Que lire cet été ?

Closer mis à part, la presse semble toujours fourmiller d’idées pour nous dire quel ouvrage acheter (qu’on peut éventuellement lire ensuite) en cette période.

Qui dit période de vacances dit cruel vide d’informations à étaler dans la presse et signifie par conséquent l’apparition, dans tout ce qui est susceptible de se vendre en kiosque, des cahiers « spécial plage », des longues pages de sudoku, des irréductibles conseils régimes ou encore des pages sexo qui disent sensiblement la même chose que celles des années passées. On n’oubliera pas de citer à cette longue liste de publications, où seuls ceux chargés de la mise en page ont véritablement bossé, les indispensables sélections de livres aux couleurs des vacances.

« Sélection été »

On y trouve pléthore de bouquins dont la critique est faite de la manière la moins nuancée et la plus impersonnelle du monde et nous vante avec le même enthousiasme Guillaume Musso, le dernier Fred Vargas (immense valeur refuge puisqu’ils sont tous bons), ou, comme pour ne pas oublier que nous sommes dans les pages dites « Cultures », l’édition de poche des Raisins de la Colère. Bref mes amis les plumitifs y font passer tout ce qui est en tête des ventes Fnac.

Lisez des pavés !

Mais pourquoi Diable s’ennuyer, sur la plage (ou en Antarctique d’ailleurs, mais les lieux communs veulent que l’on passe invariablement ses vacances à la plage), à lire de mauvais polars à la fin catapultée seulement présente pour justifier de la mention « nouveau maître du thriller » qui accompagne le nom de l’auteur ?

Lorsque vous en avez le temps, lisez donc de la littérature qui contribuera à votre élévation spirituelle ! Profitez-en pour dévorer tous ces immenses auteurs que vous vous êtes un jour promis de lire, pour vérifier si Proust est chiant à mourir ou bien tout simplement génial ou encore pour enfin savoir ce que Descartes dit de beau dans son Discours de la Méthode.

D’une manière générale, lisez tout ce que vous n’avez matériellement pas le temps de lire en période de travail, ou dans lequel vous ne pouvez physiquement pas vous plonger à 23h, après une journée éprouvante.

Des œuvres qui font peur…

Il suffit, au hasard d’une conversation, d’aborder le fait que l’on soit en pleine lecture de la Critique de la raison pure, pour voir immédiatement une moue dégoûtée ou alors une expression empreinte de pitié et de compassion apparaître sur le visage de son interlocuteur. Le seul nom de certaines œuvres suffit à révulser certains, qui au demeurant ne les ont pas lues.

L’étude d’ouvrages, souvent rébarbative, au cours de la scolarité et l’a priori dont sont victimes les grands noms de la littérature ne sont pas étrangers à ces réactions, mais, comme il est de bon ton dans certains milieux de parader en recrachant l’analyse de Télérama sur le dernier Michel Houellebecq (que l’on a acheté mais jamais ouvert), il est parfois tout aussi nécessaire pour son image de montrer du dégoût à l’égard des grandes œuvres.

L’art de laisser son jugement aux autres

Je préférerais cent fois voir quelqu’un faire une critique hargneuse d’un livre qu’il a lu plutôt qu’il le range d’emblée dans la catégorie de ceux qui lui sont inaccessibles. Mais il existe une sorte d’autocensure qui pousse nombre de gens à se dire qu’ils ne seront jamais capable de lire une cathédrale de la littérature, quand ils ne s’arrêtent pas à un simple « Ça doit être chiant ».

Je l’accorde beaucoup des classiques ne provoquent pas des crises de rire inextinguibles, mais tous ne provoquent pas non plus la neurasthénie ni la mort cérébrale chez le lecteur. De toute façon, la seule façon de s’en faire une idée est d’ouvrir le bouquin, quitte à le refermer quelques pages plus loin.

Dans tous les cas, on en ressort moins con, et rien ne nous interdit d’aller voir ensuite la plus grasse des comédies américaines.

Pour ceux qui sont encore au bureau :

(Ou pour ceux qui vont y retourner au mois d’août, ou encore pour ceux qui auront un jour la chance d’y retourner, c’est selon.)

Vous avez tout un tas de bouquins sympa dans la sélection de la Gazette, dont un qui la rejoindra bientôt : Dehors les chiens, les infidèles .

(Je sais, finir un billet pseudo-coup-d’gueule-intello par de la pub et du teasing, c’est mal)

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9 réflexions sur “ Que lire cet été ? ”

    1. En réalité les conventions font pire que nous imposer la plage, elles nous donnent le choix entre plage et montagne. Moi je vais en Irlande, ou mieux en Laponie, là où les montagnes se jettent dans la mer, où les touristes ne s’échouent pas sur les bancs de sables et (pour la deuxième option), où il y a une putain de couverture réseau et wifi 😀

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  1. Ceci dit il y a aussi les bobos qui achètent des classiques pour les avoir dans leur bibliothèque, les lisent en diagonale pour les avoir lus, et viennent ensuite ébahir leur monde avec leur liste de citations sans esprit.

    Finalement, entre s’autocensurer et lire pour pérorer, je ne sais pas ce qui est pire…

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  2. C’est mal de faire de la pub d’un bouquin qui, s’il est certes au dessus de la moyenne, reste décevant comparé à d’autres livres du même auteur (ou de la même auteurE?)

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    1. Que l’on me pardonne et que l’on n’y voit aucun sexisme, mais je ne peux pas supporter l’orthographe auteurE.
      Sinon, le livre n’est peut-être pas un chef d’oeuvre, mais il gagne à être connu, et tu me diras ce que tu penses de sa critique.
      Enfin, puisque tu parles de Rien ne nous survivra, sa critique a été faite ici même !

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  3. Je m’y suis laissée prendre il n’y a pas si longtemps. En surfant sur la toile je suis tombée sur un article comme ça. J’étais contente de trouver des idées de lecture. Mais évidemment j’ai été très vite déçue puisque on y trouvait du G. Musso mais aussi du B. Levy… Ceci étant dit je n’aime pas ces auteurs mais je ne les ai jamais lus. Je me suis promis d’en lire un pour pouvoir en juger. Qui sait ! …
    [au fait : il y a des gens qui lisent un livre durant l’été et qui adorent lire !]

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    1. J’avais lu « Et si c’était vrai », le premier Lévy. Si l’histoire est tout à fait intéressante, et plutôt bien menée, je dois dire que ce mec ne sait pas écrire. Ça, la ménagère de moins de cinquante ans, elle n’a aucun problème pour comprendre le texte, c’est sûr. Mais qu’on n’ose pas appeler ça de la littérature.

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