Dehors les chiens, les infidèles

Aujourd’hui, comme promis il y a quelques jours, la critique d’un petit bouquin très frais et très divertissant de fantasy.

L’histoire de Dehors les chiens, les infidèles est, comme bien souvent, basée sur la dualité et sur la confrontation entre le Bien et le Mal, ici entre Auristelle, la ville sainte qui accueille les fidèles du Christ, et l’Occidan Noir, siège de l’Antépape et fief des adorateurs du Chaos.

Bien évidemment, au milieu de tout ça se trouve une quête : celle de l’Étoile du Matin, arme légendaire disparue lorsque Galaad et les forces de la Lumière ont été défaits, il y a de cela quatre-vingts ans, par celles des Ténèbres.

Bref, comme on vous l’avait dit, c’est de la fantasy, ça utilise donc des règles et des canons connus de tous, mais ce qui est intéressant c’est de voir ce que l’auteur en fait.

De l’action

Maïa Mazaurette ne commence pas, comme d’autre pourraient le faire en un volume complet, par nous raconter comment Spérance, Vaast, Astasie, Cyférien et Lièpre ont été recrutés et formés pour devenir des quêteurs, à savoir des adolescents envoyés tous les cinq ans par Auristelle pour tenter de retrouver l’Étoile du Matin dans l’espoir que se lève à nouveau un soleil que personne n’a pu contempler depuis la défaite de Galaad.

Non, des les premières pages, elle les mets en scène dans l’un des moments clefs de la Quête, ponctuant de temps en temps son récit de quelques détails permettant de comprendre comment ils y sont arrivés , leur univers et de faire un peu plus ample connaissance avec les personnages. Des informations données par petites touches qui permettent d’éviter les temps mort et de susciter l’intérêt du lecteur.

Du rythme

L’histoire, nous l’avons vu, ne révolutionne pas le genre auquel elle appartient, mais la manière dont évolue l’intrigue est tout à fait remarquable. Pas de longueurs, mais des pauses aux bons endroits, pas de rebondissements abracadabrantesques, mais des légères modifications de trajectoires en tuilage qui semblent survenir précisément là où il le faut… Pour faire simple, c’est un sans faute, et le rythme avec lequel est mené l’intrigue vaut à lui seul le détour.

De plus la narration passe des yeux de l’un des personnages principaux à ceux d’un autre, renforçant encore la dynamique de l’ensemble.

« Mon précieux ! »

La manière dont l’auteur traite la quête, sans être totalement nouvelle, est également agréable puisque toute la tension dramatique du livre ne réside pas que sur la recherche de l’Étoile du Matin, et que le pouvoir de celle-ci est plusieurs fois remis en question, permettant en tant que lecteur d’envisager de manière crédible la possibilité d’une fin qui ne soit pas, pour reprendre Shakespeare, un « all is well, that ends well » (je vais y revenir d’ici quelques lignes).

Les croyants et les hérétiques

Les Ténèbres et la Lumière sont donc de prime abord l’un des ressorts du livre, néanmoins, Maïa Mazaurette sait s’éloigner de ces archétypes pour ne finalement plus nous parler que d’Hommes. D’une part aucune des deux forces en présence n’est constituée d’autre choses que d’êtres humains. Chez les uns comme chez les autres les stygmates de la nuit éternelle : certains sont nés hybrides mi-Hommes mi-animaux.

Et aucun des deux camps n’est catalogué gentil/méchant, ils sont tous terriblement humains et servent deux causes différentes, qui ne sont elles-même ni blanches ni noires.

Aussi, si la Quête échoue, le monde ne sera pas détruit, il restera comme il est depuis quatre-vingts ans, peuplé par les Hommes et dans une nuit éternelle. Ceci un véritable suspens quant à l’issue du livre puisqu’il la réussite tout comme l’échec de la Quête ont un intérêt scénaristique. Habituellement, on voit mal pourquoi l’auteur déciderait de livrer son univers à la destruction pure et simple promise par le Chaos.

Les personnages

Eux-aussi sont loin d’être montrés sous un aspect manichéen et la profondeur de leur personnalité ainsi que la manière dont on les apprend à les connaître sont loin d’être désagréables. Eux même se découvrent, découvrent la réalité du monde dans lequel ils vivent et surtout ont également leurs intérêts personnels à servir. Ajoutez à cela la raison d’État, les intérêts des puissants et de l’Église, et vous comprendrez que même les héros en viennent à douter de la cause qu’ils servent et de ce que sont le Bien et le Mal.

En conclusion

Maïa Mazaurette nous offre 400 pages d’une plume agréable et alerte, certes sans innovations majeures, en utilisant cependant de bons ingrédients dans une recette simple, mais qui fonctionne. On se laisse porter donc par son livre, on passe un bon moment, alors, que demander de plus ?

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Une réflexion sur “ Dehors les chiens, les infidèles ”

  1. Bon, finalement pas grand chose à y redire, ça reste original même si on retrouve les règles habituelles. je suis juste resté un peu déçu par la fin, qui manque un peu de l’inspiration explosive de Maïa Mazaurette, mais c’est un avis personnel!

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