« Scandale Woerth » : et si on se calmait ? …

Il se passe en ce moment des choses que je ne saurais approuver. Mais peut-être pas celles que vous attendez …
CC Flickr - Ministère du Travail

Alors que le mondial de foot s’est soldé par la débandade que l’on sait, alors que le bon peuple est à la plage, alors que le Parlement vote en arrière plan les lois impopulaires, et que les ministres décrètent tout ce qui aurait provoqué des émeutes en temps normal, les média devraient pleurer leur chômage technique.

Nos amis les journaleux

Mais ce serait  sans compter la ressource des journalistes … Quitte à transformer le Monde en Voici et le Figaro en Gala. En ce moment, leur fonds de commerce s’appelle Woerth, monsieur et madame, têtes de turcs à la mode, boucs émissaires consacrés sur l’autel de la pensée inique en robe de chambre.

Le bon peuple suit d’un air matois les jounalistes, toujours un peu fouille-merde par essence, qui s’acharnent, en bons directeurs de pensée qu’ils voudraient être, sur le ministre, sa femme et le p’tit prince, qui sont venus chez tante Liliane pour lui serrer la pince (et la bourse), mais comme elle était partie, … ils sont repartis avec la bourse.

Dudit crime

Alors d’accord, ce qu’ils ont fait (ou pas) n’était pas joli joli. Mais enfin, taper dans la caisse d’une vieillarde cacochyme suffisamment gaga pour ne pas s’en rendre compte, c’est bien là la moindre des choses.

Et pis c’est pas très malin non plus de choisir comme « victime » la copine de mini président qui, comme toutes les copines du farfadet présidentiel, est riche, mais d’après zébulon « ce n’est pas une tare ». Quoiqu’affirmer le contraire reviendrait à avouer clairement qu’il est taré, et, pour aussi vrai que cela soit, ça n’en est que plus inavouable.

Mais franchement, étant donné le nombre de pelés qui ont l’occasion de côtoyer et de plumer de telles fortunes, avouez franchement qu’ils auraient eu tort de se priver ! Mémé Bettencourt, elle n’aura jamais assez de vies pour dépenser tout son poignon, surtout maintenant qu’elle n’a plus que sa maison de retraite 5 étoiles à payer. Alors un peu plus ou un peu moins, quand on pèse plus de 16 milliards d’euros …

Et la morale, dans tout ça …

Cependant, comme me disait l’autre jour ma chère grand-mère, « ils ne montrent pas l’exemple ». Ces propos me remplissent d’espérance car ils démontrent qu’on peut vivre 69 ans dans un monde pourri jusqu’à l’os sans rien perdre de sa naïveté et de sa candeur natives. Mais honnêtement, je n’ai toujours pas trouvé le contrat où il est stipulé que les gens célèbres, riches et influents devaient être des exemples de probité. Ou peut-être me fouvoyé-je, et peut-être montrent-ils justement l’exemple à suivre pour se hisser dans les plus hautes strates de notre société ?

Si mon honorable lecteur pouvait m’éclairer à ce sujet, je m’empresserai de le plumer à mon tour pour lui prouver ma gratitude.

Sérieusement ?

A présent, trêve de mauvais esprit. Je désapprouve l’abus de faiblesse aussi bien que le vol. Mais je ne me hasarderai pas à condamner trop vite les époux Woerth. D’une part, parce que je ne suis leurs vicissitudes que de trop loin, et que cela ne m’intéresse pas véritablement.

D’autre part, parce que je trouve injuste le scandale dont ils font l’objet, quelles qu’aient été leurs fautes.

Un parmi tant d’autres

En effet, pour ce scandale qui a éclaté – et plutôt deux fois qu’une – au grand jour, combien d’affaires du même type ont été soigneusement étouffées ? Combien  de personnalités apparemment au dessus de tout soupçon ont fait de même sinon pire que les époux Woerth ? De plus, depuis plusieurs jours, c’est une curée malsaine qui a lieu, où chaque jour on les accable d’avantage en ressortant d’on ne sait où des dossiers compromettants, comme si la meute de leurs ennemis, après les avoir acculés, tentait maintenant de les prendre à la gorge.

S’ils sont suspects, qu’on les fasse comparaître devant les juridictions compétentes. S’ils sont coupables, qu’on les condamne. Mais en attendant, qu’on cesse de les traîner dans l’opinion publique comme des comdamnés sur la charette d’infamie. D’autant que ça pue la manoeuvre politique à plein nez, la tentative de fragilisation d’un ministre, et par lui de son gouvernement (n’oublions pas que le farfadet fut un court moment mélé aux réjouissances).

Il se passe en ce moment des choses infiniment plus intéressantes à raconter dans les média, comme à chaque fois qu’un événement encombre un peu trop (et un peu trop opportunément) le paysage médiatique. Mais voilà, un bon gros scandale, c’est bien plus vendeur, et puis ça amuse, à la plage. Et ça évite aussi d’avoir à parler de choses un peu plus dérangeantes.

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