De la foi

La foi est l’échec de la raison. C’est un concept que j’abhorre. Je vous propose un court essai pour vous en exposer mes idées principales.

Le TLFI donne de la foi la définition suivante (dans le sens où je l’emploie ici) :

Adhésion ferme et entière de l’esprit à quelque chose; en partic., croyance assurée à la vérité de quelque chose. Foi politique, philosophique, religieuse. […] Croyance aux dogmes de la religion. L’objet de cette croyance.

CC La Gazette - Arle Uein

La foi est la croyance aveugle, le fait de faire sienne une certitude inventée par d’autres et qu’on essaie de faire passer pour une vérité. Car la vérité, il faudra bien s’y faire, est inaccessible aux hommes. ll n’en existe que des approches, des perceptions, des visions plus ou moins fausses, inhérentes au vécu de chacun. Mais, en parallèle à ce voile jeté définitivement sur la vérité, l’Homme ressent invariablement un besoin de réponses à ses questions, une soif d’absolu. D’où la science et la religion, qui sont deux réponses diamétralement opposées à ces besoins.

La foi peut être religieuse ou politique. Dans tous les cas, elle ne devrait pas être et a conduit au pire, puisque qu’en enfermant l’individu depuis sa prime jeunesse dans des certitudes exclues de toute remise en cause, elle court-circuite sa raison la plus élémentaire.

L’acte de foi

L’acte de foi consiste à admettre sans preuve, et à accepter l’invérifiable. En cela, il constitue le premier acte de renoncement à sa raison, à son libre-arbitre, à sa liberté, pour se placer sous une autorité divine ou humaine que l’on ne remettra pas en cause. Il est le début de la fin : le début de la tyrannie, du dogmatisme, de l’obscurantisme, du déclin intellectuel. On peut tout faire admettre, tout faire faire au nom de la foi et d’une idéologie. Mais la foi ne profite jamais à une idéologie ou à une croyance, elle profite seulement à ceux qui l’organisent, qui prônent ses « vérités ».

Croyance vs. Connaissance

Tout ce qui est invérifiable, indémontrable, est supputation et allégation. L’acte de foi est le procédé par lequel des supputations deviennent des « vérités ». Le fait même de croire est la preuve de son ignorance : là où il y a un savoir, il ne reste pas de place pour la croyance.

Ce que la science démontre, explique, en se trompant parfois lourdement, procède d’une démarche rationnelle d’analyse et de mise en évidence des liens de causalité. Ce que la science produit est du savoir, relatif à son époque, donc potentiellement faux ultérieurement, mais les chemins qu’elle emprunte et les méthodes formelles qu’elle utilise rendent chacun de ses savoirs – même erroné, donc – vérifiables et démontrables. Grâce à la science, on sait ou on ne sait pas et on sait pourquoi (en général…). La foi s’empare alors de ce qu’on ne sait pas, en choisissant arbitrairement comme vraie la réponse qui arrange ses pontes.

Foi et religion

Sur le plan religieux, la foi est la manifestation d’un besoin d’espoir, ou plutôt d’espérance, en plus de la quête d’absolu dont on a déjà parlé. L’absence de foi provoque la sensation assez angoissante d’être seul au monde, privé de la figure paternaliste d’une divinité protectrice qui veille sur nous et nous protège. Mais cela signifie également ne s’en remettre qu’à soi, seule entité dont on soit certain de l’existence, au fond, et cela signifie encore rester seul maître de ses choix, sans s’en remettre à une entité extérieure dont l’influence comme l’existence restent à prouver.

Sans compter que chaque religion, chaque secte, chaque mouvance, a ses propres certitudes, ses propres « vérités ». Comment affirmer avec certitude laquelle est la plus vraie ? On pourrait presque penser que chacun peut, dans un vaste supermarché idéologique mondial, choisir le dogme qui lui convient le mieux. Ou faire le choix de la voie médiane, le Bouddhisme, par lequel il trouvera lui-même ses propres réponses sans chercher à les asséner à ses contemporains. La voie qui me paraît la plus sage, en somme.

Ce qui me semble décrédibiliser définitivement les religions est le fait qu’elles ne soient que des empilements de constructions humaines, qui s’arrangent pour former un ensemble à peu près cohérent, sur fond de mysticisme et d’ésotérisme, en lien avec des divinités dont les chefs religieux parlent comme s’ils les avaient au téléphone chaque jour. Qui sont-ils pour prétendre savoir ce que veut tel ou tel dieu que personne n’a jamais approché ?

Foi et politique

Sur le plan politique, la foi se nomme plus communément confiance. Celle-ci est une forme de pouvoir, ou du moins le fondement du pouvoir, puisqu’on peut s’appuyer sur elle pour agir et qu’on ne confie le pouvoir qu’aux gens en qui on a confiance. En fait, ceux qui sont investis de pouvoir devraient susciter la défiance, et leur gouvernance devrait faire l’objet de la plus minutieuse attention, tant cette drogue ancestrale peut changer un homme et le détourner des ses idéaux en le confinant dans un confort et dans des privilèges auxquels on s’habitue toujours trop vite. Au fond, nombre de dictateurs sont arrivés au pouvoir acclamés comme des héros, parce qu’ils avaient su redonner espoir et confiance à leur peuple. Avec les suites qu’on connaît…

Conclusion

La conclusion de tout ceci est que la foi est une erreur, un signe de faiblesse. Chaque individu devrait exiger qu’on lui prouve et qu’on lui démontre tout plutôt que de s’en remettre au jugement d’un autre et de choisir aveuglément une réponse plutôt qu’une autre.

Tous ceux qui ont un jour tenté de me convertir m’ont dit la même chose :

« Quand tu crois, tu sais, tu le sens. Tu n’as aucun doute sur la véracité de ce que tu crois, tout devient limpide, c’est impossible que ce soit autrement. »

À ceux-là, je ferai toujours la même réponse : je ne crois que ce que je suis en mesure de démontrer. Aujourd’hui, mes seules certitudes sont mathématiques. Pour tout le reste, j’assume mon ignorance, je ne cherche pas à la camoufler derrière un stock de croyances destinées simplement à me rassurer. Je n’ai pas peur de la mort, ni de ma propre finitude. Je n’ai donc plus rien à craindre.

Et je serai le dernier à tuer ou a crever au nom d’un dieu que je n’ai jamais vu. Je suis mon propre dieu, et je me suis libéré des inventions des hommes, avec tous les inconvénients et toutes les angoisses que cela comporte. Parce que toutes les constructions humaines sont aussi imparfaites que l’Homme lui-même, je ne vois pas pourquoi je m’y donnerais corps et âme. Au fond, la foi, c’est juste le pouvoir que quelques marchands d’espoir ont acquis sur leur semblables. La foi, c’est l’échec de la raison.

Et vous, vous croyez ? Vous ne croyez pas ? Que pensez-vous de tout ceci ? Dites-le en commentaire…

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2 réflexions sur “ De la foi ”

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