Les tourmentées du clito ont encore frappé !

Après la controverse stupide sur les bodys Petit Bateau, après la campagne Osez le clito, pas fondamentalement idiote sur le fond, mais plus que discutable sur la forme, les tourmentées du clito ont encore frappé. Preuve que, dans le féminisme, le buzz prime sur l’intelligence.

L’objet du scandale, cette fois-ci, c’est le « Mademoiselle » des formulaires administratifs. Il serait une intrusion dans la vie privée des femmes, en indiquant leur statut matrimonial. Les deux arguments chocs sont l’absence de case « Damoiseau » pour les hommes non mariés, et l’abandon de l’usage de « Fräulein » en Allemagne.

J’aimerais quand même indiquer qu’en Allemand, « Fräulein », qui signifie donc « mademoiselle » (littéralement : « petite dame ») est utilisé depuis le XXe siècle d’avantage pour désigner une prostituée qu’une femme non mariée. On comprend que ce soit devenu un peu péjoratif…

D’autre part, rappelons qu’au mariage, la femme prend le nom de son mari. Le « Mlle/Mme » des formulaires, lorsqu’il n’est pas qu’une simple habitude héritée de notre culture, indique simplement que la dame en question a ou non changé de nom en cours de route.

Faut-il y voir quelque chose de dégradant ? Ou une inégalité intolérable ? La paranoïa a ses limites… D’autant plus que la loi reconnaît uniquement le « Madame », et que rien n’oblige à cocher la case « Mademoiselle ».

Au fond, le problème est moins l’étiquette qu’on colle sur la case, que la case où l’on se met/nous met/se laisse mettre (rayer les mentions inutiles). À mon avis, il y a des combats féministes infiniment plus urgents et plus rentables à long terme, comme celui de l’éducation différenciée que j’avais décris dans mon article Les filles dans les filières scientifiques.

La priorité, aujourd’hui, c’est de cesser d’inculquer aux filles, de façon plus ou moins consciente, qu’on attend d’elles d’être de gentilles petites compagnes ou épouses, puis de bonnes petites mères, froussardes et dépendantes des hommes. Ou qu’à l’inverse, on leur fasse comprendre que, pour se libérer de la tyrannie masculine, elles doivent copier tous les vices masculins, en surpassant les hommes dans ces domaines. Cela me semble beaucoup plus important et plus utile que de gloser sur une formalité administrative, qui n’est devenue péjorative que depuis qu’une suffragette lesbienne a décidé que c’était l’insupportable signe de l’asservissement de la femme par l’homme, condamnée à appartenir à son père ou à son mari.

Le vrai problème est là. Mais il ne fera pas autant de buzz, alors basta.

Je méprise ces féministes qui desservent leur cause en papillonnant autour de problèmes mineurs, en détournant l’attention de ce qui sclérose notre société par sa base. Attaquer les effets, c’est une perte de temps. Mais les causes sont bien plus délicates à abattre, alors on fait ce qu’on peut…

À quand un féminisme raisonné ?

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15 réflexions sur « Les tourmentées du clito ont encore frappé ! »

      1. Il n’y a pas d’antique tradition à ce sujet : les femmes doivent porter le nom de leur mari seulement depuis le XIXème siècle en France (qui est l’une des pires périodes de l’histoire de la Femme dans le monde), on a même constaté dans les registres de l’Église que jusqu’au XVIIIème  les noms avaient même tendance à être matrilinéaires (on avait tendance à donner à la fille le nom de sa mère ou de sa grand-mère et non de son père).

        Quant à Fräulein, bien que considéré comme péjoratif et n’étant pas féminin mais neutre, il n’a pas le sens répandu de prostituée et son usage a bien été abandonné car il était jugé discriminatoire.

        Une petite réponse aux dites féministes aussi, on ne dit pas Damoiseau pour l’équivalent masculin de Mademoiselle, mais Mondamoiseau. Bah oui, tant qu’à faire dans le ridicule autant être exact.

        De même qu’il est presque touchant de voir les raccourcis abusifs qui sont faits entre la question : « Madame ou Mademoiselle » et : « Tu as déjà baisé ou pas ? ». Qu’on se calme, ce n’est pas le débat métaphysique du siècle (mais plutôt un coup de pub), et le fait que ce soit présenté comme une lutte de premier ordre par certaines associations féministes les ridiculisent plus qu’autre chose. Même si il faut leur reconnaître une chose, dont la découverte n’est pas à leur attribuer, l’emploi de Mademoiselle ne se justifie guère dans un formulaire administratif, et le supprimer serait tout bonnement une question de bon sens.

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  1. Jouons donc à ça :
    Je méprise ces gens qui pensent maîtriser leur sujet alors qu’ils font de grossiers raccourcis.

