite, je trouve la tâche illusoire et sans intérêt, surtout que les génies qu’on encense aujourd’hui ont souvent reçu à leur époque le même accueil controversé qu’on réserve à Lisitsa aujourd’hui. L’éternelle lutte entre les Anciens et les Modernes…

    N’oublions pas que la musique, c’est d’abord de l’émotion. Et l’émotion se ressent et se partage différemment suivant les individus, d’où différents avis tous aussi valables. Mais je soupçonne, à ce sujet, une vague de réactions à contre-courant de pur principe. Ça ne serait pas la première fois, dans le petit milieu des critiques d’art…

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    1. Pour l’interprétation de Kempff*, les notes à cotés n’ont pas grande importance… Si il suffisait de respecter les notes de la partition pour reussir… Dire que les interprétations de Lisitsa sont parfaites techniquement est selon moi erroné. Elles sont parfaites de précision, mais la technique ne se limite à la précision. Elle ne maitrise pas le piano dès lors qu’il s’agit de jouer avec la tonicité, hors avoir une grande palette de son n’est possible qu’avec une grande technique. Je suis donc dubitatif à l’égard de sa grande technique.
      Et c’est quoi les cases dans lesquelles les critiques très amateurs que nous ( je ) sommes essaient de caser les pianistes ? Personnellement je ne juge que ce que j’entends, sans avoir particulièrement d’attentes précises ( je ne me dis pas « si elle joue pas comme ça alors j’aime pas » )…
      En plus de ça, comme vous l’avez remarqué, je lui reproche, ou en tout cas je décèle un problème d’approche ( faute de cervelle, de sensibilité ou simplement subjectivité… ).

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      1. Au sujet des cases, il me semble que ce qu’on lui reproche est qu’elle « sorte de nulle part », sans mentor célèbre, diplôme connu, ou victoire au concours Chopin et consorts. Ceci implique qu’on ne sache pas trop comment la considérer de prime abord (pianiste brillante ou fumiste), ce qui autorise le tir à boulets rouge étant donné que c’est au seul auditeur de la juger, et non à des jurys de professionnels auxquels on peut faire une confiance quasi aveugle.

        En fait, vous l’aurez compris, ce qui me dérange dans cette controverse, c’est le côté snob et extrêmement violent de gens qui se revendiquent mélomanes de bon goût pour une faute, si faute il y a, bien modeste. Lisitsa n’est pas encore André Rieu…

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      2. Je ne sais si dans votre vie il vous a été donné d’approcher un piano, j’en doute fort car je trouve vos critiques parfaitement infondées et surtout injustes.
        De plus vous dites une chose et son contraire : par exemple qu’elle est d’une précision remarquable mais qu’elle ne maîtrise pas le piano !!!…
        Je ne suis donc pas du tout d’accord avec vos critiques gratuites qui illustrent parfaitement l’expression : « la critique est aisée mais l’art est difficile ».
        Je ne prétend pas être un mélomane. de surcroît, si être mélomane c’est vous ressembler alors là, je préfère être un de ces pré-pubères que vous méprisez…
        Pour tout vous avouer, après avoir vu les vidéos « YouTube » de cette virtuose, je me suis empressé d’aller acheter ses DVD alors même qu’il m’a fallu les faire venir des USA…
        Continuez à dire n’importe quoi, alors que plus de 55 millions d’internautes sont aussi pré-pubères que moi. Finalement je me demande si vous n’êtes pas l’un de ces vieux croûtons tout comme Théo Bélaud dont le snobisme ont compliqué l’accès à la musique classique.
        Essayez simplement de regarder la réalité en face.

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    2. réponse à Arle Uien.Vous avez absolument raison, d’ailleurs avec d’autres mots vous dîtes exactement la même chose que moi. Quant à me comparer la bite comme vous dîtes, vous pouvez garder cette expression pour vos copains de chambrée (je rigole) Ceci dit ce que vous exprimez est frappé au coin du bon sens, surtout à propos de l’article de l’incommensurable critique du petit concertorialiste.
      allez, salut à tous pour une autre tranche de rigolade peut-être un autre jour.

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