La prépa n’est pas une boucherie

Les classes préparatoires ont été décrites de façon quelque peu alarmiste, jusqu’ici, sur ce site. Il est temps de redresser leurs torts.

Pour commencer découpons rapidement les taupins en plusieurs catégories : ceux qui réussissent partout disons de manière presque insolente en travaillant moins que leur réussite ne le laisse entendre, ceux qui réussissent grâce à un travail assidu et enfin ceux qui, malheureusement et malgré leurs efforts, ne tiennent pas le rythme.

Positionnons le contexte

Soyons honnêtes, les articles sur ce sujet ayant été précédemment publiés ont été écrits par quelqu’un appartenant plutôt à la troisième catégorie, et celui ci, par quelqu’un de la deuxième. Je vais prendre le temps de vous donner une idée de ma position par rapport à tout ça car j’estime que chaque article est toujours emprunt d’un soupçon de subjectivité.

Si je devais décrire mes résultats, je dirais qu’ils sont bons. Pas assez uniformes à mon goût mais, restons objectifs, je ne suis pas à plaindre. Niveau travail, mes résultats sont légèrement supérieurs à mes efforts mais j’estime fournir un travail régulier et sérieux (contrairement au reste de ma scolarité, mais là n’est pas le sujet.)

Au début de la prépa

Revenons un peu en arrière… On m’avait décrit les CPGE comme un filière difficile, comparée à la terminale, mais qu’il suffisait de s’accrocher et de tenir 2 ans pour être grassement récompensé. C’est donc dans cet état d’esprit que j’ai entamé mon année. J’avoue que la transition a été dure : Les premières heures de cours où l’on se rend compte que, si l’on excepte une poignée de mention AB, tout le monde a vraiment cartonné au bac. On se rend compte que, oui, toutes ces formules sont à savoir pour demain, mais aussi à retenir plus loin que le contrôle de la semaine prochaine …

Ainsi mon premier trimestre s’est passé de manière assez chaotique, au niveau des résultats, me hissant difficilement à un maigre milieu de classe, ce qui me laissa un gout amer au vu de mes espoirs et mes attentes.

Et  ensuite …

Puis j’ai eu une sorte de déclic vers la fin du premier trimestre, intégrant le rythme et les techniques de travail, rendant ainsi les temps de révisions plus productifs. Il faut ajouter que l’essoufflement de certains, entre autres choses, a joué en ma faveur. C’est pourquoi le deuxième trimestre s’est placé sous le signe d’une remonté fulgurante, me propulsant à une place tout à fait convenable par rapport à mes attentes.

L’espoir. Voilà, à mon avis, ce qui rend la prépa si difficile moralement. Comme le disais le plus grand philosophe à mes yeux – ie ma mère – « le plus dur n’est pas d’atteindre la première place mais plutôt d’y rester ». Et bien évidemment, elle a raison. Car lorsqu’on a la joie de recevoir notre copie, affublée d’un classement à un chiffre qui provoque une montée d’adrénaline et une concentration accrue des mots clés « centrale » et « mines » dans nos recherches Google, le moral est au beau fixe. Il est d’autant plus difficile d’encaisser la note, elle aussi à un chiffre, du contrôle suivant, qu’il soit dans la même matière ou non.

Un système implacable

Car le problème est bien évidemment que les écoles ne regardent pas les résultats du Xième contrôle de sa première année, non, il s’agit de tout donner le jour J. Et si l’on transpose tantôt une note tantôt une moyenne pour se donner une idée de résultat le jour du concours, il est inévitable de voir tous ses rêves se briser face à un chiffre tout de rouge vêtu et trônant fièrement dans l’en-tête de sa copie.

Les mots qui décrivent selon moi la prépa sont « éphémère » et « paranoïa ». Le côté éphémère étant bien évidemment illustré par la fragilité de son classement et le fait qu’un faux pas peut compromettre un trimestre entier, voire plus, selon l’impact moral.

Ensuite vient la paranoïa. Elle vient surtout de la sur-interprétation des remarques et des notes. Si l’on se dit, par exemple, que l’on devrait se placer dans le premier tiers des taupins français et que l’on perd disons 5-10 places à un contrôle, il y a deux effets. Tout d’abord on se demande ce  qu’il en est au niveau national quand on perd 5 places dans la classe. Dans un deuxième temps, on se dit surtout que 5 personnes sont passées devant et que, lorsque l’école de nos rêves ne recrute que 40-100 personnes, on vient de « théoriquement » louper son jour J.

Conclusion

Enfin si j’avais un conseil pour les pauvres terminales qui voudraient se diriger vers cette filière, c’est qu’il faut tout d’abord se montrer endurant par rapport à la longue année qui va suivre, mais aussi que le courage sera un allié précieux pour garder le moral face aux différentes épreuves et aux remarques parfois difficiles à encaisser des professeurs. Et puis il ne faut pas trop s’inquiéter, le moral remonte vite, et on relativise  la déconvenue d’un DS en recevant une note plus joyeuse en khôlle! Mais surtout, la lumière est au bout du tunnel, et on en rira, je l’espère de tout cœur, dans quelques années …

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