    « À mon avis, il y a des combats féministes infiniment plus urgents et plus rentables à long terme, comme celui de l’éducation différenciée que j’avais décris dans mon article Les filles dans les filières scientifiques. »
    Ton avis, hum. Ah bah oui, parce que les féministes n’y avaient pas pensé, bien sûr, ce n’est pas du tout le genre de combat de fond qu’elles et ils mènent depuis 40 ans.

    « depuis qu’une suffragette lesbienne a décidé que »: Et tant que tu y es, n’hésites pas, les vieux clichés sont toujours les meilleurs. J’ose espérer qu’il y a un peu de second degré de ta part derrière ce recours à la bonne vieille féministe-lesbienne-hystérique, sinon c’est triste.

    En fait, il suffit juste de comprendre qu’on peut mener des actions de fond à long terme ET des actions « coup de poing » sur un sujet précis qui peut te sembler futile mais qui fait partie d’un tout cohérent, ie, scoop, le système patriarcal (attention, grand mot de féministe lesbienne des années 70, ne prends pas peur surtout). C’est d’ailleurs possible de faire les deux au sein des mêmes associations. Ce seraient donc les mêmes, «  ces féministes qui desservent leur cause en papillonnant autour de problèmes mineurs » et les autres qui s’occupent de « la priorité » ? Naan…
    Donc le féminisme raisonné existe déjà, rassure-toi, tu n’as pas besoin de l’inventer.

    Sur la forme : le buzz a une utilité certaine dans notre société il me semble, et faire connaître une asso permet aussi de recruter des militant.e.s. En utilisant les outils à disposition, Osez le féminisme et autres ont réussi en très peu de temps à redonner une certaine visibilité à un mouvement féministe plutôt silencieux (ou qui parlait à voix basse).

    Répondre au mépris par le mépris est sans doute tout sauf le meilleur moyen d’ouvrir une discussion mais cet article ne mérite guère mieux. Le survol rapide que j’avais fait de ces pages m’avait laissé présager d’une plus grande, disons, honnêteté et rigueur intellectuelle.

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  2. Ton avis, hum. Ah bah oui, parce que les féministes n’y avaient pas pensé, bien sûr, ce n’est pas du tout le genre de combat de fond qu’elles et ils mènent depuis 40 ans.

    Je n’ai pas la prétention d’avoir inventé quoi que ce soit, simplement je n’ai pas l’impression qu’on fasse quoi que ce soit au niveau de l’éducation et que les choses aient avancées d’un iota. Quand j’entends certaines camarades dire « j’ai pas envie de devenir ingénieur, je voudrais avoir le temps de m’occuper de mes gosses », j’ai envie de les baffer…Et j’ai du mal à croire qu’on soit en 2011.

    « depuis qu’une suffragette lesbienne a décidé que »

    Je croyais que le second degré était évident…

    Pour finir sur le buzz de cette campagne, créer de faux débats autour de faux problèmes ne sert qu’à décrédibiliser la cause féministe aux yeux du grand public et à passer, justement, pour des féministes-lesbiennes-hystériques. C’est aussi une dépense d’énergie inutile. Franchement, virer le Mlle, ça va changer quoi ? Vous ne tuerez pas l’hydre en coupant ses têtes une à une…

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  3. En voilà un article déprimant. Je suis heureuse qu’il y ait encore des gens tels Philae et Leïla qui savent encore analyser une affiche sans chercher à faire polémique.

    Car crois-le ou non Arleuein, mais ils ont raison! L’utilité est à revoir et la tradition n’en n’est pas vraiment une comme le soulignait Philae. En Allemagne, elle a été supprimée et sache aussi qu’en Italie, une femme utilise son nom de jeune fille pour toutes les déclarations, seuls quelques documents officiels (Carte d’identité, permis de conduire) mentionne aussi son nom de femme mariée.

    Ensuite ton second degré n’avait rien d’évident. Tu aimes tant ridiculiser ceux que tu méprises avec des termes dégradant que tu as presque fait ta marque de fabrique. Si effectivement, tu voulais ironiser et montrer qu’il s’agit d’un stéréotype vieillissant, tu aurais gagné à être un peu plus subtil.

    Je ne répèterais pas les propos très juste de Leïla sur le but de cette affiche et tes prétentions qu’en aux objectifs des féministes.

     » Quand j’entends certaines camarades dire “j’ai pas envie de devenir ingénieur, je voudrais avoir le temps de m’occuper de mes gosses”, j’ai envie de les baffer… » Tu as l’air d’être en panne d’argument car cela n’a rien à voir avec le sujet. Mais tu as toi-même dit qu’un ingénieur travaillait beaucoup et voyait rarement ses enfants se coucher. Qu’y a-t-il de mal à vouloir avoir une vie de famille? Il n’est pas question de féministe ici mais de choix, de style de vie. Je connais aussi des garçons qui abandonnent leur école d’hôtellerie pour des études plus compatibles avec une vie de famille.

