Ces profs qui n’en ont rien à foutre

Un rien de vulgarité dans le titre pour pousser un bon coup de gueule : marre des donneurs de leçons qui feraient bien d’utiliser un miroir !
CC Flickr - Proctor Archives

Il existe toute une frange du corps enseignant qui exerce son métier comme on ferait du secrétariat : sans motivation, sans ambition, sans remise en cause, et surtout sans se poser de questions. Leur seul but est de justifier leur paye, en faisant le minimum, pour repartir le plus vite possible, chez eux ou dans leur labo de recherches, pour ceux d’entre eux qui sont aussi chercheurs.

Jusque là, je ne vous apprends rien. Chacun de mes lecteurs est forcément tombé, au cours de sa scolarité ou de ses études, sur un mauvais sujet répondant à cette description. Mais j’ai récemment vu des choses qui dépassent les bornes. Comment peut-on continuer à financer de tels fonctionnaires ? Les profs du supérieur sont-ils évalués un jour ou l’autre, ou bien on estime que leur carrière est faite une fois leur doctorat en poche ?

Foutons-nous de nos étudiants, leur avenir ne nous appartient pas !

Les pires profs sont ceux qui font de l’enseignement parce que ça fait partie du package « recherche », et qu’ils n’ont pas vraiment le choix. On les reconnaît facilement grâce à ces signes distinctifs :

  • leurs cours sont chiants, longs, mal structurés, beaucoup trop théoriques,
  • il arrivent en retard à leurs propres cours, et repartent souvent en avance,
  • il règne dans leurs cours un brouhaha incessant, qui ne les dérange pas outre mesure,
  • leurs travaux dirigés (séances d’exercices) sont en fait des séance de recopiage de corrigés,
  • leurs examens sont presque toujours des hécatombes, à moins d’un trafic de notes à grands coup d’Excel,
  • ils ne font pas d’examens de contrôle continu quand c’est obligatoire (pas moyen, donc, de limiter la casse éventuelle lors de l’examen final),
  • ils ne s’impliquent jamais dans la vie de leur établissement (par exemple, on ne les voit pas lors des représentations de la troupe de théâtre ou lors des petites manifestations informelles qui rythment la vie de l’établissement et participent à la bonne ambiance générale, …).

… et comment ça se traduit en pratique

Les conséquences de tout ça sont diverses. La première est que des promotions entières restent dubitatives devant leurs cours, sans vraiment les comprendre. La seconde est que tout le monde se plante et que personne ne trouve ça bizarre.

J’ai vu une promo d’IUT de 70 personnes, composée de gens ayant tous leur bac, certains avec mention, dont 1/8 d’anciens élèves de classes préparatoires (dont moi), se planter lamentablement à un partiel d’optique : moyenne à 5-6/20, 1 seule note au dessus de 10/20. Personne n’a tiqué, dans l’équipe enseignante, et certains profs sont même venus demander aux élèves ce qui s’était passé.

Mon explication est la suivante : si 50% d’une promo se plante, dans une filière sélective, on peut à la rigueur se dire que ce sont des branleurs qui n’ont pas révisé. Mais quand l’hécatombe touche 99% d’une promo, soit on a admis 99% de crétins diplômés, soit le problème vient de l’enseignant. Parce qu’à mon humble avis, 99% de cons et/ou de feignants sur 70 personnes, ça mérite une citation dans le livre des records.

Je suis révolté que personne ne bronche, révolté que tout le monde trouve ça normal, et plus encore, révolté que ce prof n’ait pas fait d’examen de rattrapage. Le sujet de cet examen était à peu de choses près du même niveau que ce que je faisais en prépa, mais avec une préparation qui a été celle d’un IUT. De plus, renseignements pris, ce professeur obtient à peu près les mêmes résultats tous les ans, et PERSONNE ne s’étonne !!! Et on vient encore demander aux étudiants ce qui s’est passé, sans réaliser que 69 personnes ne peuvent pas toutes se planter sur le même sujet, s’il est dans le cadre de ce pour quoi on a été préparé.

Les boulets qu’on traîne

Le discours officiel est donc à l’étonnement, mais en privé, certains profs laissent tomber le masque. J’en ai entendu certains dire de leurs collègues (ceux jugés mauvais d’après mes critères : bizarrement, on tombe d’accord) qu’ils ne restaient en place que parce qu’il fallait leur donner des heures d’enseignement pour remplir leurs quota.

J’ai vu un prof corriger un examen de mécanique (70 copies) en 28 heures. On m’explique comment c’est possible, autrement qu’à coup de dés ?

J’en ai même vu faire des cours de remise à niveau pour remédier à l’incompétence de leurs collègues. Il s’agit en particulier d’un prof d’informatique (programmation) qui a pris en cours les étudiants d’un autre prof, avant l’examen, pour limiter la casse.

Ces boulets, leurs étudiants savent qu’ils sont nuls, et leurs pairs les jugent comme tels, mais ils conservent leur poste jusqu’à la retraite sans que jamais personne ne leur demande de comptes. Parce que évidemment, ils ne se remettront jamais en cause. Voilà, c’est ça l’Université, et c’est ça la France.

