Les têtes préfèrent la finance à l’ingéniérie

Les bacheliers brillants préfèrent s’orienter dans la finance plutôt que dans l’ingéniérie. Les raisons de ce désamour sont diverses, mais c’est principalement une affaire de salaire.
CC Flickr – roger.blum

Je vous invite à écouter l’interview d’Yves de Chaisemartin, PDG d’Altran, leader européen de l’ingéniérie sur France Info, ce matin :

De même, je vous recommande chaudement la lecture de l’article Entre usine et salle des marchés, le blues d’un futur ingénieur sur le site Éco89.

En bref

Éco89 et France Info ont dit l’essentiel : les diplômés du bac qui pourraient entamer des carrières d’ingénieur préfèrent les études de commerce et la finance. En effet, celles-ci sont moins arides sur le plan scientifique (moins de maths) et promettent des carrières beaucoup plus lucratives. Même parmi les ingénieurs généralistes, un grand nombre s’oriente vers la finance plutôt que vers l’industrie, puisque leur formation inclue souvent management, finance et banque{{1}} [[1]]cf les filières Stratégie et Finance ou Maths appliquées de Centrale Paris[[1]].

Le problème

Je suis à peu près nul en économie parce que ce n’est pas mon centre d’intérêt principal et surtout parce qu’on n’a jamais jugé utile d’en donner au moins des bases aux scientifiques de mon espèce.

Cependant, ça n’empêche pas quelques remarques de bons sens après un tête à tête avec une encyclopédie. Le principe de base de la finance, c’est d’utiliser le capital existant pour produire un maximum d’argent, par la spéculation, les investissements et certaines opérations complexes (options et autres).

Tant qu’on investit dans les entreprises, en leur donnant les moyens de produire et de se développer, tout va bien. Mais de plus en plus, on consacre de la main d’œuvre, donc de l’énergie, à créer de la spéculation, à faire de l’argent avec de l’argent plutôt qu’à créer de l’innovation et de la richesse (car c’est bien là le but de l’industrie). On engendre un déséquilibre structurel dans notre modèle économique.

En effet, on ne peut pas baser toute une économie sur des manipulation arithmétiques de valeurs et de produits virtuels sans créer une bulle qui va gonfler, gonfler… mais éclater un jour où l’autre{{2}}[[2]]cf l’éclatement de la bulle immobilière en 2007 qui, par un effet avalanche, à provoqué la crise en 2008 et jusqu’à aujourd’hui[[2]]. L’argent produit par la spéculation n’est pas convertible en matériel et n’a pas de réalité physique. Il y a un moment où il faut bien produire du concret, en dehors des salles de marchés, c’est à dire produire des marchandises.

Et produire des marchandises, ça demande plus que des cerveaux et quelques ordinateurs : il faut gérer l’outil de production, les matériaux, les fournisseurs, la demande, la main d’oeuvre, les circuits de distribution, la publicité… alors forcément le rapport bénéfices/investissements est un peu moins bon et les salaires s’en ressentent.

Mais l’un dans l’autre, entre faire progresser le progrès en prélevant sa juste récompense ou générer des sommes folles et s’en mettre plein les poches en servant au passage des actionnaires déjà pleins aux as, c’est quoi le plus intéressant ?

Quand l’homme blanc aura abattu le dernier arbre, pêché le dernier poisson et tué le dernier animal, il comprendra que son argent ne se mange pas — Proverbe indien.

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