    Il n’y a pas de petit combat. Je ne milite pas particulièrement contre cette fameuse case « mademoiselle » mais je serais la première à me réjouir si, d’aventure, elle venait à disparaitre.

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    1. Quand je parle de « tradition antique », à propos du changement de nom, je parle bien de l’antiquité romaine et de certaines cités grecques. Et puis, en France, la tradition ne date pas d’hier non plus…

      Mon objectif n’est pas la polémique aveugle : je m’agace qu’on monopolise l’espace médiatique avec un problème secondaire quand d’autres, plus importants, méritent qu’on leurs consacrent toute notre énergie et notre attention.

      L’exemple des filles qui ne veulent pas devenir ingénieur montre simplement que même en 2011, les filles sont toujours élevées « comme des filles » et que rien n’est gagné de ce côté là.

      La polémique du « Mlle » me semble tout simplement déplacée, et le « problème », largement exagéré. Si on supprime le « Mlle », ça changera quoi ?

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      1. Il faut éviter de justifier une tradition en invoquant « les deux pires périodes de l’histoire des femmes où celles-ci ont été traitées comme des objets » dixit ce monsieur, ça peut vraiment décrédibiliser ton propos.

        Sinon, le Mademoiselle, hormis pour la geekette que nous aimons tous, ne sert pas à grand chose dans la société actuelle, encore moins dans un formulaire où la plupart du temps, il s’agit juste de connaître le sexe d’un individu, pas sa situation maritale, qui d’ailleurs à tendance à se complexifier. Même si, encore une fois, cela est effectivement loin d’être le débat du siècle, en l’occurence juste un coup de com’ monté en neige.

        Enfin, le second degré n’avait, à mes yeux en tout cas, rien d’évident.

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      2. Oui, enfin bon, on tourne en rond…

        Le coeur de mon propos c’est :

        Mlle ou pas de Mlle, ça va changer quoi ?
        Est-ce qu’il n’y a pas plus urgent comme combat ?
        Est-ce que agiter l’opinion autour de ce problème est très intelligent compte tenu du fait qu’il est le N°xxx dans l’ordre des priorités ?

        Parce que là, vous chipotez sur des détails et sur la forme, pour le plaisir mesquin de m’allumer (vous en faites pas, je sais ce que c’est 😉 ), mais personne à part Leïla n’a commenté le fond.

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  4. Bon, ambiance dans la famille ! J’aime bien quand les frangins se tapent dessus !
    Je suis plutôt à suivre Philae sur ce coup là, et puis Leila et Plume sèche.
    Bref, Arle, inutile de compter sur moi pour te soutenir dans cette série de réponses incendiaires !
    A mon sens, c’est du buzz, point final. Ca a le mérite de faire remonter le taux d’audience, de faire parler, et ensuite de recruter, comme le dit Leila.
    OK, un buzz autour d’un sujet moins léger aurait été plus subtil, mais vous en connaissez, vous, des buzz autour de sujets profonds ?
    Ne perdons pas de temps à critiquer ces initiatives et mettons nos énergies au profit du combat légitime que mènent les lesbiennes hystériques (attention, second degré !)…
    (oui oui, je suis dans une période : j’arrête de perdre du temps à faire du vent sur la toile. Tiens, c’est joli comme expression… on dirait un bateau…)

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    1. Oh, on ne se tape pas dessus 😀 ce n’est rien, là.

      Mais on ne m’ôtera pas de l’idée qu’on brasse de l’air pour rien et qu’on monte au créneau pour des prunes. À force de donner de la voix à tort et à travers, les féministes ne seront tout simplement plus écoutées. C’est tout ce qu’elles auront gagné.

      Du reste, j’aimerais bien savoir quel engagement effectif ledit buzz va susciter dans les associations féministes et surtout s’il perdurera. Laissez-moi en douter…

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  5. Moi ce que je vois dans cette affiche, c’est une case en trop, mais TROIS.

    Je suis d’accord quon peut ajouter des techniques « buzz » ou « coup de poing »  en plus d’une action utile sur des problemes de fond, mais la le souci c’est que les premieres decredibilisent l’asso, et donc ne sert pas sa cause pour la seconde. Justement, y’a pas mieux pour passer pour des hysteriques :/

    Et ca me va aussi si on ajoute « Mondamoiseau » comme le suggere Mlle Geekette. D’ailleurs je trouve que ca en jette. Puis ca me fait rire que des feministes preferent enlever « Mademoiselle » plutot que « Madame », j’aurais plutot parie le contraire, les deuxieme etant connote mariage. Si j’etais une meuf je choisirait sans hesiter une seconde Mademoiselle, s’il fallait choisir.

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