Vous allez me demander pourquoi je ne l’ai pas ouverte auprès de l’administration. Et vous aurez raison. Alors ma réponse est la suivante : on n’en est plus à dire que certains points sont obscurs, ou que certaines choses ne sont pas comprises dans un cours donné. Là, la réalité, c’est que le cours est bon à jeter aux orties et que le prof doit tout simplement apprendre son métier.

Mais quelle est votre légitimité, du haut de votre deuxième bac+1, pour juger du travail d’un docteur d’État ? Et pourtant, après avoir été au lycée puis en prépa, côtoyé les meilleurs comme les pires enseignants, je sais quand même faire la différence entre un cours clair, compréhensible, cohérent, logique et intéressant, et un autre abscons, abstrait, et torché. Mais aller voir le prof concerné pour lui dire qu’il est nul et qu’il ne sait pas faire un cours, comment dire ?…

Conclusion

Alors on fait comment, quand on n’est pas écouté, quand ces bougres de cons n’auront même pas la présence d’esprit de se demander pourquoi, tous les ans, leurs examens sont des boucheries, en allant plus loin dans l’analyse que les traditionnels « le niveau baisse » ?

Le niveau baisse peut-être, d’année en année, mais ça m’étonnerait beaucoup que ce soit parce que les étudiants sont de plus en plus cons. Auquel cas on se bouge le cul, quand on a les diplômes et le crédit nécessaire, pour faire avancer les choses.

La morale de l’histoire, c’est que les notes seront trafiquées pour remonter la moyenne à 10/20, et qu’on obtiendra tous des diplômes de semi-complaisance. Voilà.

Sur ce, mes chers compatriotes, vive la République, et vive la France ! vive la République bananière, et vive la Principauté de Sarkozy !

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7 réflexions sur « Ces profs qui n’en ont rien à foutre »

  1. J’ai eu une prof de physique comme ça en prépa à avignon. Personne ne comprenait rien à ces cours, qui étaient fait à base de polycopiés écrit comme des torchons. ils ont éssayé de la virer plusieurs fois mais sans succés vu qu’elle avait un appuie haut placé dans l’administration. Cette personne avait un très haut niveau (elle avait fait normalsup) mais cela ne l’a pas empéché de ruiner des générations d’élèves!

    par décence je ne marquerais pas son nom ici

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  2. Bon, je vais (encore) apporter une petite note de modération. (Je crois que c’est mon thème du jour).
    Oui, il y a une frange de profs nuls qui ne devraient plus jamais se retrouver devant des élèves, pour quelque raison que ce soit (inaptitude à se mettre au niveau des élèves, démotivation profonde, alcoolisme, dépression,…).
    Je pose maintenant une question : si je me destinais à devenir chercheur, serait-ce pour faire de l’enseignement ? Non.
    Et si notre cher gouvernement arrêtait de bousiller notre système d’éducation ?
    Et si on ne voyait plus l’enseignement comme un coût mais comme un investissement sur le futur ?
    Et si l’unité de temps n’était plus celui de la prochaine échéance électorale ?
    OK, hors sujet…
    Désolé, je m’emballe !

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    1. Peu importe que les chercheurs aient envie ou non d’enseigner, ça c’est un autre débat. Quand on est (grassement) payé pour un job, quand on a en face de soi des étudiants qui préparent leur avenir, sur fond de marasme économique, chômage, et angoisse du futur, la moindre des choses, c’est de faire son job le mieux possible. Non ?

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    2. Non, je ne crois pas que ce soit un autre débat, je crois que c’est lié : le terme « grassement » payé me semble un peu rapide…
      Quand on veut être « grassement » payé en France, on quitte le CNRS pour aller dans de grosses boîtes privées.
      Quand, au contraire, financièrement on galère un peu, eh bien… on donne des cours à la fac…

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  3. Ok, ne te laisse pas abuser par des chiffres bruts.
    Beaucoup de gens oublient que :
    – une heure de cours nécessite au moins 2h de préparation (et bien plus dans certains cas)
    – une heure de TD ou TP : n’y a-t-il pas des corrections en plus des préparations ?
    Bref, je pense que tu peux ramener le taux horaire à la moitié, voire au tiers.
    Bien moins impressionnant.
    D’autant que, par semaine, un prof n’est pas payé 35h x 60 €.
    ps : je ne suis pas prof !

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    1. Je ne suis pas d’accord avec toi. Une heure de cours c’est certes au moins 2h de préparation en début de carrière. Mais le théorème de Fourier, et les séries de Riemann ne changent pas tous les ans. Pas besoin de refaire son cours chaque année.

      Il n’y pas de correction sur des TD. J’irais même jusqu’à dire qu’il n’y a pas de préparation non plus (oui, je suis mauvaise langue). Ok pour les TP.

      Les enseignants-chercheurs touchent en plus leur paye de chercheur (de 2200€ à 6000€ bruts) + prime de recherches. (source)

      À noter que les intervenants extérieurs donnant des cours dans le supérieur sont payés encore plus (mais je n’ai pas les chiffres).

      Enfin, mes profs se pointent à l’IUT en Audi ou en BMW, alors je vais te dire, ça sent pas vraiment la misère…

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