Fête de la Science 2011 : c’est fini !

Ma fête de la Science est terminée mais fut fort instructive. Pas forcément là où on s’y attendrait, d’ailleurs… Je vous raconte ?

[toc levels=2 title= »Sommaire »]

Ma vie passionnante

Je me suis retrouvé engagé dans la Fête de la Science 2011 dans le cadre de mon projet de DUT Mesures Physiques : l’objectif était de monter un ensemble cohérent d’expériences  autour de l’eau, de l’énergie et de l’optique, dans le but de vulgariser un maximum de notions, à destination des élèves de primaire et de collège.

Dans les faits, ce fut beaucoup de travail, beaucoup d’investissement et à la clé, on l’espère, une bonne note. J’ai donc passé 4 demi-journées dans les écoles et collèges, cette semaine, à répéter 22 fois les mêmes expériences et les mêmes explications devant 11 classes différentes. À force de radoter le jour, j’en ai rêvé la nuit…

Ceux qui me suivent ici depuis longtemps savent combien l’enseignement et la pédagogie sont des activités qui me sont chères, et je prends comme un challenge de réussir à faire passer des notions pas forcément évidentes avec simplicité. J’ai donc pu exercer mes compétences de pédagogue, avec, je l’espère, un certain succès.

Et comme je déteste les gosses, tous mes camarades ont craint que je ne les traumatise… Ils peuvent se rassurer, en fait, les gosses, tant qu’on ne me demande pas de faire de la discipline ou de leur torcher le derrière, tout va bien. J’ai même une patience angélique quand il s’agit de reformuler 4 fois les mêmes explications jusqu’à ce que mon gamin comprenne (sisi !).

Et puis, tant qu’il s’agit de causer devant la foule, je suis dans mon élément. Par contre, me faire appeler « Monsieur », au début, ça fait bizarre. Paye tes 20 ans…

Tout en étalant ma science devant les mouflets, il y a quand même quelques éléments que je n’ai pu m’empêcher de noter et que je vais m’empresser de partager avec vous. C’est la raison de cet article.

Stats

Un geek est toujours fier de ses stats :

  • 11 classes : (≈ 260 élèves)
    • un CE1/CE2
    • un CE2
    • deux CE2/CM1
    • trois CM1
    • deux CM2
    • une 4e
    • une 5e
  • 4 écoles :
    • deux primaires publiques de village
    • un primaire privé de centre ville
    • un collège privé de centre ville

Privé vs. Public

J’ai retrouvé sans aucune nostalgie des établissements privés catholiques que je croyais avoir définitivement quitté après mon bac, ceux où il y a des posters sur la vie des saints dans les couloirs, des crucifix au dessus de chaque porte, et une ambiance feutrée hors du temps, hors du monde, avec cette désagréable sensation de vase clos…

Ce que j’ai observé surtout, c’est que les élèves du privé que j’ai pu voir étaient globalement nettement moins dégourdis que leur camarades du public. Dans le primaire privé, ils étaient même carrément agités et dissipés (d’ailleurs leur institutrice BCBG full Ralph Lauren/Burberry était débordée). Globalement, les gamins du public étaient moins passifs, plus intéressés, plus attentifs. Certains m’ont même surpris par un sens physique remarquable pour leur âge.

Primaire vs. Collège

Sur ce chapitre, j’ai la vive impression que le collège abrutit les élèves en les rendant passifs et globalement inintéressés.

Au primaire, les petits s’intéressent, cherchent à comprendre, posent des questions parfois à n’en plus finir, et savent déjà plein de choses : beaucoup avaient déjà l’intuition de ce que sont les forces, la pression, … Il arrivent à anticiper le résultat des expériences et même parfois à expliquer ce qui s’est passé et pourquoi. S’ils ne parviennent pas toujours à mettre des mots sur des phénomènes, ils sentent au moins la chose. Quelques mordus avaient déjà des connaissances basiques sur les molécules et les atomes (en CM2 !).

