Quand on n’a rien à dire

CC Flickr – Nicolas Genin

Parfois le blogueur, aussi noté bloggeur, se trouve sec et vide, devant la page blanche où s’étale un article en gestation, c’est-à-dire pas encore écrit. On a donc une page blanche deux fois vide, puisque non seulement il n’y a rien dessus, mais en plus on ne sait même pas quoi y mettre. C’est plus grave que la page où il n’y a rien d’écrit pour l’instant, mais où notre insatiable graphomanie va faire des merveilles qui finiront en première page de Google.

Avoir un blog suppose de le faire vivre, si possible en racontant autre chose que de la merde, et de préférence en communiquant un vrai contenu, à l’inverse de la tendance qui voudrait qu’on se serve du web pour déballer des platitudes sans le moindre intérêt. Non, quand on a des exigences, et de l’ambition, comme moi, il convient de créer de contenu fiable, de qualité, et si possible, de référence.

Pour cela, la communication ayant ses règles, il vaut mieux cibler un sujet, un sujet intéressant, c’est mieux, et s’en tenir à des phrases courtes, simples, directes et efficaces, pour éviter de perdre son innocent et bienveillant lecteur, qui n’a rien demandé d’autre qu’une page cohérente avec sa recherche, dans les méandres sinueux et souvent bourbeux de votre pensée, parce que, après tout, même si vous vous comprenez dans votre incorrigible propension à l’abscons, le principe de la communication est quand même que les autres vous comprennent aussi. C’est pourquoi il est important de se rendre accessible.

Pour remplir une page blanche, quand vous êtes vraiment sec, plusieurs options s’offrent à vous :  soit partir dans des délires sans queue ni tête, que seuls les plus hype de vos lecteurs sauront apprécier (par exemple, disserter sur l’odeur des pets de mouche, ou pire : raconter votre vie), soit digresser vaguement, en une longue mise en abîme filée, sur les difficultés de la rédaction.

Mais là encore, seuls les autres blogueurs comprendront ce que vous voulez dire. Dans un cas comme dans l’autre, si vous tenez vraiment à remplir cette foutue page blanche, il vous faudra perdre l’essentiel de vos lecteurs, pour écrire quelque chose d’infiniment aristocratique, que seuls les meilleurs comprendront, et que seuls les plus malins auront l’intelligence de ne pas lire jusqu’au bout. Google, c’est par là →.

Pour illustrer un tel article, vous pourrez mettre n’importe quelle photo, personne ne vous en voudra. Le mieux étant un arbre qui cacherait une forêt, là c’est une mise en abîme au 3ème degré : du grand art, le summum de la masturbation (encé)phal(l)ique, du pur onanisme intellectuel.

Vous pourrez aussi mettre une femme peu habillée prenant une pose lascive, c’est toujours vendeur, ou mieux : vous abstenir de toute illustration, puisque de toute façon, votre article ne sera jamais lu que par vos deux ou trois fans acharnés, qui visitent votre blog trois fois par jour à l’affût de la moindre nouveauté, et qui vous suivraient en enfer pourvu que vous leur chiiez leur quota journalier de phrases malhonnêtes, ironiques, iniques et sardoniques, rayer les mentions inutiles (celui qui raye tout l’article, je lui pète les dents).

Quand vous serez passé maître en langue de bois, sodomie violente de mouches (la levrette, ça marche aussi), et en circonlocutions et périphrases alambiquées, constellées de mots savants pour vous faire passer pour une autorité (sisi, le mec qui jargonne sait ce qu’il dit, lui), si vous avez un peu de chance et quelques connaissances bien placées (non, je ne parle pas de sexe), vous aurez peut-être l’opportunité de finir prof à Sciences Po, ou à l’ENA, où, comme disait mon prof d’histoire de terminale, « on prend des gens qui savent écrire pour leur apprendre à parler ». Comme quoi, ça vaut le coup de s’entraîner à parler pour ne rien dire, mais avec finesse s’il vous plaît, pas comme Ségolène Royal : on est entre gens de bonne compagnie nom de Dieu !

Sinon, quand vous n’avez rien à dire, vous taire ça peut être cool aussi.

[box id= »info »]Cet article s’inscrit dans le cadre d’un concours avec Mr.Ol qui avait pour but d’écrire le texte le plus délirant, sans idées ni sujet de base. Je crois qu’il a gagné…[/box]

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