Au collège, en revanche, si les élèves sont plus « sages », ils ne répondent pas aux questions qu’on leur pose sans avoir été vivement motivés, ils posent peu de questions et cherchent rarement à aller plus loin. Leur principal souci est de ne pas louper la récré et d’en finir vite. On a l’impression de se retrouver face à des gamins que l’école a fini par rendre passifs, consommateurs de savoir plutôt qu’acteurs de leur apprentissage, et dépourvus de toute curiosité. Quand ils cherchent à comprendre, c’est déjà bien, parce qu’ils cherchent rarement à aller plus loin. Je vais finir par croire que l’école est un inhibiteur de curiosité.

Les futurs scientifiques

Mon propos risque de paraître cruel aux yeux de certains, mais je crois qu’on peut deviner dès 8-9 ans ceux qui poursuivront des études longues et les autres qui s’arrêteront dès qu’ils pourront. Concrètement, on voit ceux qui s’intéressent et on déjà compris beaucoup de choses, ceux qui font mine de s’intéresser en voulant à tout prix recaser l’explication qu’on a donné 2 minutes avant sur l’expérience précédente (essayer d’expliquer la capillarité par la pression, ça vaut son pesant d’or), et ceux qui s’en foutent manifestement, même quand on recolle nos expériences de labo à la réalité de leur vie quotidienne.

Ce serait intéressant de suivre leur parcours dans une dizaine d’années pour voir si les pronostics se sont vérifiés, mais pour certains, c’est déjà tellement évident…

L’obésité

LE truc qui m’a choqué… Dans mes souvenirs de primaire, on avait un ou deux « gros » par classe. Leurs parents avaient souvent eux-même des problèmes d’obésité. Dans les enfants que j’ai vu, je dirais qu’il y en a, à la louche, 5 à 7 par classe de 25, et principalement des filles. Voir sur des gamins de 10 ans ce qu’on appellerait chez un quadragénaire une « panse à bière », ça fait peur. Il y a un vrai problème de santé public dans cette génération.

Moralité

À la lumière de tout cela, je puis affirmer que je ne passerai pas ma carrière dans une salle de cours. Enseigner est passionnant, et parfois gratifiant, mais il y a un monde en dehors de l’Éducation Nationale, et il n’attend que moi. Donner des cours de façon ponctuelle est quelque chose que je trouve marrant, mais passer ma vie entre un tableau noir et un bureau, je crois que ça me serait fatal. J’ai besoin d’air et de nouveauté et de challenges et de mouvement et de … cogiter pour faire progresser le progrès.

Sinon, j’ai pu vérifier que l’adage :

Quand on sait faire quelque chose on le fait, quand on ne sait pas le faire, on l’enseigne.

est un gros mensonge. En effet, à force d’expliquer le principe des vases communicants, j’ai compris que je n’avais rien compris : il y avait un paramètre qui me manquait pour que mon explication soit rigoureuse : qu’est-ce qui fait que l’eau coule ? Je sais déjà que ce n’est pas la gravité, ni la pression atmosphérique et que c’est lié à la différence de niveau. Mais comme aucun de mes profs n’a encore réussi à me l’expliquer, je me dis que je peux quand même faire carrière…

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2 réflexions sur « Fête de la Science 2011 : c’est fini ! »

  1. Bonjour Arle Uein,
    bravo pour la lettre des nouveautés!!!!!!!
    Si c’est la différence de pression atmosphérique, et aussi, la gravité qui est en cause dans les vases communicants!!!!
    A bientôt, bien affectueusement,
    Martine

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    1. Bonjour Martine !

      la « lettre des nouveautés » ? Quesaquo ?

      Sinon, j’ai un problème de principe avec la pression atmosphérique : elle dépend de la colonne de fluide qui surplombe les vases. Or pour le vase le plus haut, la colonne est plus courte, d’où, logiquement, une pression plus faible (enfin, de moins d’un hPa dans notre cas). Comment cette pression peut-elle « pousser » l’eau en bas ?

      Il y a alors le poids de l’eau. Mais à l’autre bout du tuyau, dans le vase le plus bas, il y a un fluide dont la résistance s’oppose à l’écoulement de l’eau. Donc, qu’est-ce qui fait que l’eau en hauteur peut vaincre la résistance de celle en bas ? D’autant qu’en montant, le poids diminue.

      En gros, ce qui me perturbe, c’est que les deux paramètres qui viennent à l’esprit diminuent avec l’altitude, et que l’eau coule quand même… Qu’est-ce qui fait couler l’eau ?

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